Culture | 12.07.2014

George R. R. Martin, le Tolkien américain

Texte de Raphael Fleury | Photos de NIFFF
George R. R. Martin. Un nom qu'il suffit de prononcer pour que les foules se soulèvent. Et c'est à  Neuchâtel qu'elles se sont soulevées, puisque celui que d'aucuns nomment le Tolkien américain était présent au NIFFF pour une conférence dans le cadre du forum littéraire New Worlds of Fantasy, une lecture publique ainsi que deux séances de dédicaces.
Photo: NIFFF

Qui ne connaît pas Le Trône de fer (plus connu par son appelation anglaise Game of Thrones) ? On parle tant de cette saga depuis quelques temps que rares doivent être ceux pour qui elle est une parfaite étrangère. L’auteur de l’Š«uvre, traduite en plus de vingt-cinq langues, était présent au NIFFF pour, entre autres, une conférence publique. Un moment fort dans la grande salle du Théâtre du Passage.

 

George R. R. Martin l’a avoué : « J’étais un garçon timide qui aimait lire des comics. » Pourtant, l’écrivain, dans une salle comble, n’a pas montré l’ombre de la timidité. Simple et rempli d’humour, il n’a eu aucune peine à  captiver ses auditeurs. Coiffé d’un béret bleu, habillé d’un t-shirt violet et d’un gilet argenté cachant des bretelles noires, l’homme au bel embonpoint a semblé parfaitement à  l’aise tout au long de sa conférence.

 

Ce qu’est un bon auteur de fantasy

Pour être un bon auteur de fantasy, il faut avant tout, selon Martin, le goût pour la fantasy. On s’en serait doutés. Après cela, essentiellement écrire et lire tout le temps, et pas uniquement de la fantasy, mais également des classiques littéraires et d’autres types d’Š«uvres. « Je pense être un auteur romantique », a-t-il révélé à  son public. Avant de préciser : « Mais dans le sens de Gatsby le magnifique et Roméo et Juliette. » Ses livres préférés ? Le Seigneur des Anneaux et, justement, Gatsby le magnifique. Autres éléments de la réussite d’un bon auteur de fantasy ? Avoir le sens du dialogue et de l’empathie. Par ailleurs, l’écrivain a dit ne pas faire de différence entre la fantasy, la science-fiction et l’horreur. Il ne se prive d’ailleurs pas de mélanger les trois genres.

 

Questions-réponses

Les questions ont fusé lors de la conférence, et Martin a répondu avec bonhomie. Son personnage préféré ? Tyrion Lannister. Les moteurs de fonctionnement de ses personnages ? L’amour et la gloire. Difficile d’aimer, dans ses livres ? « Il est difficile d’aimer dans la vie, tout simplement !» Beaucoup de femmes au caractère fort composent ses romans. Serait-il un auteur féministe ? Non. L’écrivain se contente de créer des individus, certains sont des hommes, d’autres des femmes. «Seulement, il y a très peu de différences entre les sexes. En réalité, il y a bien plus de similitudes que de différences.» Beaucoup de violence ? Il y en a, la violence est une réalité, mais l’auteur la traite de façon sérieuse, parce qu’elle est une chose sérieuse, et non pas amusante.

 

Série télévisée

Concernant l’adaptation télévisée de son Š«uvre, Martin a dit avoir été nerveux au début. « C’était comme de donner son bébé à  quelqu’un d’autre ». Mais il a bien vite été rassuré, puisque c’est HBO, la meilleure compagnie des USA en matière de séries télévisées, selon lui, qui devait s’occuper de l’adaptation. Y aura-t-il un jour de grandes batailles, ou de grands combats avec des dragons ? demande-t-on. « Il n’y en aura pas. Ce serait trop coûteux pour HBO », a-t-il répondu en riant. Il faut savoir que Le Trône de fer est d’ores et déjà  la série télévisée la plus coûteuse de l’histoire.

 

La conférence terminée, les applaudissements n’ont pas manqué de se faire entendre. Après quoi, George R. R. Martin a passé encore plus d’une heure au Théâtre du Passage pour une séance de dédicaces, afin de combler tous ses fans.