Culture | 17.08.2014

Grand-messe cosmique au Locle

La neuvième édition du Rock Altitude Festival débutait jeudi 14 aout au Locle. Faisant fi des températures glaciales, les aficionados du rock ont piétiné comme il se devait le sol de la patinoire communale.
Les Suédois de Truckfighters, avec leur stoner rock et leur présence scénique, ont donné lieu à  un joyeux bordel sauvage et saturé.
Photo: Vincent Allemandet

Les festivals d’été sont un peu comme les micro-shorts dans une pool-party. Pas besoin de chercher longtemps pour en trouver, donc seuls ceux qui savent se démarquer sortent clairement du lot. Certains voient les choses en grand, d’autres misent sur un cadre idyllique, d’autres encore sur une programmation élitiste. Et il y a le Rock Altitude Festival. Le rebelle de la famille, l’indomptable qui, non content de s’installer dans une patinoire, le fait à  1000 mètres d’altitude dans une région où croiser un grizzly entre deux tables ne serait pas surprenant. C’est donc jeudi dernier, par huit malheureux degrés et sous la pluie, que le festival a amorcé sa route vers les enfers, qui à  défaut de bonnes intentions, était pavée de bon son. Du grunge à  l’électro, le fossé est infranchissable…Excepté pour des festivaliers dépravés sur les hauteurs locloises.

 

 

Ouvrir le bal sans fioritures

La programmation de ce premier jour sentait déjà  «un peu des dessous de bras» pour paraphraser Jean-Bryan, mascotte du festival. Et autant être honnête, au Rock Altitude on attaque sans anesthésie préalable. C’est une petite bande nommée Forks qui a gentiment inauguré la scène grâce à  la voix enivrante de sa chanteuse et son rock psychédélique. Un jeune homme se presse contre le bar pour «prendre une petite bière pour se réchauffer» pendant que certains voisins, venus plus par curiosité qu’esprit No Futur, avancent timidement un pied sous la tente. Chacun prend ses marques à  sa façon. La suite est servie par les Neuchâtelois de The Rambling Wheels qui ont comme à  l’accoutumée mis le feu sur scène. Du bon rock pied dedans qui a su rallier toute les causes.

 

 

Ne pas oublier l’essentiel

Jusque-là , tout était à  peu près normal. Mais pour revendiquer l’Appellation Rock Contrôlée, il en faut plus. Et c’est les Suédois de Truckfighters qui vont nous le donner. Leur stoner rock et leur présence scénique donnent lieu à  un joyeux bordel sauvage et saturé. Le tout appuyé par un empilement d’ampli indécent. Indécence retrouvée dans les envolées oniriques que portaient les cordes de Monkey3, le dernier groupe de la soirée. Le froid, la fatigue et la boue étaient bien loin des préoccupations des festivaliers qui se laissaient porter par la basse de Kevin. Leur instru rock a élevé cette première soirée du festival au rang de grand-messe cosmique.

 

 

The Glitch Mob, la parenthèse electro

Un ovni est pourtant venu se glisser dans cette soirée. Parce que le barbu métalleux est certes un poil chauvin quand il s’agit de promouvoir sa paroisse, faite de riff et de pogo, mais il n’est pas sectaire. Et cette ouverture s’est manifestée par un podium géant couronné de trois apprentis sorciers de l’électronique. The Glitch Mob, comme l’a si bien résumé David, festivalier chevelu et sautillant, «ce n’est pas du rock mais ça chie tout autant». Avis qui s’est vérifié aisément en observant la nuée sautillante qui s’agitait d’avant en arrière comme pour approuver. Une parenthèse électro vivifiante et appréciée par tous. Pour preuve, personne n’a reparlé du froid et de la pluie qui pourtant n’ont pas cessé.