Culture | 07.09.2014

Dix ans et toutes ses dents

Texte de Lucien Pannatier | Photos de Tohu Bohu
Dix ans déjà  que tous les premiers week-ends de septembre Veyras tremble sous les enceintes du petit festival valaisan, le Tohu Bohu. Sans une ligne directrice particulière concernant le choix des artistes, le Tohu a-t-il convaincu cette année ?
Le groupe Jethro Tull mené par Ian Anderson.
Photo: Tohu Bohu

Vendredi 5 septembre, aux alentours de 20h00, le site de Veyras est encore loin d’être bondé. Symptôme classique des festivals à  « sortie définitive » poussant les jeunes à  rester dehors jusqu’au début du concert qu’ils attendent, assoiffés qu’ils sont de bières de basse qualité à  faible prix.

 

A 21h00, les anglais de Jethro Tull débutent leur concert. Le groupe de rock-folk-blues-celtes-alternatif, oui cela existe, n’ont plus grand chose à  prouver. Ils écument les scènes depuis des décennies et malgré l’âge avancé des musiciens ainsi que de son leader Ian Anderson, ils ont toujours une forme exemplaire. La Guinness serait-elle thérapeutique ? A 67 ans, Ian est impressionnant sur scène: flûte traversière en main, il effectue toujours sa pose mythique du « flamant rose » lorsqu’il en joue. La voix nasillarde, mais juste, Anderson montre toujours autant de plaisir. Le groupe a tout donné en live et le public le lui a bien rendu, malgré l’absence, à  cette heure-ci, d’une frange de spectateurs plus jeune.

 

Alors que de nombreux festivals mettent en avant leur stands de nourriture, le Tohu Bohu demeure un un peu en retard de ce point de vue. S’il y a certes de quoi manger, le choix manque un peu, comparé à  ce qui se fait ailleurs. Pour les boissons ? Pas de problème, les bars sont disposés partout sur le site.

 

22h45, le groupe tant attendu de la soirée débute son live. Il s’agit de Fauve. Le site atteint désormais sa capacité maximale de la soirée. Mené par Quentin Postel, le collectif est rapidement devenu un phénomène chez les jeunes. Qualifiant leur style de « Spoken Words », il s’agit, plus simplement dit, d’un mélange entre rap et slam sur fond de rock discret. Malgré une atmosphère instrumentale planante souvent sympathique et une esthétique franchement réussie, les complaintes pseudo poétiques du collectif bourgeois parisien peinent à  convaincre tant elles sont surfaites et forcées.

 

00h45 arrive enfin et le trio hollandais de rock psychédélique Birth of Joy entre sur scène. Après l’intermède plus tranquille de DJ Cuche, le groupe mené par Kevin Stunnenberg déverse un rock « Doors-ien » des plus énergique sur le site de Veyras. Comment mieux finir cette première soirée au Tohu-Bohu ?