Culture | 18.04.2014

Une carte blanche qui donne la banane

Texte de Sarah Gay-Balmaz | Photos de Jamani Caillet
Vendredi dernier, le festival du Banane Comedy Club battait son plein à  Lausanne. Au Rolex Learning Center de l'EPFL, l'humoriste Thomas Wiesel avait carte blanche. L'occasion pour lui d'organiser un gala réunissant artistes confirmés et révélations. Reportage.
De gauche à  droite : Thomas Wiesel, Marina Rollman, Renaud & Malvin, Yoann Provenzano, Edem Labah, Kyan Kohjandi, Alexandre Kominek, Jacques Bonvin, Marie-Thérèse Porchet et Nathanaël Rochat ont enflammé le Rolex Learning Center, le 11 avril à  l'occasion du Banane Comedy Festival.
Photo: Jamani Caillet

Premier gagnant du tremplin Banane Comedy Club en 2012, c’est cette fois en tant que maître de cérémonie que Thomas Wiesel foulait la scène du Rolex Learning Center vendredi 11 avril. Parmi les soirées du Banane Comedy Festival, la carte blanche orchestrée par le jeune humoriste lausannois laissait place aux talents « de par ici » comme on dit. Mais pas que! Entre les humoristes découverts au fil des tremplins, comme le vainqueur 2014 Alexandre Kominek ou encore Marina Rollman, lauréate en 2013, on pouvait également retrouver Kyan Khojandi, un Français découvert par le biais de stand-ups puis avec la mini-série Bref. Une dizaine d’humoristes se sont ainsi succédés pour offrir une soirée conviviale!

Le stand up: humour de tous les jours

Les humoristes se suivent et ne se ressemblent pas. Malvin, membre du duo Malvin & Renaud finaliste de la deuxième édition du tremplin, et présent à  la soirée carte blanche, le remarque: « Chacun a son style… cependant de nos jours le stand-up est assez terre à  terre, souvent rattaché à  des faits quotidiens ». Edem Labah dépeint ses amis aux multiples origines avec les habitudes (souvent drôles) qui leur sont propres. Yoann Provenzano, le Romand suivi par des milliers de jeunes sur sa page où il poste de courtes vidéos, raconte quant à  lui son échange linguistique à  Londres. Tous puisent dans leurs expériences de tous les jours pour faire rire. Chaque passage est ponctué d’interventions caustiques de Thomas Wiesel, passé maître de l’amour vache envers ses collègues humoristes.

Solidarité ou compétition?

Entre chaque humoriste, les blagues fusent. Si les dents de l’un sont moquées, le flegme d’un autre est vanné. Preuve d’une certaine concurrence dans le monde de l’humour? Malvin confie que le milieu du stand up est moins communautaire que les spectacles d’improvisation, où il y a réellement un esprit de troupe. « En l’occurrence pour les « galas » et autres spectacles plus pros, chacun à  son sketch à  défendre individuellement, donc on devient forcément plus critique ». Il note cependant qu’en Suisse, un réseau d’humoristes fait que l’ambiance reste décontractée et conviviale.

Un art comme les autres

Si Kyan Kohjandi s’est fait connaître principalement à  la télévision (il rit d’ailleurs même de son surnom de « mec de Bref » depuis le succès de la mini-série du même nom), et Yoann Provenzano sur le net, plusieurs humoristes ont d’abord eu une formation théâtrale. Malvin & Renaud par exemple ont commencé dans une troupe, puis ont participé à  des spectacles d’improvisation avant de suivre les traces de Thomas Wiesel et se lancer dans le stand up. A croire que toutes ces formes de mises en scène se rejoignent finalement. Malvin explique que l’humour a toujours été en vogue avec des talents comme Coluche. Le genre a été par la suite popularisé par des groupes tels que les Nuls, les Inconnus ou encore les Robins des bois: « de nos jours, le stand up est devenu une branche distincte du théâtre, qui s’est démocratisée, sans pour autant être considérée comme un art pur ». Mais si le stand-up reste une forme d’humour « à  part », cela n’a pas empêché de francs éclats de rire dans la salle du Rolex Learning Center.


Info

Issu du partenariat entre la radio étudiante lausannoise Fréquence Banane et le Swiss Comedy Club, le Banane Comedy Club organise chaque année un festival d’humour et un tremplin destiné aux jeunes humoristes romands. La finale du tremplin s’est déroulée le 2 avril. Le festival a ensuite pris le relais du 8 au 12 avril; il s’est tenu en direct du campus universitaire lausannois, afin de fêter dignement les vingt ans de Fréquence Banane.