Culture | 11.07.2014

Les arts martiaux au féminin

Texte de Raphael Fleury
S'il est une curiosité parmi tous les films présentés au NIFFF cette année, c'est bien celui-ci : Yasmine. Ce n'est pas tous les jours que l'occasion se présente de voir un film d'arts martiaux tourné par une femme en provenance du Brunei.
Si l'idée de voir un film d'arts martiaux tourné par une femme et provenant du Brunei est absolument réjouissante, le film en soi, un vrai teenage movie, l'est beaucoup moins. Photo : NIFFF

Qui sait où se trouve le Brunei ? Qui connaît même l’existence de ce pays ? Il existe bien, pourtant. Le Brunei est un minuscule pays au nord de l’île de Bornéo, en Asie du Sud-Est. Le sultanat a une superficie de 5765 km2 seulement et compte à  peine plus de 400’000 habitants. C’est de ces terres lointaines et exotiques que nous parvient Yasmine, de la cinéaste Siti Kamaluddin, présenté mercredi 9 juillet au NIFFF.

 

Fight !

Une jeune fille, Yasmine, décide de se mettre au silat, un art martial d’Asie du Sud-Est. Au grand dam de son père, qui considère ce sport comme violent et souhaite que Yasmine se consacre à  l’étude. Pourtant, rien n’arrêtera Yasmine. On prend alors place sur les tatamis, on se donne des coups et on se met au tapis. Les combats s’enchaînent, et la jeune fille se déchaîne, avec maîtrise, sur tous ceux qui se mettent en travers de son chemin.

 

Teen-age movie convenu

Si l’idée de voir un film d’arts martiaux tourné par une femme et provenant du Brunei est absolument réjouissante, le film en soi l’est beaucoup moins. Yasmine, au final, est un teen-age movie convenu, de A à  Z. Pas la moindre surprise, le long-métrage roule sur des rails parfaitement rectilignes, et ce n’est pas un compliment. Sauf si l’on a moins de quinze ans, il sera difficile d’apprécier l’Š«uvre de Siti Kamaluddin.

 

Une étrange touche hollywoodienne

Par ailleurs, Yasmine est bien malheureusement un film de type hollywoodien. Mêmes rouages, mêmes ficelles. Mise en scène et scénario lisses, formatés. Il est ardu de voir la différence entre ce film et une production américaine lambda. Dommage : on aurait aimé voir dans Yasmine une patte singulière. Sinon, à  quoi bon voir un film provenant d’un pays aussi mystérieux que le Brunei ?

 

Néanmoins, saluons l’Š«uvre de Siti Kamaluddin : parce qu’elle saura trouver son public, et parce que, pour une femme et au Brunei, il ne doit pas être aisé de tourner un tel film.