Sport | 29.01.2014

Le tir sportif vu par Yvan Perrin

Texte de Lena Würgler
En dehors de sa fonction de Conseiller d'Etat, l'UDC Yvan Perrin est aussi président de la Société neuchâteloise de tir sportif. En marge du championnat romand de tir au pistolet qui s'est tenu le 25 janvier dernier entre la Chaux-de-Fonds et Savagnier, nous l'avons rencontré au château de Neuchâtel. Il partage avec nous sa vision de ce sport controversé.
En dehors de sa fonction de Conseiller d'Etat, l'UDC Yvan Perrin est aussi président de la société neuchâteloise de tir sportif. Photo : DR

Tink.ch : Comment êtes-vous arrivé à  la tête de la société de tir sportif ?

Yvan Perrin: Par hasard. Les membres de la Société neuchâteloise de tir sportif (SNTS) étaient à  la recherche d’un président depuis dix-huit mois déjà . A l’époque, ils m’ont entendu m’exprimer dans les médias au sujet de la campagne concernant l’initiative du GSSA (Groupe pour une Suisse Sans Armée), dite « contre la violence des armes ». Ils ont estimé que je constituerais un président convenable et m’ont contacté. J’ai accepté, parce que je pratiquais volontiers le tir pendant mes loisirs, lors de courses de patrouille par exemple. De plus, pendant mes vingt-deux ans à  la police, j’avais toujours un pistolet à  la ceinture. Mais je n’avais jamais été membre d’une société auparavant.

 

Qu’est ce qui vous plaît dans ce sport ?

Il y a un esprit de compétition qui est sain. Ce sport exige de la maîtrise de soi, la nécessité de rester calme et de gérer le stress. Cet état d’esprit correspond assez bien au mien. J’apprécie aussi l’ambiance dans les stands, la camaraderie. Lors de tirs en campagne, par exemple, c’est vraiment la fête. Les gens viennent, tirent, puis passent l’après-midi à  commenter leurs résultats, trouvant toutes sortes d’excuses pour expliquer pourquoi leur score est plus mauvais qu’espéré. Mais cela n’est jamais leur faute (sourire).

 

Pourquoi pensez-vous que beaucoup de gens voient ce sport d’un mauvais Š«il ?

L’image que l’on a des armes à  feu est avant tout celles que reflètent les faits divers. Les médias parlent plus volontiers du braquage de la banque du coin que du résultat du championnat de groupe. Ensuite, on fait un lien erroné entre l’usage sportif et l’usage criminel des armes à  feu. Tout est mis dans le même sac, donnant une image biaisée de notre sport, qui ne correspond pas du tout à  la réalité. Le tireur est en fait quelqu’un qui a besoin d’une très grande maîtrise de lui-même.

 

La Société neuchâteloise de tir sportif accepte des participants dès dix ans. N’est-ce pas trop jeune pour tenir une arme ?

Non, parce que ces jeunes sont encadrés. De plus, ils tirent avec des armes adaptées à  leur âge. Simplement, si vous voulez vraiment intégrer l’élite un jour, il faut commencer relativement tôt. Si vous regardez le parcours des grands champions que nous avons dans notre pays, vous pourrez constater qu’ils ont commencé très jeunes et qu’ils ont fait preuve d’un engagement très intense tout au long de leur carrière.

 

Participez-vous à  des championnats, comme celui du weekend passé ?

Non, je n’ai pas le niveau. Je me contente des tirs de sociétés. Je tire pour moi, pour m’entraîner et essayer de ne pas trop baisser de niveau. Mais cette dernière année, avec les élections et mon entrée en fonction un peu chaotique, je n’ai pas eu l’occasion de tirer suffisamment. D’ailleurs, je redoute le premier jour de tir, parce que je pense que je vais bletzer (reboucher les trous, sic.) beaucoup plus avec des blancs qu’avec des noirs.

 

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