Culture | 12.08.2014

« Space opera » sympa mais brouillon

Texte de René Progin | Photos de Marvel Studios
Après "The Avengers" et les films centrés sur un superhéros précis (Hulk, Iron Man, Thor et Captain America), Marvel introduit dans son univers cinématographique un tout nouveau chapitre: "Les Gardiens de la Galaxie". Pas de super héros en cape ou armure robotique, juste une bande de malfrats, brigands et meurtriers qui se retrouvent à  devoir sauver le monde. Ça explose de partout, c'est riche en couleurs, c'est drôle et frais... mais on s'y perd un peu. Au cinéma le 13 août.
Rocket le raton-laveur, "Groot-Diesel", l'arbre qui parle, et des musiques des années 1980: "Guardians of the Galaxy" est clairement fait pour être fun.
Photo: Marvel Studios

Peter Quill est un Terrien, enlevé par des mercenaires alors qu’il était enfant. Adulte – quoique cela reste à  prouver – il parcourt la galaxie en quête de trésors à  revendre au plus offrant. Il tombe un jour sur un artefact dont il ne soupçonne pas la puissance et la valeur. Son périple l’amènera à  s’opposer à  Ronan l’Accusateur (Lee Pace) et à  Nebula (Karen Gillan, vue dans la série Doctor Who), tous deux aux ordres du puissant Thanos (voir encadré). Mais Peter Quill s’alliera avec d’autres malfrats, qui peut-être deviendront des amis. Ensemble, ils réaliseront que leurs buts personnels, richesse, vengeance et liberté, sont moins importants que le bien de la galaxie.

 

 

Horizons galactiques

Guardians of the Galaxy, en v.o., est riche en couleurs et drôle, ce qui fait du bien dans le style du «space-opera», la science-fiction interplanétaire. Peu de films depuis Star Wars ont affiché une telle richesse et profondeur. Le film est également imprégné d’un humour constant, parfois un peu lourd mais toujours efficace. C’est un excellent divertissement, si l’on n’attend rien de plus d’une sortie ciné. Le film réalisé par James Gunn est en effet avant tout un gros délire. Les musiques des années 80 qui tournent sur le vieux cassettophone de Peter Quill, donnent au film un ton léger et franchement fun. De « Hooked on a Feeling » des Blue Swede à  « Cherry Bomb » des Runaways, « Ain’t no Mountain High Enough » de Marvin Gaye/Tammi Terrel ou encore « Spirit in the Sky » de Norman Greenbaum: on s’éclate!

 

Les décors sont évidemment variés et riches. Chaque lieu visité a son ambiance, sa lumière, sa mise en scène propre. On se permet une mention spéciale pour l’environnement et les bâtiments de la planète Xandar, qui prend une place centrale dans le film. Ces sublimes décors sont fortement inspirés des travaux de Santiago Calatrava, architecte espagnol dont l’architecture lumineuse, épurée et futuriste peut être admirée dans le monde entier, y compris en Suisse (par exemple la gare de Zurich Stadelhofen).

 

 

Une faune bariolée

Les personnages principaux sont intéressants et bien construits. Groot est un humanoïde ressemblant fortement à  un arbre (ou l’inverse); ses seuls mots sont «je s’appelle Groot», auxquels Vin Diesel (également en version française!) a su donner une intonation variée pour exprimer ses émotions. Gamora est une assassine à  la peau verte, qui ne parvient pas vraiment à  dissimuler ses faiblesses – tant dans le personnage que dans le jeu de l’actrice, Zoe Saldana (Star Trek, Avatar). C’était prévisible, le meilleur personnage est évidemment le raton-laveur qui parle, Rocket. Cette pauvre bête est le résultat d’expérimentations illégales, et a selon ses propres dires été «plusieurs fois démembré et rafistolé». Mécanicien hors pair et expert en armes diverses, il bricole des armes pouvant détruire une lune pour se passer le temps.

 

 

Peu abordable pour les non-initiés

Malgré ses qualités, le film est difficile à  aborder pour tous ceux qui ne sont pas des incollables sur l’univers comics de Marvel. L’histoire est décousue et un peu complexe; Thanos sort presque un peu de nulle part, comme un cheveu sur la soupe; son rôle est même superflu ici, tout comme pour plusieurs autres personnages. Comme de nombreux films ayant pour but d’introduire un nouvel univers centré autour d’une équipe, GotG est vite déconcertant de par le nombre de protagonistes.

 

Et les grosses scènes d’action sont souvent déroutantes: ça va trop vite, ça tourne dans tous les sens et ça explose de partout… et cela dans des environnements où on ne retrouve que peu d’éléments connus auxquels notre cerveau peut se raccrocher pour comprendre ce qui se passe.

 

 

Le succès du film est toutefois indéniable outre-Atlantique. La suite ne devrait pas tarder, et nombreux sont les commentateurs qui s’attendent à  ce que Peter Quill et ses compagnons se retrouvent un jour cote-à -côte avec les Avengers.

 

 

 


Un univers qui se construit et s’étend

Guardians of the Galaxy introduit Thanos, l’un des méchants les plus emblématiques et les plus puissants de l’univers Marvel. Celui-ci avait déjà  eu droit à  une brève scène post-générique à  la fin du film Avengers. Ici, interprété par Josh Brolin, il est présenté plus longuement. Il y a fort à  parier que le gros méchant s’opposera un jour aux Avengers, ce qui pourrait être l’occasion de lier les films «terrestres» de la franchise à  ce nouvel univers galactique. Brolin a d’ailleurs récemment annoncé qu’il incarnera Thanos dans plusieurs des prochains opus.

 

Marvel Studios prépare également des films qui aborderont les univers mystiques et magiques des comics. Le premier à  venir devrait être Doctor Strange, un sorcier et maître des arts mystiques. Le studio a clairement exprimé le désir d’investir de nouveaux pans de sa mythologie, à  l’image des comics qui recoupent une grande variété de genres.