Culture | 13.01.2014

Kadebostany conquiert le monde en passant par le Bourask Festival

Une heure avant leur passage au Bourask Festival le 11 janvier à  Venthône (VS) Tink.ch a rencontré le groupe déjanté Kadebostany. Interview.
"Peu importe l'étiquette, tant qu'elle amène les gens à  notre musique" Photos: © Valentin Berclaz

D’où vient le nom « Kadebostany » ?

Kadebostan: Kadebostan c’est mon nom, et j’ai eu l’envie de créer un groupe, pour aller un peu plus loin artistiquement. L’idée de créer un pays m’est venue, en dix minutes tout le concept a été posé. Pourquoi me limiter à  un groupe alors que je pourrais créer un pays, devenir le président et avoir des ambassadeurs ? Tout le concept du costume, de la manière de communiquer, toute l’esthétique sont venus naturellement. La création s’est passée en 2008, nous sommes là  pour notre 2ème album « Pop Collection ». Nous avons déjà  fait deux disques et de nombreuses tournées.

 

Pourquoi vous appeliez-vous « The National Fanfare Of Kadebostany » et avez ensuite changé pour le deuxième album en « Kadebostany » ?

Notre premier album s’appelle « Songs From Kadebostany » et était plus dédié au folklore kadebostanien. Il était plus « fanfaristique », tandis que le dernier disque, « Pop Collection », tourne autour de la pop kadebostanienne : tous les hits joués sur la radio nationale de Kadebostany. La notion de fanfare est beaucoup moins présente : les cuivres restent une composante, mais ne sont plus les instruments principaux.

 

Sur le site du Bourask Festival, ils vous ont défini comme un groupe d’Électro Orchestrale, trouvez-vous que c’est un terme approprié à  votre genre ?

Notre genre est indéfinissable. L’album s’appelle «Pop Collection », mais « pop » dans le sens positif, fédérateur et populaire. Certaines personnes voient la pop comme quelque chose de mauvais, de négatif, avec des envies commerciales. Et j’ai oublié ta question en fait ! (rires) Pour nous, la pop, ça peut-être du hip-hop, de l’électro… Pour ce disque, j’ai eu la chance de rencontrer Amina dans un club en Kadebostany, sa voix en est devenue le fil conducteur. Pour répondre à  ta question, nous avons autant de genres que d’étiquettes données par les journalistes. Le genre n’est pas important, ce qui compte c’est que les gens viennent à  toi et découvrent ta musique, ton univers. Et si l’on nous met une étiquette « Electro Trap ragga pop », peu importe, tant que ça les amène à  notre musique.

 

Dans une précédente interview, vous affirmez avoir été dans le top des charts en Grèce et en Turquie, même devant Rihanna. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Je pense que c’est hyper positif, car on peut arriver avec un disque qui fédère, sans plan marketing de centaines de millions de dollars et plaire à  un nombre incalculable de gens, les toucher et qu’ils aient envie d’acheter ta musique. On est très fiers de cette réussite et on compte bien récidiver…

Amina : … dans le monde entier !

 

Dans la même idée, vous n’êtes pas le premier groupe suisse qui marche bien mieux à  l’étranger qu’en Suisse, n’est-ce pas étonnant ?

Amina: On n’est jamais prophète en son pays !

Kadebostan: La Suisse n’est pas forcément notre pays d’attache. On a créé la République de Kadebostany justement pour s’affranchir de ce phénomène. L’idée était de faire de la musique et ne pas se soucier des frontières. Nous avons eu la chance dès le début de pouvoir tourner dans de nombreux pays comme le Mexique, la Russie, la Pologne, la France. Tout a été assez vite. Nous ne sommes pas passés par le schéma habituel «jouer d’abord dans notre ville et laisser le bouche-à -oreille faire son effet». On a tout de suite tapé très fort. On a d’abord conquis l’étranger, et si la Suisse nous appelle un jour, eh bien pourquoi pas ?

 

Quels sont vos projets d’avenir ?

Amina: On a fait une première partie de tournée jusqu’à  la fin de l’année passée. À partir d’aujourd’hui, nous allons conquérir le monde et l’Europe ! (rires) Nous avons énormément de dates. Nous restons des artistes donc nous travaillons en même temps à  côté sur de nouveaux morceaux. Kadebostany n’a pas de limites, cela peut toucher tellement de domaines. On laisse donc le projet éclore et Dieu seul sait où demain le projet va nous mener !

 

En sommes, vous ne vous posez aucune limite !

Kadebostan: C’est un peu symptomatique de notre génération. Les gens ne disent pas « je n’écoute que de l’électro » ou « je n’écoute que du hip-hop». Notre public est autant capable d’aller dans une rave et, le lendemain, assister à  un concert de rock. On a cette mentalité d’être le plus ouvert possible. Le fait d’avoir créé ce pays permet, en tant qu’artiste, de faire ce que l’on veut sans recevoir de critiques du style « ils ont fait un virage pop ». Être un artiste c’est être à  l’écoute de ses sentiments, de ses émotions. Je trouverais horrible d’être enfermé dans un cadre. Je préfère être spontané, complètement libre et je crois que c’est un luxe de nos jours !