Politique | 15.11.2013

Une égalité bien helvétique…

Texte de René Progin
Ça y est! La Session des jeunes est lancée. Jeudi et vendredi, les près de 200 participants sont rassemblés en groupes de travail, pour définir des pétitions qui seront approuvées ou rejetées dimanche par l'ensemble du parlement.
A partir d'un thème général, les jeunes ont du choisir un sujet précis sur lequel ils soumettront des solutions. Dans le groupe "Utilisation et protection des animaux", c'est le sujet des prédateurs en Suisse qui a été retenu... après une longue réflexion et cinq tours de vote. Photos: René Progin

Qui dit pétitions, dit choix d’un sujet… ce qui n’est pas toujours simple, tant les thèmes sont larges. Le groupe de travail romand sur la protection des animaux a dû multiplier les tours de vote pour définir concrètement son objet de réflexion.

 

 

Ils sont une vingtaine de participants, dans une petite chambre au plafond de bois. Le plus jeune est dans la quinzaine, le plus âgé – le responsable du groupe de travail – a 25 ans. Malgré le sujet, la protection des animaux, aucun des participants n’étudie ou ne travaille dans les domaines de la santé, de la biologie ou de l’agriculture…

 

 

L’objectif de ces deux premiers jours est de proposer une véritable pétition, qui sera soumise à  l’ensemble du parlement des jeunes qui l’approuvera ou la rejettera dimanche. Une table ronde permet à  chacun d’apporter des propositions rapidement réduites à  quatre thématiques concrètes: animaux de rente (agriculture), animaux domestiques, laboratoires et recherches ou encore grands prédateurs.

 

 

Dès le matin, on discute des thématiques, on aborde les objets qui font débat. De l’utilisation des rats de laboratoire au marché des animaux de compagnie, les questions – plus que les idées – fusent. Très vite, il va falloir choisir un sujet particulier. C’est avec une «suissitude» caricaturale que les tours de votes vont voir se multiplier les ex-aequo…

 

 

Un choix difficile

Premier tour! Chaque participant argumente sur quels sont les objets à  soutenir, et pourquoi: crédibilité de l’apport politique, probabilité d’une acceptation de la motion une fois transmise au Parlement fédéral, pertinence de la voix des jeunes, intérêt populaire pour la thématique… Puis on vote. Chacun a deux billets, le orange vaut une voix, le violet deux. Le décompte montre rapidement que le vote va être serré… et deux objets se retrouvent en tête à  égalité! Neutralité, quand tu nous tiens…

Deuxième tour, chacun n’a plus qu’une seule voix. La tension – et l’implication personnelle – s’intensifient. Certains défendent «leur» objet avec plus d’ardeur. Murmures et messes basses révèlent les petites alliances qui se créent…

 

 

Sujet passionnant, ou pertinence de la pétition?

Troisième tour, deux objets sont à  nouveau à  égalité. Décidément, les Suisses sont des maîtres de la neutralité! Quatrième tour, cinquième tour, la pression monte. On élimine les sujets qui obtiennent le moins de soutien… De plus, le nombre de votes blancs augmente. «Sur les quatre projets, je ne vois vraiment pas vers quoi ça peut conduire!», lance l’un des participants, qui vote ouvertement blanc.

Et c’est bien là  le principal objet de discussion. Choisir un sujet passionnant, mais qui a peu d’espoir d’être pris en compte par l’assemblée nationale, ou définir un objet simple et concret, qui pourrait réellement aboutir?

 

 

Il faudra finalement cinq tours de votes. Après de nombreux retournements de situation, c’est le sujet des grands prédateurs qui va être discuté. Ce choix avait pourtant été arrivé en dernière position lors du premier tour. Il reste un jour et demi de débats, et de discussions avec des spécialistes et des politiciens, pour comprendre la situation actuelle, et l’orienter vers une réelle pétition.