Culture | 27.07.2014

« Au Paléo, le public peut sortir du quotidien »

Pour comprendre ce qui contribue au succès du Paléo Festival depuis 39 ans et l'envergure de son organisation, nous sommes partis à  la rencontre de l'un de ses deux programmateurs. Malgré un emploi du temps chargé, Dany Hassenstein a bien voulu répondre à  nos questions. Rencontre conviviale au service de presse.
"Nous voulons permettre aux gens de sortir de leur quotidien en leur offrant de la magie grâce à  la musique, aux installations et aux décorations."

Qu’est-ce qui fait le succès du Paléo festival depuis toutes ces années ?

L’éventail de l’offre proposée, et ce, à  tous les niveaux : musique, animation, espace du terrain, stands. On s’adresse à  tout le monde et on ne se limite pas à  une niche, à  un type de musique ou d’âge. C’est donc un festival familial et populaire, où les parents peuvent venir avec leurs enfants. En Suisse, il n’y a pas beaucoup de festivals qui offrent cette diversité multi-culturelle et multi-générationnelle. Un autre aspect est le respect qu’on porte envers le public, les artistes, les journalistes, les bénévoles et les invités.

 

Est-ce que c’est pour garder cet esprit de convivialité qu’il n’y a pas de contrôles à  l’entrée du Paléo ?

Oui, et nous fournissons également aux gens une liberté. S’ils viennent au Paléo et que nous leur interdisons des choses ou leur donnons des directives, ce n’est pas un échappatoire mais c’est de nouveau se retrouver dans les problématiques de la société. Ce que nous ne voulons pas. Nous voulons permettre aux gens de sortir de leur quotidien en leur offrant de la magie grâce à  la musique, aux installations et aux décorations. Bien sûr, nous sommes aussi conscients des conséquences de ne pas fouiller les gens. Mais c’est notre choix.

 

Comment choisissez-vous les artistes qui se produisent au Paléo ?

C’est un travail de longue durée, qui prend plusieurs mois voire plusieurs années. Pour les concerts, nous sommes deux à  les programmer. Concernant les scènes suisses, nous avons trois chasseurs de talents qui nous aident et nous proposent les groupes suisses à  programmer. Pour la musique, on voyage énormément, on voit beaucoup de concerts et on discute avec les autres organisateurs des festivals. On est donc baignés dans le monde de la musique.

 

Comment faites-vous face aux imprévus, notamment quand un artiste annule son concert à  la dernière minute ?

Il n’y a pas de solution miracle, toute annulation est très difficile à  gérer. Il y a des gens qui ont acheté un billet pour voir ce concert là , donc ils sont forcément déçus. Nous pourrions très bien nous dire qu’il faut remplacer un artiste d’une certaine ampleur par un artiste mille fois plus connu, mais nous n’avons pas les moyens de faire ce miracle. Dans ce cas-là , on s’informe de qui est disponible et pourrait peut-être remplacer l’artiste absent. On essaye de réagir très rapidement. Comme nous venons ne passer plusieurs mois à  préparer la programmation du festival, nous savons qui est en tournée et nous avons donc une idée de où se trouvent les artistes. Mais nous n’avons pas directement des artistes de secours sous la main en cas d’annulation.

 

Comment est-il possible de maintenir des prix aussi bas tout en invitant des légendes ?

C’est la masse qui fait la différence. Le festival a lieu sur six jours, nous avons un budget de programmation réparti sur ces 6 jours et du coup, nous avons des artistes qui coûtent plus chers que d’autres. Il n’y a pas de montant fixe qui est attribué par jour. Et ça, c’est l’avantage de la diversité de notre programmation.

 

Comment choisissez-vous la région ou les pays qui sont invités au Village du Monde ?

C’est assez difficile de choisir une région ou un continent car il doit y avoir assez de matière pour montrer tout ce que nous avons envie de montrer : la musique, la culture locale, les ambiances qui règnent, les organisations de soutien. De temps en temps, choisir un seul pays ne suffit pas, car il n’y a pas assez de matière.

 

Une fois que le tour du monde sera fait, qu’est-ce que vous allez proposer ?

Cette discussion commencera d’ici deux ou trois ans. L’idée n’est pas de présenter des cultures connues, comme l’Amérique du nord. Cela n’a pas de sens, car nous sommes sans cesse en relation avec ces cultures et ce que nous voulons c’est offrir des découvertes.

 

Existe-il des petites anecdotes ou des caprices de stars qui ont marqué le Paléo Festival ?

Il y en a plein ! Mais c’est difficile de faire la différence entre un caprice et un réel besoin. Ces artistes sont en tournée pendant des semaines ou des mois et souvent ils ne savent pas dans quelle région ils se trouvent. On leur donne alors des cartes postales et les artistes découvrent qu’ils sont en Suisse, à  Nyon, qu’il y a un lac et des montagnes à  côté.

 

Au niveau de la programmation, une petite anecdote a eu lieu cette année avec Elton John qui souhaitait dormir chez lui à  Londres. Nous sommes à  Nyon, il y a un aéroport pas loin mais qui ferme à  23 heures. Du coup, nous avons programmé Elton John tôt dans la soirée pour qu’il puisse prendre son avion et rentrer chez lui. Donc à  minuit et demi, il devait déjà  être au lit, chez lui à  Londres.