Culture | 31.03.2014

Fifog 2014: le corps, la Syrie et Tahar Ben Jelloun

Texte de Juliette Ivanez | Photos de DR
Pour son édition 2014, le FIFOG (Festival International du Film Oriental de Genève) accueille un invité de marque. L'écrivain et poète marocain Tahar Ben Jelloun sera en effet le parrain de la 9ème édition du FIFOG, du 4 au 13 avril à  Genève.
Tahar Ben Jelloun participera notamment à  une projection-débat le 12 avril.
Photo: DR

Une thématique est au centre du festival cette année: la représentation du corps au cinéma. Entre pudeur et censure d’un côté, sincérité et voyeurisme de l’autre, pour quelles représentations du corps les réalisateurs optent-ils en Orient ? « Dans le cinéma oriental, le tabou n’a pas toujours frappé le corps », fait remarquer Tahar Houchi, directeur artistique du FIFOG, dans un mot rédigé pour le catalogue de la manifestation. Plusieurs films seront projetés autour de cette thématique. Dunia, long-métrage égyptien de Jocelyne Saab, avait suscité un tollé à  sa sortie en 2005 au Caire parce qu’il aborde sans détour les thèmes du désir féminin et de l’excision. Dans Wajma, une fiancée afghane, sorti en 2013, Barmak Akram met en scène une jeune fille qui entretient une relation amoureuse hors mariage. Camille Thomine, jeune journaliste au Monde Académie, avait rencontré en novembre 2013 l’actrice Wajma Bahar – qui porte le même prénom que le personnage principal bien que ce dernier soit fictionnel: tiraillée entre sa passion pour son métier et son respect des traditions, la comédienne expliquait combien il avait été difficile pour elle d’assumer « le tout premier baiser du cinéma afghan ».

 

Le FIFOG présente cette année 115 Š«uvres cinématographiques, dont de nombreux inédits, en provenance des pays orientaux mais pas seulement: un documentaire belge et une coproduction Croatie-Slovénie-Bosnie sont notamment à  l’affiche. Comme à  l’accoutumée, les films présentés concourent dans trois catégories: longs-métrages, documentaires et courts-métrages. Une place particulière est accordée cette année aux cinéastes syriens, avec la projection de cinq longs-métrages et deux documentaires produits ou co-produits dans ce pays. A noter également, le court documentaire J’existe de Tara Parsa, étudiante iranienne à  la Haute Ecole d’Arts et de Design de Genève, qui a suivi le quotidien des enseignants et étudiants de l’Université d’Art de Téhéran.

 

Tahar Ben Jelloun, parrain de cette édition, est notamment l’auteur du livre Le Racisme expliqué à  ma fille paru en 1998. Il participera à  une projection-débat le 12 avril sur le thème «Le corps, objet de désir et de représentations idéologiques», en présence de la réalisatrice Amanda Homsi-Ottosson et de l’activiste du mouvement Femen Alexandra Chevtchenko.

 

 


Info

 

Lieux de projection: à  Genève, Cinémas du Grütli (projections spéciales: Le Chat Noir, Office des Nations Unies, Centre religieux et culturel Hekhal Haness) ; à  Versoix, CinéVersoix ; à  Lausanne, Zinéma ; à  Gex, Cinéma-club.

Programme complet et tarifs sur le site officiel du FIFOG