Culture | 14.07.2014

Une soirée aux accents jazz

Texte de Anne Maron
Il a fait chaud, très chaud, dans l'Auditorium Stravinsky du Montreux Jazz Festival le vendredi 11 juillet. Une chaleur à  la fois procurée par la puissante voix de Laura Mvula et par l'énergie de feu de Jamie Cullum. Tous les deux fortement influencés par le jazz, les deux artistes ont pourtant offert à  un public ravi deux concerts radicalement différents.
C'est dans un silence de cathédrale que le public de l'Auditorium Stravinsky a savouré la voix saisissante de Laura Mvula. Sans réserve et dans un esprit plutôt bon enfant, le pianiste Jamie Cullum a pris son pied. Photos: Lionel Flusin / Montreux Jazz Festival

Son premier album Sing to the moon sorti en mars 2013, la voilà  déjà  sur la grande scène du Montreux Jazz Festival. Ce succès, Laura Mvula le doit à  un travail intense depuis ses études au Conservatoire de Birmingham en Angleterre, et à  une voix saisissante que le public de l’Auditorium Stravinsky savoure dans un silence de cathédrale. Elle partage cette nouvelle aventure scénique en famille, puisque parmi les musiciens qui l’accompagnent sur scène se trouvent son frère et sa sŠ«ur. C’est d’ailleurs une formation plutôt originale qu’elle a choisie pour interpréter du jazz et de la soul : harpe, violon, violoncelle, basse et batterie. Le mélange est autant surprenant qu’il est harmonieux. Après des applaudissements chaleureux, Laura Mvula revient sur scène pour un duo voix-violoncelle sur le titre de Michael Jackson «Human Nature», l’une de ses chansons préférées, reprise en chŠ«ur par le public.

 

Jamie Cullum, un ami qui vous veut du bien

Présenté comme un «ami de la maison» après avoir été invité plusieurs fois au Montreux Jazz Festival, Jamie Cullum se sent à  l’aise sur la scène de l’Auditorium Stravinsky. En véritable spécialiste de l’improvisation et en compagnie de ses musiciens multi-instrumentistes, il joue aisément avec sa voix, son micro et son piano qu’il explore sous toutes les coutures, du clavier jusqu’à  l’intérieur du mécanisme.

 

Avec son énergie légendaire, celui qui sait associer jazz et pop avec un parfait équilibre se fait un malin plaisir à  interagir avec le public, n’hésitant pas s’offrir un bain de foule ou à  se filmer lui-même en pleine représentation après avoir emprunté le téléphone d’un spectateur. Jamie Cullum prend son pied et partage sans réserve dans un esprit plutôt bon enfant. Il n’oublie pas Claude Nobs, fondateur du Montreux Jazz Festival décédé en janvier 2013, «qui a toujours cru en [lui]», et à  qui l’artiste anglais a rendu un bel hommage à  travers trois titres. Cette générosité qui le caractérise, Jamie Cullum l’a emportée avec lui jusqu’à  la Jam Session à  laquelle il s’est invité dans la salle du Montreux Jazz Lab après son concert.