Culture | 27.08.2014

Immersion dans le hip-hop au Royal Arena

Texte de Sarah Gay-Balmaz | Photos de © Simon Marti
Les 22 et 23 août, le festival Royal Arena s'est déroulé à  Bienne. La programmation 100% hip-hop a attiré un public de tous horizons, avec de grands noms tels que les membres du Wu-Tang Clan. Reportage vendredi 22 août.
Rappant sur des instrumentales aux sonorités eighties, le new-yorkais Action Bronson a conquis le public et mis l'ambiance au Royal Arena.
Photo: © Simon Marti

Fin août: la fin des vacances se fait sentir et les villes se remplissent à  nouveau, mais pas seulement… La petite commune d’Orpund dans la campagne biennoise s’anime également. Le festival Royal Arena, entièrement consacré au hip-hop, s’y installe en effet tous les étés depuis 2007. Moins connu que d’autres grands noms, le festival biennois prend cela dit de plus en plus d’ampleur: le Royal Arena s’impose au fil des ans comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de hip-hop, grâce à  sa riche programmation, forte de rappeurs fraîchement débarqués autant que de têtes d’affiche.

 

Début de soirée en demi-teinte

Première impression ? Dur de crocher au flow de Dendemann, pourtant très bon rappeur, lorsque l’on est peu sensible à  la musicalité de la langue allemande. C’est ensuite au tour des producteurs, aussi allemands, Snowgoons de s’associer aux rappeurs d’Onyx pour offrir un show plus accessible. Après un court concert, le français Disiz s’empare de la scène, mais se heurte à  un public pas encore tout à  fait dans l’ambiance. Malgré une prestation bien exécutée et des chansons telles que « Kamikaze » calibrées pour fonctionner en live, la foule reste bien sage. Certainement sur ses réserves dans l’attente des grands noms à  suivre…

 

Les Américains embrayent

Sur le coup des 22h30, la foule devient plus compacte et crie le nom d’Action Bronson. Débarqué sur la scène hip-hop voilà  quatre ans, l’ancien chef cuisinier a su séduire par son flow et sa personnalité un peu barrée. Rappant sur des instrumentales aux sonorités eighties, déchirant son t-shirt après quelques minutes et allant même jusqu’à  pousser la chansonnette (et plutôt bien); le rouquin a conquis et subjugué le public… avant de s’éclipser, pour réapparaître au bout d’un quart d’heure. Quand on sait que les shows de la soirée duraient en moyenne quarante-cinq minutes, il y a de quoi être déçu ou surpris. Comme quoi on ne sait jamais à  quoi s’attendre avec le New-yorkais. Pusha T a ensuite pris le relais et livré un concert plus carré que son prédécesseur. Malgré des productions entraînantes, un flow maîtrisé et un certain jeu avec le public, ce dernier semblait moins survolté. Il a cependant défendu avec classe son album «  My Name Is My Name ».

 

En fin de soirée, les vedettes reconnues ont mis le feu à  la scène principale. Mobb Deep, puis Ghostface Killah, Raekwon et Method Man (aka Wu-massacre) ont achevé la tâche entreprise tout au long de la soirée et déchaîné le public. Les trois membres du Wu-Tang Clan ont clôturé avec brio cette première soirée du festival, même s’ils n’étaient pas au complet.

 

 

Quantité et qualité : compatibles ?

Les organisateurs du festival promeuvent aussi la culture hip-hop, non seulement par la musique, mais aussi en mettant sur pied des activités telles que battles de break-dance et ateliers de graffitis. Sur le week-end, c’est au final plus de vingt artistes qui se produisent rien que sur la scène principale… Royal Arena donne ainsi le ton et entraîne son public dans un rythme d’enfer. Une occasion de s’immerger dans le monde hip-hop et de profiter de concerts entraînants.

 

Mais si les prestations se sont succédées dans la bonne humeur vendredi, le florilège d’artistes déployé n’a pas toujours eu le temps d’installer réellement son univers et une atmosphère particulière. Royal Arena a certes une programmation incroyable pour un festival de petite envergure, mais multiplier les scènes ou allonger la durée des concerts pourrait être bénéfique pour la qualité des shows. Cela dit, le festival reste une opportunité de découvrir des artistes dans une ambiance décontractée. Avis à  tous les curieux, amateurs de hip-hop et autres…