Culture | 06.07.2014

Un final à  l’unisson

Texte de Anne Maron | Photos de © Anne Maron
Après avoir rassemblé les plus grandes foules au festival de Coachella aux Etats-Unis ou à  Sao Paolo au Brésil, Woodkid, le petit génie du son et de l'image, a choisi un endroit plus familial pour poser son orchestre le 5 juillet dernier : le Montjoux Festival. Sacré « meilleure performance live » aux Victoires de la Musique en février 2014, il a prouvé qu'il méritait bien ce titre lors du dernier concert de la 18ème édition du festival.
Photo: © Anne Maron

A l’image des trois coups qui annoncent le début d’une pièce de théâtre, une longue note, telle une corne de brume, résonne dans le noir et annonce un spectacle haut en sons et lumières. Dans le public, les fans des premiers rangs sont chargés à  bloc, tandis que de nombreux curieux se rapprochent de la grande scène. Car si le Kid jouit d’une très forte reconnaissance artistique aux Etats-Unis, en France, il reste encore à  découvrir pour bon nombre de festivaliers.

 

Un début électrisant

Dès la première chanson, Yoann Lemoine, de son vrai nom, impose son style, presque symphonique avec Stabat Matter, issu de son album The Golden Age (2013), dont il reprendra un grand nombre de titres durant le concert. Sur scène, ses sept musiciens participent à  cette impressionnante entrée en matière avec des instruments aux sonorités tout aussi imposantes : un tuba, un trombone, une trompette, deux grosses caisses. Tout semble parfaitement organisé et finalement, peu de place est faite à  l’improvisation. Les titres de l’album s’enchaînent, sans vraiment créer de surprise, si ce n’est celle d’une utilisation maîtrisée de la vidéo et des lumières qui renforcent l’univers cinématographique de sa musique. Il faut dire que celui qui se cache derrière le pseudonyme de Woodkid est avant tout graphiste et réalisateur : on lui doit notamment certains clips de Lana Del Rey ou Moby.

 

Une perte de vitesse momentanée…

Vers le milieu du concert, l’artiste entame des morceaux gothico-romantiques tels que Where I live ou l’une de ses nouvelles compositions, Brooklyn, dédiée à  son quartier d’adoption à  New York. L’énergie retombe immédiatement et le public, alors plutôt distrait n’a pas l’air très convaincu. L’électricité des quarante premières minutes semble avoir été foudroyée en plein vol et l’ennui se fait presque sentir. Si les ballades de Woodkid procurent une avalanche de frissons à  l’écoute de son album, on lui préfère en live son esprit combatif.

 

Un final néanmoins époustouflant

Le public n’aura pas boudé longtemps car, heureusement, les nouveaux titres de Woodkid réservent d’autres surprises. C’est le cas de Volcano, véritable dose de musique électro, avec une chorégraphie lumineuse minutieusement préparée, qui rend la foule à  nouveau hystérique. Woodkid, jusque là  plutôt calme, bondit sur scène, et le concert se poursuit,l’énergie du départ retrouvée avec d’autres tubes de son album. Cette fois c’est sûr, même les plus sceptiques sont désormais conquis par la performance scénique du jeune Français. Le rappel ne se fait pas attendre avec Run Boy Run, un autre de ses titres phares. Le public entonne en chŠ«ur la mélodie du refrain, qui résonne encore à  la sortie du site du festival, alors que le rideau de cette 18ème édition est déjà  retombé sur la scène.