Culture | 28.01.2014

Un festival en perpétuelle évolution

Véritable focus sur le cinéma africain à  ses débuts, ce qui lui a valu son nom, le Black Movie se consacre désormais au cinéma indépendant du monde entier. Au fil des éditions, il est devenu un rendez-vous incontournable à  Genève. Du 17 au 26 janvier 2014, le festival a soufflé ses quinze bougies, l'occasion de revenir sur son évolution et les souvenirs qui l'accompagnent.
Maria Watzlawick et Kate Reidy, directrices du Black Movie: «Pour 2014, c'est un bilan extrêmement positif auquel on ne s'attendait pas. Mais il est encore un peu tôt pour en comprendre les raisons.»
Photo: Miguel Bueno L'édition 2014 du Black Movie s'est tenue du 17 au 26 janvier à  Genève.

Surav Sarangi, Takashi Miike, Hong Sang-soo, Pablo Stoll… Tous ces réalisateurs sont désormais des habitués du Black Movie, festival de films indépendants à  Genève, dont la quinzième édition s’est clôturée dimanche dernier. «Quinze ans, c’est déjà  un âge conséquent, reconnaît Kate Reidy, co-directrice du festival. Mais nous n’avons pas atteint l’âge de raison pour autant. Il me semble que ce que nous proposons dans le cadre du festival n’est pas très raisonnable!»

 

Ca se fête!

Et il n’y a pas d’anniversaire sans faire la fête! Cette année, le Black Movie a tenu à  célébrer l’évènement en donnant carte blanche à  cinq réalisateurs phares du festival. Chacun a pu présenter le film d’un auteur de son choix encore peu connu, dans une section intitulée «Le choix des maîtres». Le festival a également voulu s’offrir un petit cadeau avec une section spéciale dans sa programmation, regroupant les quinze films favoris de l’équipe du Black Movie parmi tous ceux programmés depuis ses débuts. Les spectateurs les plus fidèles ont donc eu le plaisir de retrouver La vierge mise à  nu par ses prétendants de Hong Sang-soo (2000), Los Bastardos d’Amat Escalante (2008) ou encore Memories of a murder de Bong Joon-ho (2003).

 

Pour compléter cette rétrospective, les portraits, réalisés par des photographes genevois, de nombreux invités présents tout au long de ces quinze années ont été exposés dans les bureaux du magazine Go Out!, partenaire du festival. L’occasion pour chacun de se replonger dans les souvenirs du Black Movie en attendant la prochaine édition…

 

Toujours plus de succès

Attiré par son esprit original, décalé et indépendant, les spectateurs sont de plus en plus nombreux à  se rendre au Black Movie. Le festival annonce lui-même que, depuis sa création en 1999, la fréquentation a augmenté de 475%, un chiffre spectaculaire dans le milieu du cinéma. Avec 125 films projetés et près de 50 invités, l’édition 2014 ne déroge pas à  la règle avec une hausse de 25% de la fréquentation des festivaliers, dont 40% de spectateurs dans les salles de cinéma. Maria Watzlawick et Kate Reidy, directrices du festival depuis 2001 et 2003, s’en félicitent: «C’est un bilan extrêmement positif auquel on ne s’attendait pas. Mais il est encore un peu tôt pour en comprendre les raisons.»

 

Les éditions se suivent mais ne se ressemblent pas

En quinze ans, beaucoup de choses ont changé. Le festival dispose désormais de moyens plus importants permettant une programmation élargie, représentative d’un plus grand nombre de pays. La manifestation bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale malgré la difficulté de se faire une place en Suisse à  côté de l’imposant Festival International de Films de Fribourg. Pour Bastian Meiresonne, spécialiste du cinéma asiatique et fidèle collaborateur du Black Movie depuis plusieurs années, la créativité infinie des directrices et l’évolution du festival au fil des éditions n’ont pas entravé son fil rouge: «Chaque année, le festival se renouvelle tout en gardant sa philosophie première: montrer des choses qu’on ne voit pas forcément ailleurs, inciter au débat et à  la réflexion.»

 

Le public non plus n’est pas indifférent à  l’évolution qu’a connue le festival genevois ces dernières années. Camille trouve les films proposés encore plus osés, à  l’image de La saveur de la pastèque du taïwanais Tsaï Ming-Liang rediffusé dans la section «Happy Birthday!». Quant à  Laëtitia et Mariella, elles remarquent une programmation plus étendue au niveau géographique: «Avant, les pays représentés étaient surtout des pays du sud et d’Asie alors que maintenant il y a aussi des films européens.»