Culture | 03.08.2014

L’Estivale secoue les traditions

La 24ème édition de l'Estivale Open Air s'est tenue à  Estavayer-le-Lac du 31 juillet au 3 août. L'occasion rêvée de passer un 1er août en marge des traditions.
Les Neuchâtelois de The Rambling Wheels.
Photo: Vincent Allemandet

Comme chaque année et pour beaucoup, ce 1er août laissait peu de place à  l’innovation. En ce jour de fête nationale, le package standard incluant brunch à  la ferme, famille, défilé, allocution officielle et feux d’artifices est monnaie courante pour ne pas dire incontournable. C’était sans compter quelques irréductibles mélomanes un brin séditieux qui ont préféré à  la plaine du Grütli la presqu’île du Parc Nova Friburgo d’Estavayer et son festival de musique.

 

 

Entrée libre pour peu que l’on aime le rock

Fait assez rare dans le petit monde des festivals estivaux, cette soirée du vendredi était ouverte à  tous et gratuite. Certes la programmation était réduite, mais l’intention était bien là . Deux groupes se sont partagés la grande scène pour cette soirée. La première partie était assurée par les Neuchâtelois de The Rambling Wheels qui, en lançant à  la foule dès leur arrivée un tonitruant «Estavayer, tu veux du rock’n roll?» ont clairement annoncé l’avalanche de riffs à  venir. Pas une seule minute de répit n’a été laissée aux spectateurs, les morceaux s’enchainant à  un rythme effréné et les cordes des guitares cassant tant le set était intense. Les quatre dandys ont enflammé la scène et presque fait oublier la solennité de cette journée. Un «joyeux anniversaire» entonné par la foule à  l’atention de Fuzzy, le batteur du groupe, au beau milieu d’un morceau, a fini de rendre cette performance unique.

 

Le second concert a été donné par Dirty Sound Magnet, une formation fribourgeoise. Sans concession, leur rock garage, old-school et suintant a déchainé les amateurs du genre qui se pressaient contre la scène. Headbanging et vestes de cuir ont supplanté les danses et costumes traditionnels, avec la délicatesse d’une attaque au napalm. Une programmation 100% rock, pour un 1er aout déjanté.

 

 

Des traditions pas totalement oubliées

Afin de ne pas non plus abroger toutes les sacro-saintes traditions, et de permettre aux festivaliers de reprendre un peu leurs esprits après un live dément, l’allocution officielle et les feux d’artifices ont eu lieu. Campée sur les berges, téléphones en mains pour enregistrer le spectacle, la foule rythmait les explosions colorées dans le ciel à  grands coups de «Oooooh» et «Aaaaah». Certains ne manquant pas de manifester leur mécontentement, «les feux sont mieux en face» (à  Neuchâtel donc). Mais dans l’ensemble et comme à  leur habitude, les feux d’artifices ont su émerveiller l’enfant qui sommeille en chacun. Cette pause patriotique faite, il était temps pour les foules de se restaurer. Toujours dans une optique de 1er août novateur, les plats traditionnels à  haute teneur en fromage avaient été remplacés par des spécialités du monde entier.

 

 

Cette deuxième soirée de l’Estivale Open Air, un peu en marge des autres, a permis de concilier pour les festivaliers fête nationale et concert rock. Une association détonante qui a su trouver son public.