Culture | 18.04.2014

Gesaffelstein: le prince de la techno?

Texte de Lucien Pannatier | Photos de Valentin Berclaz
Samedi dernier, la salle Moon du Caprices Festival est devenue le château personnel de la nouvelle star de la scène électronique Gesaffelstein, alias Mike Lévy. On en attendait beaucoup de lui. A-t-il su combler nos attentes?
Samedi soir au Caprices Festival, la salle entière et même les loges VIP ont dansé durant la totalité du set de Gesaffelstein, nouvelle icône de l'électro.
Photo: Valentin Berclaz

Dans une salle déjà  bien remplie, la tension commence à  se faire sentir aux alentours des 22h15, un quart d’heure avant l’arrivée du très attendu Gesaffelstein. Ce platiniste et compositeur de 29 ans originaire de Lyon est la nouvelle sensation de la scène techno. Avec neuf singles et un album, Mike s’est aussi fait connaître via différents spots publicitaires où sa musique a été utilisée, pour vanter des voitures ou des rouges à  lèvres.

 

Tension et esthétique minimaliste

22h30: entrée en scène de l’artiste dans son habituelle tenue, chemise blanche et veston noir. Les quelques premières minutes du concert ne sont que quelques sons plats et grésillements qui bourdonnent dans la grande cavité du Moon. Le public trépigne d’impatience, il a soif de beat et de basse fréquence. Soyez-en sur, ils seront servis!

 

Le live commence. Les beats profonds, sombres et violents, percutent les tympans des spectateurs avec une rythmique entêtante. Les volutes de fumigène et la fumée des cigarettes de Gesaffelstein flottent dans la  pâle et blanche lumière des projecteurs. A l’instar de sa musique –  qui alterne son et silence afin de créer une certaine tension – la lumière elle aussi joue sur une alternance « jour-nuit ».

 

D’un point de vue esthétique c’est simple, mais réussi. Un écran avec des images en nuance de gris et des projecteurs blancs. De temps à  autre une touche de rouge, mais le jeu de lumière se veut simple, minimaliste, percutant. Les projecteurs blafards, tel des lasers, viennent à  plusieurs reprises éblouir le public.

 

Des bases et des sons nouveaux

Durant une heure et quart exactement (et sans rappel, comme souvent au Caprices Festival), Mike Lévy va déverser sa techno enivrante sur un public en forme. La salle entière et même les loges VIP ont dansé durant la totalité du set sur les musiques apocalyptiques de l’artiste lyonnais. On notera tout de même un petit intermède plus calme vers le milieu du concert ainsi qu’une courte partie drum & bass inédite. Petit conseil pour le prochain album, monsieur Lévy, on apprécierait grandement une piste D&B de votre part, votre intermède nous a plus que convaincu!

 

Les fans reconnaissent les pistes phares de Gesaffelstein comme Viol, Pursuit ou encore Hate Or Glory. Il est intéressant de noter que, contrairement à  ce que l’on aurait pu imaginer, la salle n’était de loin pas remplie d’adolescents; mais mêlait les plus anciens et les plus jeunes. Public qui illustre bien la musique de Gesaffelstein, qui combine elle aussi les bases de la techno avec des sons nouveaux. Les spectateurs ne manqueront pas de lui faire ovation maintes fois durant le concert. Le live proposait un bon mélange entre le récent album et les anciens EP, de quoi satisfaire les fans de la première heure ainsi que les nouveaux arrivants!

 

A 23h45, le musicien termine le concert de manière un peu abrupte. Sans qu’on puisse lui en vouloir, la puissance du concert ainsi que la chaleur de la salle avait déjà  bien fatigué l’audience! Si la musique était une nourriture (et elle semble l’être pour certains) le chef lyonnais aurait rassasié ses convives avec ses sons amères mais délicieux, subtiles mais lourds, sombres mais oniriques.