Politique | 31.01.2014

Un Oui pour la Suisse

Texte de Quentin Schwarz | Photos de Katharina Good
Le "problème" des initiatives de l'UDC c'est qu'elles portent à  régler de vrais problèmes sur notre situation politique pendant que les autres partis préfèrent s'en cacher. Malheureusement, nos voisins nous démontrent jour après jour que la politique de l'autruche et de l'attentisme est catastrophique et non sans dommage à  long terme.
En réalité, plusieurs pays de l'UE attendent avec impatience le 9 février car du centre de l'Europe la démocratie Suisse va insuffler l'idée d'un vent nouveau sur le monstre européen.
Photo: Katharina Good

Mais que demande vraiment l’initiative UDC du 9 février prochain ? Si j’en écoute les socialistes et leurs amis du moment, j’en conclus que nous allons nous enfermer dans une Helvétie étanche et aseptisée du reste du monde. J’ai l’impression que nos industries, nos PME et nos grandes entreprises se retrouveront orphelines de leurs braves employés frontaliers et étrangers qui nous apportent tant de bienfaits. J’ai l’impression que le Lavaux se retrouvera à  marcher au ralenti, faute de petites mains étrangères (payées au noir – ou pas) qui ne pourront aider nos vignobles à  se vendanger. L’industrie horlogère se figera, faute de main d’oeuvre, et l’on pourrait presque croire à  un blackout des services informatiques tant nous manquons d’informaticiens suisses à  disposition.

 

En réalité, l’initiative, si elle est acceptée, n’aboutira à  rien de tout cela. Elle permettra simplement de redonner le contrôle migratoire à  des instances fédérales et non à  la hiérarchie despotique du système administratif et non-démocratique de l’Union Européenne. Le but de l’UDC est simple ; pouvoir gérer nos frontières en amont de nos besoins afin de maximiser le contrôle de notre pays, réduire le dumping salarial et éviter la perte de compétence absolue des milieux soumis aux méfaits de l’internationalisme. Je parle ici des médecins, par exemple, que nous importons de l’étranger, et dont les compétences sont d’une faiblesse inquiétante, des dentistes qui n’ont pas la même sensibilité à  l’hygiène dentaire que celle qu’inculquent nos formations toutes suisses, des infirmières étrangères qui concurrencent les nôtres, avec des moeurs et des idéologies différentes, et surtout, un salaire concurrentiel qui rend impossible la vie financière des infirmières locales. La condition de ces milieux n’a pas évolué en plus de dix ans malgré de multiples appels à  l’aide et pseudo-conventions.

 

Obliger les entreprises à  nous employer avant les frontaliers

Est-il normal d’abandonner systématiquement le Tessin sous les gîtes d’une Italie en manque de travail ? Est-il normal d’accepter une augmentation considérable du chômage des jeunes alors que nous importons une main-d’oeuvre étrangère pas chère? Non, ce n’est pas normal. Tous les pays du monde appliquent actuellement une tendance à  la préférence nationale. Alors oui, il est compréhensible que les milieux économiques ne voient pas d’un bon oeil cette initiative qui les obligeraient à  piocher le plus cher à  défaut d’économiser sur un salarié étranger. Mais où est le problème ? Préférons-nous obliger les entreprises à  nous employer avant nos frontaliers, ou préférons-nous attendre que nos salaires et notre pouvoir d’achat baisse pour venir s’affilier à  la médiane salariale européenne ? Nous voulons une Suisse performante, qui protège ses richesses et ses compétences, et qui puisse faire venir au gré de ses besoins la main-d’oeuvre étrangère nécessaire. Il est donc évident que l’initiative ne compte pas fermer nos frontières. C’est tout l’inverse puisqu’elle demande l’établissement de contingents en fonction d’impératifs uniquement économiques.

 

Quels avantages à  réinstaurer les contingents ? Ils nous permettront de gérer les flux par besoins et par secteurs, de mieux prévoir la formation des corps de métiers nécessaires au pays sans être sous la contrainte de flux aléatoires rendant impossible la prévision réelle des besoins sur le terrain. Ainsi, les vignobles ne se verront pas couper de la main-d’oeuvre utile à  leurs récoltes, les informaticiens ne disparaîtront pas du jour au lendemain puisque le contingent stipulera leur nécessité. De même pour les secteurs de l’horlogerie : rien ne les empêchera d’obtenir leurs travailleurs. C’est l’Etat fédéral qui aura la responsabilité de gérer les contingents avec l’appréciation des cantons et des partenaires économiques, ce qui constitue une application stricte de notre Constitution.

 

La Suisse, en exemple pour les autres pays?

Il est temps que la Suisse reprenne le chemin de sa souveraineté face à  la puissance européenne, inquisitrice et dictatoriale. L’initiative UDC est une parfaite réponse aux problèmes d’immigration de masse que nous subissons actuellement, et qui s’amplifiera ces prochaines années. Alors vient l’argument ultime, l’argument du faible d’esprit, du simplet, de celui qui tremble devant l’ennemi idéologique. Oui, l’Union Européenne va « se fâcher, haussera le ton », que dis-je, elle va carrément « dénoncer nos accords bilatéraux ! La Suisse se retrouvera isolée de son premier partenaire économique … » aïe  « … La gifle européenne en réponse à  cet affront sera redoutable et mettra fin au règne d’une Helvétie vieille de bientôt 724 ans ! Ayez crainte citoyens … »

 

Que-nenni, l’Union Européenne est embourbée dans une vague de criminalité venue des pays de l’Est, une vague d’immigration extra-européenne complètement incontrôlée et incontrôlable, une vague d’idéologies inappropriées aux valeurs occidentales et cette Union n’a aucune capacité de discussion pour prendre des mesures, même par consensus, afin de lutter contre ses problèmes  migratoires et intra-migratoires. Si l’Union Européenne accepte de discuter de son problème cela signifierait d’accepter de s’avouer fautive et donc … vaincue, et elle ne peut pas l’admettre, administration impériale oblige. Elle se refuse donc à  régler ses propres problèmes migratoires.

 

En réalité, plusieurs pays de l’UE attendent avec impatience le 9 février, certains sans même le savoir, car du centre de l’Europe la démocratie Suisse va insuffler l’idée d’un vent nouveau sur le monstre européen. L’Europe devra aborder la question, grâce à  l’acceptation suisse (si tant est que le peuple l’accepte), et la Grande Bretagne, les Pays-Bas, la Norvège et certainement bien d’autres pays en profiteront pour demander une renégociation des accords de libre circulation des personnes suite à  la décision du pays d’Helvétie. Ce tabou brisé, l’Union n’osera certainement pas s’en prendre à  la Suisse, tout simplement parce que ces pays pré-cités s’opposeraient à  dénoncer les accords bilatéraux (une voix suffit pour empêcher cette décision au sein de l’UE) et le soutien au peuple helvétique sonnera le glas d’une réussite démocratique incontestable qui se perpétue sous le nez de la grande dictature administrative européenne. Je crois que c’est bel et bien le rôle de la Suisse que de montrer à  ce puissant qu’il n’est pas en droit d’usurper le pouvoir des peuples, et qu’il n’est pas en droit de dicter à  un Etat non-membre quoi que ce soit quand à  sa politique aux frontières.

 

Un pays prospère qui doit conserver ses valeurs

La Suisse est l’un des pays les plus riches du monde, le taux de pauvreté y est scandaleusement faible, tout comme notre taux de chômage, notre économie est florissante, notre pouvoir d’achat se maintient à  des niveaux rarement égalés, le peuple est libre, les emplois à  temps partiels y sont nombreux, preuve de notre bonne santé. Mais cette prospérité ne tombe pas du ciel, elle vient de nos choix communs, cette prospérité est la conséquence des bonnes décisions prises par le peuple et je suis persuadé que l’initiative permettra de donner les outils nécessaires à  notre gouvernement pour pouvoir maintenir la qualité de vie de tout citoyen et ressortissant vivant ici.

 

Il est du devoir des citoyens de refuser la méprise idéologique et le non-respect des valeurs de réussite qui ont forgé notre pays. Si la Suisse a réussi jusqu’à  nos jours c’est grâce à  notre humanité, notre cohésion sociale, au respect mutuel entre patronat et salariés, ce respect entre politique et citoyen, ce respect entre élite et diplômé de capacité fédérale, ce respect entre prestataires et clients. La Suisse de la réussite est une Suisse de valeur, et nous sommes en devoir de protéger nos moeurs et de combattre les idéologies vénales de nos voisins, pour certains assoiffés, venu piller une mine d’or au centre d’une Europe appauvrie. Il est temps d’arrêter de se faire écraser par des gens qui ne veulent pas nous respecter et respecter nos valeurs.

 

L’initiative contre l’immigration de masse du 9 janvier est un premier pilier à  ce vertueux chemin, malgré les invectives des élites qui se permettent d’accuser le peuple de ne pas savoir voter. Mais heureusement, seule l’intimité des urnes décidera de l’avenir, et jusqu’à  aujourd’hui le peuple a toujours su choisir la meilleure des solutions pour se sortir des mauvais vents.