Culture | 07.10.2014

Laboratoire du rire au Lido

Pour la 2ème édition du «Lab by Montreux Comedy», rendez-vous était pris le 1er octobre au Lido à  Lausanne à  20 heures tapantes: le célèbre festival du rire invitait à  «venir découvrir l'humour de demain», présenté par Shirley Souagnon. Une offre alléchante... Reportage.
Deuxième soirée du "Lab by Montreux Comedy", le 1er octobre au Lido à  Lausanne. De gauche à  droite : Pierre Croce, Vishal, Kevin Selas Malta, Edem Labah, Sarkis et Shirley Souagnon.
Photo: Sébastien Corthésy

Concurrence féroce, envie de se renouveler? Après trois ans de «scènes ouvertes» consacrées aux découvertes humoristiques, et face à  l’émergence d’une multitude d’autres scènes et tremplins, l’équipe du Montreux Comedy a voulu repenser le concept de «Lab», dont la seconde édition a eu lieu le 1er octobre sous les spots du Lido à  Lausanne. L’occasion de découvrir, chaque premier mercredi du mois, plusieurs humoristes habitués de la scène ou débutants.

 

 

Shirley Souagnon mène la danse

Le concept? Un(e) humoriste reconnu(e) est chargé(e) de présenter la soirée et mettre les jeunes talents en avant. Pour ce deuxième volet, c’était au tour de Shirley Souagnon d’animer la soirée. Popularisée par ses passages dans l’émission «On ne demande qu’à  en rire» sur France 2, l’humoriste a parlé en toute légèreté de la Suisse, de Paris, de drague, d’homosexualité et bien d’autres. À l’aise et très expressive, Shirley a su mettre l’ambiance au Lido.

Vishal, le premier jeune talent, a quant à  lui pris possession de la scène avec un sketch assez court, faisant référence à  ses origines indiennes et aux clichés qui en découlent. Déchaîné lors d’une histoire mimée, il a bien terminé son passage. Le jeune Kevin Selas Malta lui a succédé, narrant les déboires des jeunes de nos jours ou de la vie à  la campagne. Et même si l’on a pu sentir chez ces nouveaux un certain stress, ils ont déclenché de francs rires malgré quelques balbutiements.

 

 

L’humour 3.0, version Powerpoint?

Après l’installation d’un écran, Pierre Croce a ensuite pu déployer ses meilleures diapositives devant un public surpris et hilare. Le français effectue en effet ses sketchs à  l’aide d’une présentation Powerpoint contenant des graphiques et des programmes qu’il commente d’une voix monocorde. Sur papier, le principe ne fait pas rêver, mais en live le contraste s’avère très drôle. L’humour étant de nos jours principalement dominé par le stand-up classique  de l’humoriste qui raconte des tranches de vie, ce sketch s’est démarqué des autres passages de la soirée.

 

 

Fin de soirée en demi-teinte

Après un passage plutôt réussi d’Edem Labah, c’était au tour de l’invité surprise de la soirée, le présentateur télé Sarkis Ohanessian. Avec un extrait de son récent one man show, l’humoriste a voulu s’amuser des différences entre hommes et femmes au sujet de la parentalité; ce qui a engendré une flopée de clichés malheureusement assez basiques. La soirée s’est toutefois terminée dans la bonne humeur, avec une dernière improvisation barrée de Shirley Souagnon réunissant tous les artistes.

 

 

Un nouveau format d’humour?

Entre nouveaux sketchs, improvisations et expériences de jeunes talents, le Lab porte au final bien son nom. Sébastien Corthésy, chargé de programmer la soirée et de dénicher les perles de demain, explique que le but du Lab restera de casser la régularité d’une soirée d’humour classique. «Les artistes restent dans la salle avec le public, ce qui amène souvent des interactions entre humoristes. On veut créer une ambiance de partage, agréable pour les intervenants qui peuvent tester des nouveaux sketchs, mais aussi pour les nouveaux qui gagnent en expérience».

 

 

Avec une programmation fixée à  l’avance, qui assure quand même un certain niveau de spectacle, la soirée du Lab navigue encore dans des terrains inconnus, oscillant entre nouveautés fragiles et artistes confirmés. Mais cette incertitude, Sébastien Corthésy en plaisante: «cela a ses avantages comme ses inconvénients. Que la soirée se passe bien ou mal, je n’y suis pas pour grand-chose!». En somme, un événement à  découvrir, car tout peut y arriver.