Culture | 03.12.2013

Pour ses 40 ans, l’Ecole de Musique de Rolle et Environs met le paquet

Texte de Xavier Willemin
Allier musique, théâtre et robotique, c'est le pari ambitieux que relève Mécamorphose, le spectacle mis en scène par l'Ecole de Musique de Rolle et environs à  l'occasion de son quarantième anniversaire, fêté durant les deux derniers week-ends de novembre.
Au premier plan : les mécamorphes, petits robots expérimentaux du Professeur D (arrière plan). A droite, Perkins, le robot humanoïde. Dans l'atelier, toutes les lumières sont robotisées. Photo : DR

L’Ecole de Musique de Rolle et Environs (EMRE) a décidé de taper fort pour son quarantième anniversaire. Près de 200 bénévoles se sont attelés à  préparer Mécamorphose, un spectacle mêlant musique, théâtre et robotique, interprété pas moins de six fois sur les deux derniers week-ends de novembre; la dernière représentation a eu lieu le 1er décembre. Pour l’occasion, les caves désaffectées de Gilly-Bursinel ont été mises à  contribution dans le but de créer un décor industriel inégalable.

 

Depuis sa création originale «A l’horizon de Janus», Thierry Besançon, compositeur du spectacle «Mécamorphose», a acquis une très forte expérience dans la musique électronique. Avec cette oeuvre, ce style musical devient sa marque de fabrique. Une bonne façon de retranscrire en musique l’univers délirant de son cerveau bouillonnant. A peine descendu de scène, il explique sa démarche : « J’utilise les sons de mon synthétiseur dans un premier temps. Ensuite, Nicolas [Descloux, digital audio designer, ndlr] m’en propose aussi et nous réalisons souvent un mélange des deux ».

 

Une technique parfaitement mesurée

L’intégration de bruitages électroniques demande une infrastructure importante. En premier lieu, le son est diffusé en trois dimensions (surround) grâce à  de nombreux haut-parleurs, pour une immersion encore plus réelle. « C’est génial, on a vraiment l’impression d’être dans le labo du professeur D avec ces sons qui viennent de tous les côtés ! », confie Elisa, 12 ans, à  la fin du spectacle. Deuxièmement, les sons sont créés par séquences parfaitement mesurées. Il est donc nécessaire que le chef d’orchestre soit parfaitement synchronisé avec les bruitages. Pour cela, certains passages se jouent au métronome : une oreillette donne le tempo au chef.

 

Compte tenu de cette collaboration, on se demande qui de l’ingénieur du son ou du compositeur doit réaliser le travail le plus important, tant les effets sont finement réalisés et intégrés à  l’ensemble de vents et percussions. L’effet du flashback musical alors que le Professeur D importe dans son cerveau la conscience d’un chef d’orchestre fait partie des plus impressionants et réussis. Pour cela, Nicolas Descloux a concu un pot-pourri des grands hits de la musique classique et les a combiné pour créer un climat apocalyptique.

 

L’utilisation importante de petits robots issus de l’EPFL dans l’atelier du Professeur D rend la musique électronique particulièrement appropriée. Mais seule, elle ne peut pas tout faire. L’agrément final qui a produit toute la différence a été le jeu d’acteur de Didier Coenegracht interprétant Perkins, le robot humanoïde du Professeur D. Sa diction était digne de Star Trek et son rire des plus artificiels. Et le filtre électronique apposé sur sa voix était des plus réalistes.

 

La prestation de l’orchestre de l’EMRE a su, malgré sa faible moyenne d’âge, cohabiter avec la musique électronique. Une expérience très probablement inédite et unique pour eux. Leurs parents, majoritaires dans la salle, en étaient très fiers.

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