01.05.2014

Romance 2.0: au coeur du net

Texte de Célie Gachet
PSYCHO - Le 26 mars dernier, le film "Her" est sorti sur les grands écrans de Suisse Romande. L'ordinateur comme producteur d'histoires amoureuses ? Un concept que les sites de rencontre semblent déjà  avoir repris depuis longtemps. Intimité et technologie sont-ils aujourd'hui vraiment compatibles ?
"Les SDR, bien que tremplins affectifs effectifs, ne constituent pas de remède miracle. Les conséquences de la rencontre sont les mêmes que dans la vie réelle; au fond, c'est simplement l'approche de la relation qui est différente." Photo : www.mashable.com

A l’ère d’Internet, on peut désormais s’aimer sans se voir. La récente sortie du film « Her » en est la preuve: alors qu’un nouveau divorcé acquiert un programme informatique ultramoderne et conçu pour s’adapter à  la personnalité et aux envies de chacun de ses utilisateurs, il découvre la nouvelle voix virtuelle de son ordinateur: drôle, sensible, intelligente. Sans se connaître, ils tombent peu à  peu amoureux. Mais où sont donc les limites du cyberamour ?

 

Le concept n’a rien de nouveau. Alors que les sites de rencontre deviennent une norme chez nos amis américains, les jeunes Suisses semblent un brin réticents. Véritable phénomènes de société, ils ne provoquent cependant pas chez tout le monde une réaction univoque, voire même suscitent certains a priori. Certains rient à  l’évocation même des sites de rencontre, d’autres font la moue, dubitatifs, et les derniers, plus curieux, s’interrogent et interrogent. Tink.ch s’est plongé au coeur du net pour vous offrir un bref éclairage: postulats, critiques, démystification et conseils au rendez-vous pour y aller pas à  pas.

 

Etablir un pré-diagnostic: qu’est-ce qu’on fait là  ?

Les sites de rencontre (SDR), bien que tremplins affectifs effectifs, ne constituent pas un remède miracle, et il est essentiel d’en préserver une utilisation rationnelle: quoi qu’il advienne, il est rare de trouver l’amour tant que les blessures des anciennes relations restent non pansées. Qu’elles trouvent leur origine dans la vie réelle ou virtuelle, elles peuvent déclencher les mêmes mécanismes de défense développés au fil du passé et des expériences. Et grande chance il y a de les voir interférer dans vos futures relations. Le problème majeur des technologies: elles encouragent l’individu à  se décentrer de lui-même. Le retour sur soi a tendance à  s’amenuiser de plus en plus et nous sommes sans cesse sollicités quelque part (e-mail, Facebook, SMS, appels, etc.) Les SDR ne devraient pas simplement servir à  remplir un vide affectif. Comme avant tout autre début de relation, le point devrait être fait sur ce que l’on veut, ce que l’on cherche, et pourquoi.

 

Repérer les bons poissons

Il est important de toujours rester méfiant ! Attention aux arnaques, et aux femmes hystériques et vengeresses qui veulent faire subir aux garçons les tares de leurs précédentes relations; attention aux attentes et aux garçons un brin misogynes et vulgaires qui sont souvent là  en grand nombre. Vu qu’on y échappe rarement, mieux vaut être prévenu, ne pas se laisser entraîner et parfois, rester de marbre.

 

Rester conscient

Tout commence sur un coup de tête. On s’inscrit, et puis tout s’enchaîne. On se laisse petit à  petit prendre au jeu. Sélectionner les uns, écarter les autres; les SDR se transforment alors en jeu narcissique d’omnipotence qui peut vite faire tourner la tête. Certains psychologues parlent même d’une obsession du lien développée spécifiquement sur les sites de rencontre. Attention donc aux possibles addictions, comme à  tout autre réseau social.

 

Eviter d’idéaliser

Malgré ce que les célibataires tendent à  croire, il ne suffit pas de développer des affinités ou une complicité avec quelqu’un pour que naisse et s’installe le désir amoureux. La sociologue Madeleine Pastinelli, explique: « Le désir peut amener deux personnes à  s’accommoder de leurs différences alors que l’inverse n’est pas vrai. » Elle ajoute: « La mécanique du désir relève d’un sentiment qui se veut une réaction à  un tout, soit l’incarnation de l’autre dans son corps, dans sa gestuelle et dans l’espace, et qui intervient à  la seconde où on le voit. » Il semblerait donc essentiel de ne pas trop attendre avant la première rencontre. Cela évitera de créer un idéal mystifié de quelqu’un que l’on connait, disons-le, pas vraiment.

 

 


 

Retrouvez la suite de cet article dès le 5 mai sur Tink.ch

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