02.04.2014

Une semaine sans… produits du règne animal!

Texte de Eva Hirschi | Photos de Eva Hirschi
Avant Pâques, l'Eglise catholique célèbre le carême. Au lieu de s'abstenir de toute nourriture, notre reporter Eva Hirschi renoncera chaque semaine à  quelque chose de différent. Sur Tink.ch Romandie vous pouvez suivre le récit de ses privations. Cette semaine: la vie végétalienne.
"Nous voulons montrer qu'être végétalien n'est pas lié au renoncement ou à  l'ennui. C'est plus facile qu'on ne le pense, et surtout c'est très bon et varié", explique Cristina Roduner, responsable communication de la Société Végane Suisse.
Photo: Eva Hirschi

Ne pas manger de viande pour des raisons émotionnelles ou écologiques, je peux le comprendre. Mais résister à  tout produit du règne animal, y compris lait, Š«ufs et fromage aussi ? Ça me semble curieux, pour ne pas dire complètement fou ! Mais voilà , le carême est ma période de défis personnels, je me lance donc et entame une semaine totalement végétalienne.

 

Pourquoi vegan ?

Le premier jour, j’achète du lait de soja, du tofu et plein de légumes – pour l’instant ça va, je trouve de quoi me nourrir. Mais je suis quand même curieuse de comprendre les raisons derrière ce mode de vie. Dans notre pays, la Société Végane Suisse (VGS) s’engage pour la promotion d’une alimentation végétalienne. « Nous voulons montrer qu’être végétalien n’est pas lié au renoncement ou à  l’ennui. C’est plus facile qu’on ne le pense, et surtout c’est très bon et varié », explique Cristina Roduner, responsable communication de la VGS.

 

D’accord, mais pourquoi considérer la gastronomie végétale comme importante ? « Il y a plein de raisons qui encouragent une alimentation végétalienne », explique-t-elle. « La production de viande est souvent liée à  un mauvais traitement des animaux.» Des raisons écologiques entrent aussi en jeu: « L’élevage d’animaux, que ce soit pour la viande, le lait, les Š«ufs ou à  d’autres fins commerciales, provoque de grosses émissions de CO2 qui ont des conséquences négatives sur l’environnement.» De plus, selon Cristina Roduner, des études montrent qu’une consommation trop élevée de viande nuit à  la santé.

 

 

Initiatives pour plus de choix

C’est pour les mêmes raisons que la semaine dernière, deux initiatives ont été lancées à  Berne et Bâle, afin de demander qu’un plat végétarien ou végétalien au moins soit servi dans les cantines de toutes les institutions officielles (écoles, universités, cafétérias de l’administration publique…). Le projet s’appelle «Sentience Politics» et a été mis en place par la fondation suisse Giordano Bruno. « Nous ne voulons pas éliminer les plats carnés ou les produits animaux du menu, explique Adriano Mannino, co-président de la fondation et linstigateur des initiatives. Le but est d’élargir l’offre pour donner la possibilité aux personnes de pouvoir manger végétarien ou végétalien quand elles en ont envie.»

 

 

Ultime recours: la salade

Je suis assez vite convaincue du fait que cette mesure est effectivement nécessaire, surtout lorsque je veux acheter mon repas à  la cafétéria de l’uni. L’Université de Genève propose un plat végétarien par jour, mais malheureusement aujourd’hui, il n’est pas végétalien – c’est un gratin de légumes avec du fromage. Je me tourne vers le buffet de salade, mais le choix n’est pas incroyable si on exclut les salades avec de la feta ou de la mozzarella, des morceaux de saucisses ou encore des Š«ufs… « Si les initiatives marchent bien à  Berne et à  Bâle, on pense en organiser une en Romandie aussi, possiblement à  Lausanne ou à  Genève », explique Adriano Mannino. Bonne idée, je trouve.

 

 

Cuisine créative

Pour trouver des idées pour cuisiner, je poste un statut sur Facebook. Le résultat est impressionnant. Plein d’amis m’envoient des suggestions de plats, des recettes et des liens pour des restaurants. Et dans la majorité des cas, ces amis ne sont même pas végétaliens eux-mêmes. Je tente les crêpes végétaliennes (avec du lait de soja, et sans Š«ufs), le tofu mariné aux aubergines grillées avec du blé, le dahl de lentilles au curry et à  la tomate, ou encore une soupe russe aux betteraves, carottes et pommes de terre. Il n’est effectivement pas si difficile de se nourrir sans produits animaux. Par contre, le lait de soja, je ne peux vraiment pas. Heureusement qu’il existe d’autres alternatives comme le lait de riz, de quinoa, d’amande…

 

 

Faux pas

Mais un soir, erreur grave – et involontaire ! Avec deux amis, je prends l’apéro à  la terrasse d’un bar, savourant le beau temps. Pour parfaire notre bonheur, le serveur nous apporte gracieusement des ailes de poulet grillées avec deux sauces. Je demande à  Juliette laquelle, selon elle, est végétalienne. On identifie l’une comme étant de la mayo, donc c’est mort. L’autre ressemble à  du ketchup, ça devrait aller. Je trempe mon poulet dedans et ce n’est qu’à  la première bouchée que je réalise que je suis en train de manger de la viande ! Trop concentrées sur la sauce, nous en avons oublié l’essentiel – ou comme on dit: on n’a vu uniquement l’arbre qui cache la forêt. Je peux au moins me consoler avec la décoration: une datte.

 

 

Anti-drague?

Avant-dernier jour de mon défi, je suis assise dans le train, de retour d’une réunion en Suisse alémanique. Concentrée sur mon travail, je lève la tête lorsque l’homme en face de moi agite un sac de bonbons sous mon nez. « Vous voulez aussi un caramel? », demande-il avec un sourire. Son collègue assis à  côté de lui s’est déjà  servi. J’apprécie cette marque de politesse, mais je lui explique que je suis en train de faire une semaine végétalienne, et que je n’ai malheureusement pas le droit de manger un caramel. Il comprend et me lance un « bon courage alors! ». Mais en fait, je n’en ai même pas besoin.

 

 


Info

Pour son dernier défi du Carême, Eva est restée muette toute une semaine…Sept longs jours sans prononcer un mot ! Retrouvez sa dernière chronique sur Tink.ch dès le mercredi 16 avril.

 

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