26.09.2014

A-t-on réellement le choix?

Le stérilet est une option très intéressante en matière de contraception. Ses avantages sont nombreux. Mais quand il s'agit de le proposer à  une jeune femme sans enfant, les idées reçues ont la vie dure.
Peut-on considérer comme une réelle option, une méthode de contraception qui, dans les faits, n'est pas toujours accessible?
Photo: avec l'aimable autorisation de Pénélope Bagieu (penelope-jolicoeur.com)

En 2014, la liste des praticiens qui freinent des quatre fers face au dispositif intra-utérin (DIU), communément appelé «stérilet», est encore longue. Face au regain d’intérêt des patientes, et plus particulièrement des jeunes femmes, pour ce contraceptif longue durée, les professionnels de santé seraient pourtant bien avisés de se mettre à  la page. Pour mémoire, le DIU a été inventé en 1928, soit près de 30 ans avant la pilule; ce n’est donc pas une méthode née de la dernière pluie.

 

Entendu chez un gynécologue: «le stérilet est dangereux pour les femmes sans enfant, c’est l’OMS qui le dit». A peu de choses près, la rengaine est si courante dans les cabinets que l’on s’attend presque à  être systématiquement rabrouée lorsqu’on aborde le sujet. Force est pourtant de constater que non, l’OMS ne déconseille pas l’usage du stérilet aux nullipares (femmes n’ayant pas encore accouché). En France, cela fait maintenant dix ans que la Haute Autorité de Santé a statué que le stérilet n’était pas réservé aux femmes ayant eu des enfants. Aux Etats-Unis, l’association professionnelle des obstétriciens et gynécologues, qui revendique 58’000 membres à  travers le pays, se prononce régulièrement en faveur du DIU pour les adolescentes.

 

Désinformation, ou simple ignorance ? Certes, l’ouverture du stérilet aux nullipares est une évolution relativement récente, et on peut comprendre que l’intégrer dans sa pratique prend du temps. Mais une femme vit – ou subit – sa contraception au quotidien. Que le stérilet soit pour elle ou pas, on peut raisonnablement anticiper qu’elle appréciera de se voir proposer une méthode dont l’efficacité pratique est de 99,8% (pour le DIU hormonal) ou de 99,2% (pour celui au cuivre), contre seulement 91% pour la pilule du fait des oublis; qu’elle peut garder entre 3 et 5 ans voire plus selon les modèles, sans avoir à  y penser chaque jour; qui est de plus économique – entre 300 et 500 francs pose et contrôle compris, soit de 5 à  14 francs par mois selon le type de stérilet et la durée d’utilisation.

 

Il est clair que le DIU n’est pas adapté au style de vie de chacune; des contre-indications existent, notamment pour les femmes qui auraient plusieurs partenaires, et seraient ainsi plus sujettes aux infections. Comme pour toutes les méthodes de contraception, le choix doit être fait en regard des particularités et de l’histoire personnelle de chaque femme. Sa fiabilité, son efficacité, son prix, la tranquillité d’esprit qu’il procure: pour beaucoup de raisons, le stérilet devrait figurer, sinon en pôle position, au moins dans le haut de liste des moyens de contraception envisagés. Est-il acceptable qu’une jeune fille, à  la recherche d’une protection sûre contre une grossesse non désirée, ne se voie proposer que la pilule ? Peut-on considérer comme une réelle option, une méthode de contraception qui, dans les faits, n’est pas toujours accessible ? En 2014, une jeune femme ne devrait pas avoir à  courir les cabinets pour trouver un praticien prêt à  envisager un moyen de contraception qu’elle considère comme important pour son bien-être.

 

 


 

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