25.02.2014

L’impact économique du changement climatique

Texte de Chrystelle Conus | Photos de Chrystelle Conus
Lors d'une conférence le 18 février à  Genève, le professeur Jørgen Randers a prédit pour 2052 un monde contraint à  un nouveau modèle économique.
D'après l'éminent Norvégien, "la société devra allouer de plus en plus de travail et de capital" pour s'adapter à  son nouvel environnement et réparer les dommages qu'elle lui aura causés.
Photo: Chrystelle Conus

Selon les projections pour l’an 2052 du spécialiste en stratégie climatique Jørgen Randers, le changement climatique imposera une réorganisation globale des activités économiques. Les modèles de développement socio-économiques actuels, qui provoquent des dégâts environnementaux, seraient en cause. Dans quarante ans, l’écologie constituerait alors une contrainte économique incontournable.

 

La prévision peut surprendre, car les effets du changement climatique sur les activités humaines sont rarement mentionnés. Bien que la communauté scientifique désigne les activités humaines comme la cause du changement climatique et que les dégâts environnementaux corrélatifs soient largement pointés du doigt. D’après l’éminent Norvégien, « la société devra allouer de plus en plus de travail et de capital » pour s’adapter à  son nouvel environnement et réparer les dommages qu’elle lui aura causés. « C’est pessimiste, mais je suis sûr de mes calculs », a déclaré, pour faire réagir l’assistance, le nouveau professeur de l’Université de Genève.

 

Limiter l’empreinte écologique des pays riches

N’y aurait-il aucune alternative à  cette sombre perspective ? Selon l’expert en économie et développement durable, limiter les multiples conséquences du changement climatique reste possible, du moins en théorie. Ainsi Jørgen Randers prône-t-il l’abolition du recours aux énergies fossiles dans les dix ans. Plus généralement, il préconise une limitation drastique de l’empreinte écologique des pays riches à  travers une sorte d’ascèse. Moins d’enfants, moins de production, et moins « d’obsession de la richesse » à  court terme permettraient ainsi de garantir davantage de pouvoir d’achat, de sécurité et de bien-être à  moyen terme.

 

Jørgen Randers a cependant avoué ne placer que peu d’espoir dans ses propres prescriptions, tant elles s’opposent à  la nature humaine. Il a également admis les limites des modèles économiques et politiques dominants, tournés vers l’efficacité immédiate : « Le capitalisme et la démocratie font obstacle au développement durable. »

 

Sur son tableau noir, l’économiste norvégien n’a dessiné qu’une seule courbe jugée positive: contrairement aux prévisions extrêmes de certains organismes, la population mondiale ne devrait pas dépasser en 2052 les huit milliards d’individus.

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