Culture | 09.05.2014

L’homme qui te fait voyager

Texte de Eva Hirschi
Aventurier, animateur socioculturel, blogueur vidéo ou bien artiste: qui se cache derrière le personnage de Sylvain Nicolier, créateur de la plateforme «Suisse moi» sur laquelle il invite le public à  suivre ses voyages ?
Sylvain Nicolier, 31 ans, relève au fil de ses voyages les défis lancés par les lecteurs de son site internet "Suisse moi". Sylvain: "Je pense que je m'ennuierais si je travaillais à  100% pour la même activité! J'essaie toujours de dépasser mes limites, de sortir de ma zone de confort.": Photos: Sylvain Nicolier

Sylvain Nicolier a fait parler de lui avec le lancement en janvier de son projet «Suisse moi»: sur ce site, chacun peut proposer des défis parmi lesquels le jeune homme pioche ceux qu’il réalisera au cours de ses voyages. Et Sylvain voyage beaucoup: au Togo, en Sardaigne, au Maroc, en Grèce, entre autres, et souvent pendant plusieurs semaines. Le Lausannois de 31 ans possède son propre mode de vie: après quelques mois de travail en Suisse, il part découvrir le monde le reste de l’année. Et au fur et à  mesure de ses escapades, il relate ses aventures sous formes de courtes vidéos publiées sur la plateforme «Suisse moi». Entretien.

 

Sylvain, qui es-tu ?

Je suis une personne qui aime partager la bonne humeur. Mes parents m’ont toujours appris à  voir le bon côté des choses. C’est important pour moi d’essayer de transmettre des ondes positives.

 

Quel est le but de «Suisse moi» ?

L’interaction est une composante essentielle du projet. A la télévision, on voit des reportages déjà  tout faits sur d’autres pays; moi je veux donner l’impression aux gens de voyager à  mes côtés, grâce aux nouvelles technologies.

 

Voyager ainsi en réalisant des défis, ce n’est pas éprouvant avec le temps ?

Je me pose aussi la question. Mais je parcours le monde depuis plusieurs années, et j’ai commencé les défis car je voulais inclure une part de challenge dans mes voyages. Au Togo par exemple, ça a vraiment été un bon moyen de dépasser ce que je fais normalement, de m’immiscer plus loin dans la culture du pays, d’aller à  la rencontre des gens – et c’est pour ça aussi que je voyage. J’adore confronter les cultures que je rencontre à  la culture suisse. Et j’ai toujours le dernier mot dans le choix des défis qui me sont proposés, donc je ne fais que ce qui me plaît.

 

Tu pars souvent durant plusieurs mois. Qu’est-ce qui te manque lors de tes voyages ?

En premier lieu, ma copine, ma famille et mes amis. Et tout simplement le fait d’avoir un lit, mon propre lit. Mon but n’est pas de voyager toute l’année, et c’est agréable d’avoir une routine ici, des repères. Et j’ai la chance d’avoir des projets qui m’intéressent: ainsi à  chaque fois que je pars en voyage, je suis aussi content de revenir.

 

En Suisse, tu as beaucoup de jobs différents, tu travailles sur plusieurs projets. Durant le temps que tu passes ici, ce ne serait pas plus simple d’avoir une activité à  100% ?

Cette diversité est très agréable et enrichissante pour moi. J’ai besoin de défis, dans ma vie personnelle autant que professionnelle. Je pense que je m’ennuierais si je travaillais à  100% pour la même activité ! J’essaie toujours de dépasser mes limites, de sortir de ma zone de confort. C’est comme ça que l’on apprend le plus, et c’est aussi ce qui me donne de la satisfaction quand je réussis.

 

On dirait que tu es toujours en train de bouger, que tu ne fais jamais de pause. As-tu besoin de cette agitation ?

Je prends cinq mois de vacances par an, alors le reste du temps il faut que je sois agité ! (rires). Et je n’ai jamais été calme… Je pense que j’ai cette énergie grâce à  mes parents et à  ma grand-mère, qui a 90 ans a toujours la forme. C’est de famille. Et les gens ont l’impression que je donne beaucoup, mais en fait je reçois beaucoup aussi. Cet échange est un moteur pour moi.

 

Est-ce qu’un Sylvain avec un job à  plein temps, marié avec des enfants, installé dans une maison, c’est imaginable ?

Oui bien sûr ! En tout cas marié avec des enfants, dans une maison peut-être. Franchement, tout est possible, je suis encore jeune. Mais je pense qu’à  un moment donné, j’aurai envie de me poser. Je ne peux pas m’imaginer en Monsieur Tout-le-monde, mais en tout cas je veux une famille, c’est la seule certitude que j’ai.

 

Où te vois-tu dans dix ans ?

Je ne sais pas. Peut-être que j’aurai changé complètement de vie, c’est difficile de prévoir les choses. Peut-être que je voyagerai autour du monde avec ma famille ? Je sais que je n’aimerais pas avoir de voiture ou de montre à  10’000 francs, ni travailler comme fonctionnaire. En fait, je ne sais pas précisément ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas.

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