12.06.2014

Confidences d’ados sur la gestion d’argent

Texte de Olia Marincek | Photos de DR
A l'occasion de la table-ronde organisée par Ados Job et VaudFamille, mercredi 11 juin, sur la gestion des premiers revenus des ados au sein de la famille, Tink.ch est allé récolter les points de vue et expériences de jeunes sur le sujet.
Le dialogue avec les parents et la confiance sont la clé pour permettre aux jeunes d'acquérir en autonomie, en particulier financière.
Photo: DR

Contrairement à  certaines idées reçues, les jeunes ne sont pas forcément dépensiers et irresponsables lorsqu’il s’agit de gérer leur argent. Relation avec les parents, argent de poche, postes de dépense alloués à  leurs revenus et dettes, les expériences relatées par trois témoins sont dans l’ensemble plutôt rassurantes.

 

La confiance c’est la clé

C’est avant tout l’expérience qui détermine le positionnement des parents par rapport aux revenus de leur ado, comme le note Ricardo, gymnasien lausannois de 17 ans, qui a un petit job un jour par semaine : «Tant que je gère correctement mon argent mes parents me font confiance, et cela se passe en général plutôt bien.»

Les trois jeunes interrogés estiment dans l’ensemble être parfaitement capables de gérer correctement leur argent. Tiffany, 17 ans, explique ne s’être « jamais retrouvée à  devoir finir le mois avec 2 francs » et Ricardo déclare n’avoir jamais fait de dépense inconsidérée. Pour sa part, Ilyes, 17 ans, explique que même s’il lui est déjà  arrivé une fois ou deux d’ « exploser » sa facture de téléphone, il a pu compter sur le soutien de ses parents et n’a plus jamais eu de soucis avec l’argent depuis.

 

Différence de traitement des revenus

Ce que les ados gagnent grâce à  leurs petits jobs ne suffit souvent pas à  couvrir les dépenses telles que la nourriture à  midi ou les transports. Leurs parents continuent donc à  leur verser de l’argent de poche. Mais les jeunes gèrent différemment l’argent lorsqu’il s’agit de leur salaire. Comme l’explique Tiffany: « Ce que je gagne avec mon travail, je vais plutôt l’utiliser pour quelque chose de précis, comme des vacances ou un achat important. Alors que l’argent de poche, c’est pour les dépenses quotidiennes. » Même son de cloche chez Ilyes, qui dit économiser sur son salaire « pour les dépenses importantes, comme le fait de passer le permis de conduire ».

 

Importance de la responsabilisation face à  l’argent

Une participation aux frais du ménage récolte des avis plus défavorables de la part des ados. Selon Ilyes, tant que le jeune vit sous le toit des parents, c’est à  ces derniers d’endosser les frais liés au logement et à  la nourriture. Il admet néanmoins que « si l’enfant gagne beaucoup et que les parents ont un petit revenu, il peut les soutenir un peu financièrement ». Mais la situation inverse, où les parents se retrouvent dans la position d’un portefeuille ambulant, ne fait pas l’unanimité non plus. Tiffany estime que dans ce cas, « le jeune s’habitue à  tout avoir en claquant des doigts et ne se rend pas compte de la valeur des choses ». Un avis partagé par Ilyes, qui trouve qu’en utilisant son propre argent, on devient plus autonome, car on sait qu’on a dû travailler pour le gagner – on l’utilise donc plus intelligemment.

 

Dialoguer en cas d’endettement

S’ils n’ont jamais été confrontés à  l’endettement, Ricardo, Tiffany et Ilyes ont toutefois conscience qu’il s’agit d’un problème auquel certains ados et jeunes adultes sont confrontés. Dans pareille situation, pas de mystère, le dialogue avec les parents reste la clé, comme le résume Ilyes : «Il est déjà  arrivé dans mon entourage que des jeunes ne gèrent pas bien leur compte bancaire et se retrouvent avec des dettes. Heureusement, ils ont pu en parler avec leurs parents et régler le problème, mais sur le moment, cela a été très difficile pour eux.» Car au-delà  des conflits, le jugement d’autrui peut aussi être dur à  assumer, raison pour laquelle certains préfèrent taire ces problèmes.

 

Dès l’instant où le dialogue et la confiance sont instaurés dans la relation parent-enfant, l’émancipation financière grâce au travail semble pouvoir se dérouler sans encombre, ou presque. Le jeune a certes sa part de responsabilité, mais d’après ces témoignages, certains acceptent de l’endosser, conscients des avantages qu’ils en retirent sur le long-terme.

 

Sur le même sujet, lisez l’interview de Amandine Oberholzer, présidente de la Commission de Jeunes du Canton du Vaud