08.03.2014

L’égalité hommes/femmes vue par 5 personnalités genevoises

Les débats sur l'égalité repartent de plus belle à  l'occasion de la Journée internationale de la femme le 8 mars. A Genève aujourd'hui, y a-t-il encore des combats à  mener ? Plus ou moins à  contre-courant, cinq personnalités genevoises emblématiques d'un certain conservatisme partagent leur appréciation de l'évolution de la société.
" Une femme doit se battre plus qu'un homme pour être reconnue. "
Photo: DR

« La lutte contre les stéréotypes de genre est fondamentale et l’apport des femmes dans des milieux traditionnellement masculins indéniable !», s’exclame Chris McSorley, entraîneur du Genève Servette Hockey Club. Avant d’ajouter : « La médaille de bronze rapportée de Sotchi par l’équipe suisse de hockey féminin le prouve !» Que ce soit en sport, en politique, ou dans les autres milieux considérés comme très “masculins”, la question de la place de la femme fait débat. Et pour beaucoup désormais, les discriminations subies sont liées à  la problématique des stéréotypes de genre. Du point de vue de l’entraîneur, « on n’opère aucune discrimination dans le milieu sportif. Seules les compétences et l’esprit d’équipe sont pris en compte. »

 

Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la revue militaire suisse mais aussi lieutenant-colonel de milice, observe quant à  lui que l’augmentation du nombre de femmes militaires au cours des quinze dernières années a été parallèle à  l’évolution de l’opinion. « Certaines d’entre elles ont d’abord été nommées à  des postes-clés pour des motifs politiquement corrects. » Ensuite seulement, la normalisation des standards de performance et d’objectifs a permis un recrutement égalitaire. « Aujourd’hui, l’apport des femmes dans l’armée est d’autant plus réel que les opérations militaires consistent moins à  combattre qu’à  maintenir la paix, assister les populations et les infrastructures, agir pour la médiation, l’information et la collaboration civile et militaire », complète-t-il.

 

Egalité salariale

« Pourquoi ne pas promouvoir l’égalité hommes/femmes à  Genève de nos jours ?» Du côté des femmes, Martine Brunschwig Graf, ancienne présidente du PLR genevois et actuelle présidente de la Commission fédérale contre le racisme affirme: « Nous n’avons pas encore obtenu tous les résultats escomptés, notamment en matière d’égalité salariale. » Même si elle remarque que l’instauration d’un salaire minimum ne répondrait pas à  la problématique de la discrimination salariale liée au sexe, distincte de celle du salaire à  l’embauche.

 

A ce propos, Eric Stauffer, président du MCG, est catégorique : pas question pour lui de céder à  la tentation du salaire minimum. « Ca serait une grosse bêtise qui nivellerait tous les salaires par le bas : une coiffeuse ne doit pas gagner autant qu’un avocat !» Il en profite pour glisser que « les stéréotypes sont notamment tenaces au sein de certaines communautés d’immigrés.» Tout en ne niant pas qu’il reste « encore beaucoup à  faire pour l’égalité hommes/femmes. »

 

Continuer à  se battre

« La Journée internationale des femmes est l’occasion de rendre hommage à  celles qui se sont battues pour l’égalité et de rappeler la nécessité de continuer à  se battre. » Aux yeux de Céline Amaudruz, conseillère nationale et présidente de l’UDC de Genève, l’égalité passera par l’éducation, notamment par la promotion des formations professionnelles de niveau supérieur. « Il faut faire valoir le droit des femmes à  obtenir le salaire, le statut hiérarchique et la carrière qui correspondent à  leurs compétences. On sait qu’une femme doit se battre plus qu’un homme pour être reconnue. », conclut-elle.

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