27.08.2014

S’engager concrètement contre le suicide

Texte de Juliette Ivanez | Photos de Juliette Ivanez
Seda Türk, 20 ans, a rejoint il y a quelques mois l'association genevoise Stop Suicide en tant qu'ambassadrice auprès des jeunes. Souriante, la jeune femme use de son dynamisme communicatif pour faire connaître la structure auprès de son public cible, les 15-29 ans. Interview.
Seda: "Plus j'en sais sur le sujet du suicide, et plus je réalise qu'il faut faire quelque chose."L'association Stop Suicide a réalisé une bande dessinée qu'elle utilise pour la prévention dans les écoles.
Photo: Juliette Ivanez

Ambassadrice auprès des jeunes chez Stop Suicide, ça consiste en quoi ?

Il s’agit de faire parvenir le message de Stop Suicide jeunes. Concrètement, je cherche à  établir des contacts avec les jeunes dans des écoles ou des associations qui pourraient mettre en place des projets de prévention avec nous. Etudiante en arts appliqués, je mets à  contribution mon réseau, mes amis et connaissances. Je rencontre aussi des jeunes partis politiques: notre collaboration avec eux n’est pas encore très poussée, mais ils se sont montrés enthousiastes pour relayer notre campagne. Et en ce moment, on travaille aussi avec le Parlement des jeunes genevois. Ils seront présents, tout comme nous, au festival Plaine des jeunes en septembre à  Genève.

Par contre, mon rôle n’est pas d’entrer en contact avec les jeunes en mal-être ; Stop Suicide n’est pas une ligne d’aide. On fait vraiment de la prévention, avec des stands d’information par exemple. Nous ne sommes pas formés pour repérer les personnes à  risque en matière de suicide, mais nous sommes un relais, nous pouvons orienter les gens vers les structures d’écoute.

Ton rôle va-t-il plus loin que la prise de contact ?

Le but est vraiment de créer des projets avec les personnes rencontrées, sur des thématiques liées au suicide de manière large. Pour la campagne en cours, on a par exemple prévu, le 5 septembre, le vernissage d’une exposition autour du slogan de cette année [le même que l’année dernière, ndlr], «Je tiens à  toi». J’ai trouvé des camarades d’école intéressés à  créer une Š«uvre d’art sur le sujet. Et comme j’ai une formation de graphiste, j’ai réalisé des cartons d’invitation et des flyers. En ce moment, je suis un peu multifonctions dans l’association !

Comment en es-tu venue à  assumer cette responsabilité ?

C’était un pur hasard. En soirée, au comptoir pour commander une bière, j’ai commencé à  parler avec la fille à  côté de moi: élève du collège, elle était alors l’actuelle ambassadrice auprès des jeunes chez Stop Suicide. Elle savait qu’elle devait quitter l’association bientôt et cherchait donc quelqu’un pour la remplacer; j’ai saisi l’occasion ! J’ai rapidement rencontré les responsables, avec qui j’ai eu un bon contact. J’ai signé mon contrat, et c’était parti !

Les organisations que tu approches connaissent-elles déjà  l’association ?

La plupart du temps, non. Souvent, quand j’explique que je travaille pour Stop Suicide, on me dit « ah tu réponds au téléphone? ». Ce qui n’est pas du tout le cas. Il faut donc présenter l’association, et trouver un moyen de motiver les personnes à  développer un projet avec nous.

Les jeunes eux-mêmes ne sont pas toujours très réceptifs quand on évoque le suicide. Quand j’ai commencé ce job, certains de mes amis se sont demandés ce que je faisais ! Je dois expliquer que même si la thématique n’est pas facile, mon travail n’est pas déprimant, et que notre rôle est justement d’aider les gens à  s’en sortir.

Alors, comment parler du suicide ?

Notre nouvelle technique d’approche, c’est la bande dessinée. On en a créé une, «Les Autres», qui est sortie l’année dernière. Elle promeut la santé mentale et on la distribue dans tous les collèges. Beaucoup de gens pensent que parler du suicide incite les jeunes à  passer à  l’acte, et les écoles sont en général assez fermées concernant la prévention du suicide. C’est donc compliqué d’organiser des interventions dans les classes, des journées à  thème… La BD est un support plutôt efficace pour les approcher.

Les thèmes que l’on aborde ne sont pas faciles, et en plus j’ai débarqué en étant la plus jeune de l’équipe. Je ne m’y connaissais pas du tout; mais j’ai appris en assistant aux réunions internes. Je me suis renseignée, adaptée, et maintenant je ne me débrouille pas mal ! Plus j’en sais sur le sujet, et plus je réalise qu’il faut faire quelque chose. Il faut pouvoir dire aux jeunes qu’on est là  pour eux, et qu’ils ne sont pas seuls.

 


 

Chercher de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse!

Stop Suicide n’est pas une structure d’aide ni de soin, et ne tient pas de permanence téléphonique. Voici des numéros et adresses utiles afin d’obtenir de l’aide pour vous-même ou pour quelqu’un de votre entourage.

143 – La Main Tendue

147 – Ligne d’aide pour jeunes

022 372 42 42 – HelpAdoLine du Centre d’Etude et de Prévention du Suicide HUG – Children Action

www.ciao.ch – Site d’information pour les jeunes

Partenaire


Tink.ch et l’association de prévention Stop Suicide s’associent pour parler d’un sujet souvent passé sous silence, ou mal abordé, le suicide chez les jeunes. A l’occasion de sa campagne annuelle de prévention, dont Tink.ch est partenaire, Stop Suicide organise en septembre différents événements pour sensibiliser la population à  cette thématique.