Culture | 16.10.2014

Incursion dans le monde du cosplay

A Morges, dans le petit quartier de Beausobre, le Swiss Fantasy Show a accueilli le week-end dernier un concours de cosplay bouillonnant de créativité et de mise en scène. Tink.ch est parti à  la découverte de cet univers si méconnu du public non-initié.
«Les cosplayers forment une équipe soudée, une communauté avec des valeurs d'échange, de respect et d'ouverture», confie Ophélie, membre de l'association Omusubi qui a organisé le concours.
Photo: Delorean / Swiss Fantasy Show

Une frontière imaginaire traversée, quelques pas dans un «no man’s land», et nous voici dans un monde parallèle. Le public est peu conventionnel, composé en majorité de personnages revendiquant une paternité avec les comics, la science-fiction, l’imaginaire et le fantastique. Impossible? Eh bien non, puisque la ville accueillait, à  l’occasion du deuxième Swiss Fantasy Show, un concours de «cosplay».

 

 

16h30, le concours débute avec des tribunes pleines à  craquer et un public enthousiaste. Les présentations se suivent, ponctuées de quelques désagréments musicaux compensés par l’humour des présentateurs. Les cosplayers foisonnent. Les quoi? Le mot désigne, littéralement, une contraction teintée d’anglicisme entre «costume» et «play» (jouer). Intrinsèquement, le cosplay, originaire des Etats-Unis et ensuite repris au Japon, est au croisement de la création et du jeu de rôle.

 

 

Dans les coulisses, le stress se ressent parmi les participants, mais les angoisses sont balayées lors du passage sur scène. «Les cosplayers forment une équipe soudée, une communauté avec des valeurs: d’échange, de respect et d’ouverture, confie Ophélie, membre de l’association Omusubi qui organise le concours. Ils s’entraident, se conseillent et s’échangent des astuces. C’est une passion qui relie tous les âges et permet de se créer un groupe d’amis.» En effet, les générations se confondent parmi les cosplayers. Les prestations scéniques varient, de l’humour au théâtre en passant par l’imitation. Et le concours se termine dans la joie avec le final et la remise des prix.

 

 

L’association Omusubi est née en réaction à  l’absence d’évènements dédiés au cosplay en Suisse. «Nous avions peu d’inscriptions via internet, la majorité des gens ont découvert le concours en arrivant et se sont inscrits sur place», informe Ophélie. Mais comment juger des réalisations aussi hétéroclites? «Nous accordons de l’importance à  la fabrication à  la main, mais un costume customisé avec un show créatif peut aussi gagner», complète la jeune femme.

 

 

Les costumes faits main ou retravaillés par leur propriétaire rendent hommage à  des personnages imaginaires. Certaines tenues nécessitent de l’investissement, cachent même un travail d’orfèvre prouvant que le cosplay est une passion prenante et quelque peu onéreuse. Les conventions sont donc une vitrine pour leurs créateurs, l’occasion de montrer leur travail et de rencontrer d’autres cosplayers.

 

 

Au final, quelle philosophie se cache derrière le cosplay? Selon Momo, dit Ronflexx, «après une semaine de métro, boulot, dodo, le cosplay est un exutoire. Se déguiser sans subir de jugement, impressionner par sa différence, revendiquer son côté geek et l’assumer