Politique | 08.11.2013

Thierry Apothéloz: un coming-out pour une place au gouvernement?

L'homosexualité de Thierry Apothéloz est arrivée sur le devant de la scène cette semaine. Hasard de circonstances ou démarche politique?
Le 1er novembre, le magazine LGBT 360° publiait l'interview de Thierry Apothéloz, candidat au Conseil d'Etat genevois. La nouvelle a été reprise au TJ de la RTS trois jours plus tard.
Photo: Capture d'écran du site internet de 360°.

L’homosexualité de M. Apothéloz, «ce n’est pas une surprise pour nous, il est membre de Dialogai depuis longtemps. Il fait plutôt un coming-out sur la scène politique». Richard Bonjour, membre de l’association genevoise Dialogai n’est pas étonné de l’homosexualité de Thierry Apothéloz, candidat au Conseil d’Etat genevois. «Dans sa commune, tout le monde le savait, et la population LGBT de Genève aussi». C’est cette semaine que le «coming-out» du Municipal de la ville de Vernier a investi le devant de la scène, après une interview accordée à  360°, le magazine suisse LGBT, le 1er novembre.

 

Selon Yves de Matteis, Vert député au Grand Conseil genevois et farouchement investi dans la défense des droits LGBT, la démarche de Thierry Apothéloz n’est pas politique. «Tout a commencé avec des propos homophobes tenus au Parlement. Admettre publiquement son homosexualité, c’est une manière de couper l’herbe sous les pieds de ceux qui pensent pouvoir le monter en épingle». Le député n’appelle par ailleurs pas cela un «coming-out»: «il a seulement reconnu la réalité. Mais son orientation sexuelle était déjà  connue depuis des mois grâce à  son blog». Même Thierry Apothéloz ne se le cachait pas dans l’interview accordé à  360° : «Je n’ai rien à  cacher. Sur ma boîte aux lettres figurent nos deux noms».

 

(Dé)faveur électorale ?

Mais alors, cela fera-t-il pencher la balance en sa faveur, ou en sa défaveur, dimanche? Pour Lorena Parini, politologue et enseignante à  l’Institut des Etudes Genre de l’Université de Genève, cela n’engendrera pas «de modification massive dans les votes». Même son de cloche du côté d’Yves de Matteis : «il récoltera peut-être quelques voix de plus de la part de ceux qui ne savaient pas. Mais un homosexuel de droite ne votera pas forcément pour M. Apothéloz simplement parce qu’il est gay». Evidemment, cette révélation au grand jour pourra aussi lui valoir quelques réfractaires. «Bien sûr, c’est à  double-tranchant», poursuit Lorena Parini qui concède qu’exposer sa vie privée n’est pas encore très bien vu dans les pays latins, bien que la Suisse alémanique semble plus encline à  jouer le jeu de la transparence. Elle complète: «S’il a eu des voix au premier tour, ce n’est pas parce qu’il est gay. Cela ne peut pas lui donner d’un seul coup plein d’autres qualités politiques». Pas de motivation électorale, donc, mais un «avantage pour les LGBT d’être représentés politiquement».

 

«Il prend plus de risques, mais c’est aussi courageux», ajoute Richard Bonjour, de Dialogai. «Si être gay facilitait les élections, ça se saurait».