Culture | 28.07.2014

Le vent porte Détroit

Texte de Joëlle Misson | Photos de Christian Baudat
Dimanche soir, la scène des Arches n'aura rien eu à  envier à  son aînée la Grands Scène lors du concert de Détroit. L'ancien chanteur de Noir Désir a comblé les festivaliers et bénéficié d'une météo compatissante.
Si Bertrand Cantat, chanteur de Détroit, n'est pas homme à  raconter des histoires drôles ou à  inviter les spectateurs sur scène, il n'en cache pas moins la reconnaissance portée à  son public.
Photo: Christian Baudat

C’est gentiment que le public se met dans l’ambiance et que les notes de la musique énergique de Détroit se font entendre, à  19 heures 30. Si quelques festivaliers quittent les rangs des Arches durant les premières chansons, c’est pour mieux laisser place à  d’autres, impatients de combler la moindre parcelle de vide dans la foule. Les hanches se délassent et les têtes se prélassent, d’un côté, de l’autre. Des yeux se ferment, pour mieux apprécier. L’enthousiasme y est, mais n’a pas encore atteint son paroxysme.

 

Merci public

Bertrand Cantat, lui, ancien chanteur du groupe de rock français Noir Désir, ne cache pas le sien. Le public de Paléo est génial «comme d’habitude». S’il n’est pas homme à  raconter des histoires drôles ou à  inviter les spectateurs sur scène, il n’en cache pas moins la reconnaissance portée à  son auditoire. Par des sourires et des regards, il charme et enchante, pour mieux repartir, alimenté d’un dynamisme contagieux. Une technicienne doit intervenir pour un câble de guitare enroulé dans un pied de micro totalement plié en deux. Bertrand Cantat, lui, ne s’en soucie pas le moins du monde.

 

En crescendo

Si la plupart de ses compositions sont chantées en français, quelques titres en anglais provoquent aussi leur petit succès. Alors que certains yeux ne se sont pas rouverts, c’est véritablement lorsque le groupe entame les premières notes de «Le Vent nous portera», titre connu de Noir Désir, que la foule, telle une mèche qui s’enflamme, se met à  bouger, sautiller, bref: se lâche. Dès cet instant, chaque chanson connaît un peu plus d’exaltation, faisant évoluer le concert crescendo, sous un ciel totalement clément.

 

Il devient difficile de rester immobile au milieu de spectateurs autant séduits. On peut sentir les souffles, provoqués par l’effort physique du sautillement associé à  une tentative de chant, effleurer les nuques. «Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien…», chante-t-on. Un peu avant la fin du temps règlementaire, Détroit remercie son public, main sur le cŠ«ur, avant de rejoindre les coulisses. Mais les spectateurs ne s’y laissent pas prendre et peu d’entre eux quittent déjà  la place. Le groupe refoule la scène quelques minutes plus tard, pour le plus grand bonheur du public. Puis, d’autres airs s’élèvent, au loin, et marquent la fin du concert de Détroit dont les notes s’étouffent, petit à  petit dans les esprits et dans les cŠ«urs. Avant de passer à  autre chose.

 


Retrouvez ici les photos de la soirée de dimanche au Paléo