Culture | 15.06.2014

Place à  la pop music au Festi’Neuch

Vendredi 13 juin, Festi'Neuch proposait une soirée résolument pop et grand public. Plus aucune place disponible, une météo radieuse, Neuchâtel était le lieu où il fallait être.
Yelle, c'est de l'électro-pop légère, entrainante, presque naïve. Un véritable plaisir coupable. Photo : www.festineuch.ch

Ce vendredi 13 juin, Festi’Neuch bat son plein avec une soirée sold out. Comme par le passé, chaque soir du festival fait la part belle à  un courant musical différent afin de satisfaire le plus grand nombre. Ce deuxième jour, les rives du lac de Neuchâtel vibrent au son de la pop music. Pour représenter celle-ci, Angie Ott, la jeune Neuchâteloise candidate à  l’émission “The Voice of Switzer land“; Yelle, l’artiste electro-pop française et le bien nommé Julien Doré, pépite des charts francophones actuels. Une sélection plutôt représentative de ce que l’on peut entendre actuellement sur toutes les grandes ondes.

 

Il est de bon ton chez les afficionados auto-proclamés de musique de renier avec virulence certains de ces artistes. Allant parfois jusqu’à  qualifier leurs productions de “musique commerciale”, ils mettent en avant leur manque d’authenticité. Cette soirée représente donc, de leur point de vue, un condensé de musique pour néophyte. “Yelle ? Mais ce n’est pas de la musique ça“, a d’ailleurs lancé un jeune festivalier devant le programme, l’air outré, et précisant qu’uniquement Paul Kalkbrenner (ponte de l’électro présent en fin de soirée) justifiait sa venue.

 

Angie, une star en devenir

Sur cet entre-fait, Angie Ott monte sur la scène lacustre. La foule est disparate, il est 17h, Festi’Neuch s’éveille. La benjamine de la soirée a la lourde responsabilité d’ouvrir le bal devant des spectateurs très loin d’être déjà  dans l’ambiance. “Elle a fait « The Voice of Switzer land », c’est de la musique de supermarché“, explique à  ses amis notre festivalier mélomane, pas loin et toujours aussi incisif. Le show commence, première constatation : Angie possède un timbre de voix merveilleux et sait diablement s’en servir. Bonne présence scénique, contact très naturel avec le public,  le chapiteau se remplit gentiment. D’ailleurs, de façon imperceptible et presque honteuse notre réfractaire notoire a lui aussi fait quelques pas pour se rapprocher. Et quand elle entonne le titre  “Titanium“, c’est tout le public qui a la gorge serrée. Commercial, disiez-vous ?

 

Yelle, le pep’s en plus

19h15. Vient le tour de Yelle d’entrer en scène. Une configuration atypique s’offre au public ; en effet, deux batteurs entourent la pétillante artiste qui arrive capuche vissée sur la tête. La foule a tout juste le temps de la dévisager que déjà , elle virevolte sur la scène. Quelle energie ! C’est une déferlante de bonne humeur acidulée qui s’abat sur un chapiteau déjà  bien plein. Yelle, c’est de l’électro-pop légère, entraînante, presque naïve, un véritable plaisir coupable. Le titre “je veux te voir” retentit, la foule se met à  onduler naturellement, même les plus âgés pourtant peu coutumiers de ce style musical.

 

Julien D, l’idole

Le temps d’un intermède revigorant à  la croisée des bars et stands de restauration, les festivaliers se pressent sous le grand chapiteau. 20h15, sur scène, le mot LØVE en lettres d’argent semble attirer les spectateurs de façon surnaturelle. Julien Doré, ce nom est sur toutes les lèvres, on en parle avec une sympathie habituellement réservée aux amis et membres de la famille. D’ailleurs, une barmaid prédit déjà  que son “JuJu” va retourner le chapiteau. La scène est vide, le chapiteau quant à  lui est plein, ses abords aussi. Autant, sinon plus, que pour The Offspring qui jouait la veille. Notre aigri chronique de pop music est sur la droite, tout devant. Une erreur d’aiguillage sans doutes.

 

Julien Doré entre en scène sous des hurlements de fans hystériques, avec l’aura d’une rockstar et la nonchalance d’un Michel Polnareff. Les titres s’enchaînent, tout le monde les connaît et chante avec lui. Cela a ses avantages d’être “tout public”. C’est l’été, les paroles de “Paris-Seychelles” transportent l’oratoire à  l’horizon d’un soleil couchant. Mélange de communion et de nostalgie bien sentie, Julien communique avec son public, les remercie. Les fervents défenseurs de la musique indé cèdent et applaudissent, souriants.

 

Grâce à  ce vendredi une chose est sûre, la musique dite mainstream à  encore de longs jours devant elle, n’en déplaise à  ses détracteurs. Et qu’on se le dise, il est possible de venir pour Paul Kalkbrenner et de danser en écoutant Yelle sans pour autant risquer le pilori.