Culture | 13.01.2014

Le cinéma en chute libre

Chaque début d'année, il est l'heure de faire le point et d'envisager les perspectives à  venir. On savait le bilan du cinéma peu engageant et les chiffres le prouvent avec une baisse notable du taux de fréquentation des salles obscures en 2013. Les espoirs pour 2014 sont donc plutôt mitigés.
Après une baisse de la fréquentation des salles obscures l'année dernière, faut-il s'attendre à  un rebond en 2014?
Photo: Rainer Sturm / pixelio.de

On ne peut pas dire que l’année 2013 ait été bénéfique pour le cinéma. Le bilan traditionnel de fin d’année était attendu avec appréhension, et les chiffres sont formels. Dans un article du 30 décembre dernier, la Tribune de Genève annonçait une diminution de 15% du chiffre d’affaires des cinémas suisses par rapport à  l’année 2012. Quant à  la fréquentation, elle a aussi subi une baisse de 10% selon Umberto Tedeschi, directeur de la programmation des cinémas Pathé de Suisse romande. La Suisse n’est pas la seule concernée: en France, les statistiques du Centre National du Cinéma et de l’image animée indiquent qu’aucun film n’a dépassé les 5 millions d’entrées, contre 3 en 2012. Les raisons de cette déconfiture? Toujours selon Umberto Tedeschi, deux explications majeures: d’une part, les blockbusters américains tels que Iron Man 3, Hunger Games ou Fast and Furious 6, bien qu’en tête du box office, n’ont pas eu le succès escompté; d’autre part, les films français, très attendus avant leur sortie, n’ont finalement pas conquis le public. «Les films français et américains représentent 80% du marché en Suisse romande alors s’ils ne marchent pas fort, on ne peut pas avoir une bonne année», explique le directeur de la programmation.

 

Le bilan est plus positif du côté du cinéma indépendant, car si le public a tourné le dos aux multiplex, il a été plus nombreux dans les nombreux festivals de cinéma de Genève. Le Festival et Forum International pour les Droits Humains (FIFDH) ainsi que Cinéma Tous Ecrans ont enregistré en 2013 une fréquentation record. La Maison des Arts du Grütli indique également que le nombre de spectateurs du Black Movie augmente chaque année. Malgré tout, il y a eu en 2013 beaucoup d’attente pour peu de satisfaction, et ce bilan décevant oblige le monde du cinéma à  s’annoncer prudent quant aux prédictions pour 2014.

 

2014: entre crainte et espoir

Même s’il est un peu tôt pour se prononcer sur la tendance de l’année à  venir, l’absence de gros succès empêche les professionnels du cinéma d’être optimistes. Aucun nouveau James Bond n’est programmé, la sortie du prochain Fast and Furious est reportée en raison du décès de l’acteur principal Paul Walker en novembre dernier. Et il faudra attendre la fin de l’année pour découvrir le dernier volet du Hobbit ou encore le prochain Hunger Games. «Sans grosse locomotive, on ne s’attend par à  une année 2014 extraordinaire», regrette Umberto Tedeschi. Les blockbusters seront en revanche toujours au rendez-vous avec de nombreux films attendus durant l’été (X-men: days of future past, The amazing Spider-man 2, Godzilla…), mais leur succès dépendra de l’accueil réservé par le public.

 

Désormais, il ne suffit plus de multiplier les suites, les prequel – qui relatent les évènements précédant l’histoire principale – ou les adaptations mais d’attiser la curiosité du spectateur avec des films hors du commun. Noé, le prochain film de Darren Aronofsky, ou encore Angelina Jolie en sorcière de la Belle au bois dormant dans Maléfique, laissent espérer du spectaculaire et de la surprise. Du côté des comédies françaises, elles s’annoncent prometteuses: le retour des Inconnus et la nouvelle réalisation de Dany Boon, Supercondriaque, devraient attirer le public francophone en nombre. Sans oublier les succès sortis fin 2013 et toujours sur les écrans, comme Les garçons et Guillaume, à  table! ou encore Le loup de Wall Street qui ont réalisé un très beau démarrage.