Culture | 05.07.2014

Quand la musique prend le bus

Texte de Anne Maron
En plus d'avoir remporté le tremplin Montjoux cette année, leur offrant l'opportunité de se produire sur la scène du festival, le jeune groupe Kill Franklin possède un autre atout : celui d' enregistrer l'intégralité de son album dans un bus. GW Studio est un studio d'enregistrement pas comme les autres, et Thomas Dorat, le directeur général, nous ouvre ses portes pour une visite guidée.
Thomas et Johan ont lancé GW Studio, un studio d'enregistrement mobile. Le studio d'enregistrement Le "cockpit". Photos: DR

C’est un vieux car scolaire de 1991 qui campe à  l’entrée du domaine de Montjoux, le site du festival. A l’intérieur de cette carrosserie toute blanche, dans l’attente d’un habillage plus original, se cache un véritable studio d’enregistrement mobile. Malgré l’exigüité du lieu, tout y est : le cockpit bien sûr, pour voir défiler les kilomètres, mais également une cabine de prise de son de 13 m² et la régie, pour réaliser l’enregistrement et le mixage, sans oublier tout le confort modeste d’un micro-onde, d’un frigo et des WC.

 

Toutes les pièces sont adaptées: insonorisation phonique et traitement acoustique pour obtenir une qualité professionnelle comparable à  celle d’un studio ordinaire. « L’avantage c’est que les pièces sont assez confinées, donc on arrive facilement à  maîtriser l’acoustique et à  modeler le son comme on a envie », explique Thomas Dorat, le directeur de GW Studio, très fier de faire visiter son bus musical. Question électricité, le bus possède une autonomie de trois semaines grâce à  de solides batteries au plomb ainsi que d’un groupe électrogène de secours rechargeable en roulant. L’idéal pour une longue balade musicale !

 

Road trip musical

Ce concept unique au monde est né il y a trois ans, autour d’un barbecue entre deux amis passionnés, Thomas et Johan. Thomas se souvient : « On s’est dit : « Pas chiche de faire un studio d’enregistrement dans un car ! » On a tenu le pari et une semaine après on a choisi le car qu’on voulait. Le temps de faire les démarches administratives, débloquer les fonds etc…, le car était dans le jardin un mois plus tard ! » Ce bus, il a fallu le réhabiliter, enlever ses sièges, réfléchir à  l’aménagement acoustique, et bien sûr le conduire.

 

Permis poids lourd en poche, les deux amis sont désormais sur la route pour partir à  la rencontre des artistes. « Avec la crise du disque actuelle, faire du studio à  temps plein, avec toutes les contraintes financières que cela implique, c’est assez difficile, reconnaît Thomas. Il faut aller chercher les artistes chez eux. L’idée de la mobilité s’est donc très vite mise en place. » Entièrement mis à  la disposition des artistes ayant un budget réduit ou tout simplement en quête d’aventures, GW Studio relance le mythe du road trip musical. « Demain, s’ils veulent enregistrer au bord de la plage ou au pied de la montagne, c’est possible ! »