Culture | 05.07.2014

20 ans de musique, de liberté et d’indépendance

Le 4 juillet, ils avaient prévu de poser tous leurs instruments sur la grande scène du Montjoux Festival, mais l'orage en a voulu autrement. Entre les gouttes, Fred, multi-instrumentiste comme les autres et chanteur, partage la recette de la longévité de son groupe: Les Ogres de Barback.
Photo: Flickr des Ogres des Barback © Fabien Espinasse

C’est un joli conte que Les Ogres de Barback ont écrit depuis maintenant 20 ans. De chapiteaux en fanfares, les quatre frères et sŠ«urs se démarquent par leur soif d’indépendance et de liberté à  travers des textes frais et des musiques chaleureuses. Rencontre.

 

Lorsque vous avez commencé en 1994, vous aviez tous moins de vingt ans. Comment est-ce qu’on grandi dans la musique ?

Il a fallu qu’on apprenne plein de choses, d’autant plus que nous avons la particularité d’être resté complètement indépendants, au niveau de la tournée, des disques, etc. L’apprentissage a été long, parfois difficile. Mais on a grandi dans le milieu sans trop de difficulté parce que, justement, on ne s’est pas frotté à  des problèmes de grosses économies.

 

C’est vrai que vous avez choisi de vous occuper d’absolument tout, de la composition à  l’organisation des tournées, en passant par la production et la distribution. Est-ce toujours possible de fonctionner de cette manière dans l’industrie musicale aujourd’hui ?

Quand on a commencé, les disques se vendaient encore un peu, on a pu s’auto-financer. Pour les jeunes qui commencent aujourd’hui, tu peux faire quelque chose en étant beaucoup plus productif sur Internet. Il y a un réel intérêt à  s’en servir. Parce que réussir à  vendre 5000 disques, c’est déjà  balèze !

 

Finalement, si vous aviez commencé aujourd’hui, vous n’auriez peut-être pas eu la même liberté et la même indépendance à  laquelle vous tenez tant…

On aurait pris notre liberté et notre indépendance d’une manière ou d’une autre. Il faut simplement se poser la bonne question : combien de temps tu veux durer et qu’est-ce que tu veux faire dans ta carrière ? Au début on a eu des propositions de maisons de disques, mais on s’est dit : « si ça ne marche pas, on se fait jeter, on finit aux oubliettes, et c’est très dur de rebondir ». Notre but ce n’est pas de vendre des millions d’albums, mais plutôt de réussir à  vivre. On est des artisans.

 

 

Dans votre dernier album « Vous m’emmerdez ! », vous collaborer avec la fanfare Eyo’nlé. Raconte-nous comment s’est passée cette rencontre.

On a rencontré une fanfare qui venait du Bénin sur un festival des fanfares qui se tenait dans le sud-ouest de la France. Du coup, on est partis là -bas pour répéter avec eux, puis on leur a proposé de faire toute la tournée des 20 ans avec nous, et ils ont dit oui. Les rythmiques sont complètement différentes, et cela a créé un super échange entre nous. Tous ces projets, c’est le secret de notre soif de route et de rencontres. Ca nous nourrit et nous permet de ne pas nous ennuyer dans notre travail.

 

Sur votre site Internet, on peut voir que Les Ogres de Barback c’est près de 700 000 albums vendus et 2000 concerts recensés. Mais finalement, c’est combien de disputes entre vous ?

Euh… Allez, trois ! Non sérieusement, vraiment pas beaucoup. On est de nature très respectueuse, et entre nous on s’entend bien. Ce sont des tensions qui viennent au fur et à  mesure de la route, qui pètent à  un moment donné mais ce n’est jamais très méchant.

 

 

Quel est le programme de ces vingt prochaines années ?

On va commencer par poser nos affaires dans nos chambres parce que ça fait 20 ans qu’on ne les a pas mises. Mais à  mon avis, nous connaissant, dans six mois on s’embête et on va avoir envie de faire autre chose !