Culture | 15.06.2014

Ondes de choc au Festi’neuch

Du 12 au 15 juin, les rives du lac de Neuchâtel n'ont pas désempli avec la 14ème édition du Festi'neuch. Les festivaliers se sont amassés pour découvrir une programmation éclectique mêlant vedettes et révélations lors de soirées à  guichets fermés. Tink.ch y était samedi. Reportage.
Dans son survêtement rouge, le rappeur livre un live carré avec son micro bling bling, enchaînant ses plus gros tubes et même quelques featurings comme « P.I.M.P » qui déchaînera la foule. Photo : © Festi'neuch 2014 / Davide Gostoli

Après une édition 2013 mitigée et pluvieuse, Festi’Neuch a su se relever et offrir une édition record du 12 au 15 juin à  Neuchâtel. Sur quatre jours, plus de 42’000 festivaliers se sont pressés sur les Jeunes-Rives pour se déhancher sur les sons tantôt punk-rock, folk, hip-hop ou électro programmés cette année. Après la soirée sold out du vendredi, le samedi 14 juin a également affiché complet pour accueillir de fortes têtes d’affiche, remarquables dans leurs styles respectifs. Le chapiteau a vu se succéder le français Kery James et son rap conscient, le rappeur US Snoop Dogg, ainsi que le français le plus en vogue du moment, à  savoir Woodkid et sa pop cérémonieuse. De gros shows auxquels se sont ajoutées de belles découvertes sur les scènes secondaires de la Lacustre et de la Marée comme l’électro-pop de Thomas Azier ou le beatbox de KoQa: Festi’neuch a tenu ses promesses d’ « ondes de choc ». Retour sur la soirée de samedi.

 

Le festival s’échauffe

Sur le coup des 18heures, c’est au rappeur français Kery James de lancer les festivités sous le chapiteau. L’ambiance s’installe progressivement, au rythme de sons entraînants. Le public est très éclectique, mêlant fans de la première heure et festivaliers curieux de découvrir cet artiste. A la fin de ce concert, la foule se déplace vers la Lacustre où Explosion de Caca livre un live à  son image : barré ! Une chose est sûre, les romands un peu barjots ayant écumé les salles (et nos télés en participant à  l’édition 2013 de « La France à  un incroyable talent ») ne font pas dans la demi-mesure : on aime ou pas. “Autant le batteur est doué ; mais je ne croche pas à  ce style”, peut-on même entendre. Les reprises de générique des années 80 s’enchaînent, tantôt métal ou rock.

 

Part belle au hip-hop

A 20h30, le chapiteau s’emplit soudainement. Le public s’amasse pour venir écouter Snoop Dogg, le rappeur qui a popularisé le style « west coast » et g-funk, aux instrumentales mélodiques teintées de soul. Ce dernier faisait acte de présence à  Neuchâtel pour ensuite enchaîner avec un DJ-show à  Lausanne. Le californien débarque avec un léger retard et des petits yeux. Peu étonnant, connaissant le personnage… Dans son survêtement rouge, le rappeur livre un live carré avec son micro bling bling, enchaînant ses plus gros tubes (« Gin and juice » entre autres) et même quelques featurings comme « P.I.M.P », qui déchaîne la foule. L’ambiance est électrique, et c’est suant mais heureux que le public sort de ce concert.

 

Sur la petite scène de la Marée, les sonorités hip-hop continuent avec le jurassien de KoQa. Son beatbox puissant mêle ainsi électro et dubstep, appuyé par des parties rappées. Rejoint par un batteur et un trompettiste au cours du concert, le son prend toute son ampleur et offre une ambiance digne de clubs aux puissantes basses.

 

Fin de soirée pop et planante

C’est ensuite au talent désormais confirmé de Yoann Lemoine, plus connu sous le pseudonyme de Woodkid, de s’afficher sur la scène du chapiteau. Le français aux 1001 collaborations (Pharell Williams, Lana Del Rey, New York City Ballet entre autres) et 1001 casquettes (compositeur, interprète, réalisateur, directeur créatif, etc.) installe une ambiance particulière dès les premières notes. Derrière lui, des visuels très graphiques en noir et blanc s’enchaînent sur des percussions parfois tribales, créant une symbiose entre l’image et le son. L’usage de cuivres permet de belles envolées mélodieuses et planantes. Une festivalière n’hésite pas à  dire que “rien que sa voix peut transporter“. Et effectivement, avec sa pop envoûtante et cérémonieuse, Woodkid nous embarque dans un univers spécial, à  la fois mélancolique et puissant. Le concert se termine de manière intense, avec une mélodie, qui, reprise en chŠ«ur par l’ensemble des festivaliers, rend le final intense.

 

Au tour de Thomas Azier de clôturer cette soirée avec une électro-pop très planante. Les festivaliers s’éparpillent et si les uns préfèrent la Silent Party du bord du lac au concert, d’autres migrent en ville direction les afters électro de la Case à  Chocs. Dans tous les cas, nul doute que Festi’Neuch a fait carton plein avec cette programmation qui a réservé de belles surprises dans une ambiance propice à  la fête !