Politique | 30.04.2014

 » Il faut investir dans la formation et le partenariat social « 

Les syndicats ne sont pas tous d'accord sur l'initiative pour un salaire minimum soumise aux votations le 18 mai. L'organisation faîtière Employés Suisse, avec ses 70 associations et plus de 20'000 membres, se veut le représentant de la classe moyenne et ne soutient pas cette initiative. Sa porte-parole Virginie Jacquet nous explique pourquoi, selon elle, il n'est pas dans l'intérêt des salariés d'imposer un salaire minimum aux entreprises.
Virginie Jacquet, porte-parole d'Employés Suisse, défend une meilleure formation et un renforcement du partenariat social, ce lien qui assure la bonne entente des travailleurs dans leur domaine de travail.
Photo: Catherine Bellaïde

La situation en Suisse est assez exceptionnelle : une stabilité politique et économique, un taux de chômage à  2,3%. Pourquoi Employés Suisse s’oppose au salaire minimum ?

Depuis déjà  quelques années, force est de constater que ce sont les salaires de la classe moyenne qui ont le moins évolué. Si les entreprises venaient à  subir une pression supplémentaire pour augmenter les bas salaires, nous pourrions craindre à  une baisse des salaires moyens. Il faudra bien trouver l’argent quelque part et les salaires de la classe moyenne risquent d’être nivellés par le bas. Pour Employés Suisse, il faut investir dans la formation, de base et continue, et non dans un salaire minimum.

 

Les conventions collectives de travail actuelles sont-elle toujours adaptées au marché ?

Par vraiment. Le taux des couvertures des CCT est faible. Nous sommes pour un renforcement du partenariat social. Il faudrait que la possibilité d’étendre les CCT soit facilitée. Nous souhaitons un partenariat social plus fort dans chaque branche et chaque secteur d’activités.

 

Avec une augmentation de salaire, on peut penser que l’Etat encaissera plus d’impôts et il qu’il y aura une diminution de l’assistance aux personnes à  faible revenu. Quels sont les éléments qui vous dérangent le plus dans cette initiative ?

Peut-être que l’Etat encaissera plus d’impôts, et encore ce n’est pas sûr, mais cela représentera pour les entreprises une lourde augmentation des charges et, plus particulièrement, des coûts salariaux. Une charge très importante autant pour les petites entreprises que pour les plus grandes. Avec une telle mesure, nous pouvons nous attendre à  une répercussion sur le prix des produits, des suppressions de postes, des licenciements, voire même, dans certains cas, à  une délocalisation à  l’étranger.

 

 

Le 18 mai prochain, les Valaisans voteront sur le plan fédéral et sur le plan cantonal. L’initiative cantonale revendique 3’500 francs brut avec un 13e salaire. Selon vous, ce plancher salarial pourrait-il convenir au niveau fédéral ?

Nous ne sommes pas pour le principe d’un montant unique pour toute la Suisse et tous les secteurs, mais pour des solutions plus adaptées à  chaque branche professionnelle. Nous le constatons déjà  au sein de la branche MEM (industrie des machines, métaux et des équipements électriques) dans laquelle nous comptons une majorité de membres: la situation est différente dans chaque sous-branche. Il faut trouver une solution adaptée à  chacun. Nous appelons à  un renforcement du partenariat social et des droits de participation des employés dans les entreprises.

 

Info


Employés Suisse est une association faîtière qui compte 70 associations d’employés dans l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux ainsi que dans la chimie-pharma. Elle est active dans la défense des employés, majoritairement de la classe moyenne. L’association est indépendante politiquement et compte 23’000 membres.