Politique | 06.11.2013

Roman Twerenbold, jeune délégué à  l’UNESCO: «Engagez-vous!»

Texte de Joëlle Misson | Photos de DR
Roman Twerenbold, 24 ans, représentera la Suisse lors de la Conférence générale de l'UNESCO qui a lieu du 4 au 21 novembre. Il siégera en particulier au sein de la Commission éducation, du 7 au 9 novembre. Interview.
Roman Twerenbold, étudiant à  Genève, fait partie des trois délégués (YouthRep) suisses de l'année. Il participera à  la Conférence Générale de l'UNESCO à  Paris, en novembre.
Photo: DR

Du 4 au 21 novembre, l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) se réunit en Assemblée générale à  Paris. Roman Twerenbold, 24 ans, est originaire de Neuchâtel et étudiant à  Genève en relations internationales. Ses parents sont d’origine suisse-allemande : il parle et comprend le dialecte parfaitement ce qui li permet de se sentir chez lui absolument partout en Suisse. Un avantage pour la mission qui lui est confiée : représenter l’Hélvétie lors de la Conférence générale de l’UNESCO. Avec huit autres personnes, il siégera au sein de la Commission de l’éducation, du 7 au 9 novembre et de la Commission sciences humaines et sociales du 15 au 16 novembre. Une opportunité qui lui est donnée par le programme YouthRep, organisé par le CSAJ, qui choisit chaque année trois jeunes pour représenter le pays et la jeunesse lors de grands événements onusiens entre autres.

 

Peux-tu m’en dire plus sur cette Conférence générale de l’UNESCO ? En quoi consiste-t-elle et à  quoi sert-t-elle ?

Il s’agit en fait de l’Assemblée Générale de l’UNESCO. C’est le rendez-vous de l’organe suprême de l’UNESCO, qui a lieu tous les deux ans, pour décider et adopter le programme des quatre prochaines années, et le budget des deux prochaines. Elle rassemble les différentes commissions de l’organisation qui compte 195 Etats membres.

 

Quelle va être ta contribution à  cette Conférence générale ?

J’aurai une double casquette : avec 8 autres personnes,  je représenterai la Suisse au sein de la Commission éducation du 7 au 9 novembre, et au sein de la Commission sciences humaines et sociales du 15 au 16 novembre. Mais je serai aussi là  pour défendre les intérêts de la jeunesse. Le Forum des jeunes de l’UNESCO a eu lieu récemment et nous avons formulé des recommandations qui sont ensuite transmises à  la Conférence générale. Il s’agit de faire en sorte que notre voix soit entendue.

 

Que va-tu donc défendre dans le domaine de l’éducation ?

La position suisse, qui est également commune à  d’autres pays, veut aborder l’éducation, premièrement sous l’aspect du droit : l’accès à  l’éducation est un droit fondamental auquel chacun doit pouvoir accéder.

 

Ensuite, nous voulons que l’éducation soit abordée de manière holistique, cela signifie: qu’elle ne soit pas considérée qu’à  l’intérieur du cadre formel de l’école mais comme un apprentissage général tout au long de la vie. Cela demande que nous puissions mesurer la qualité de l’éducation, pas seulement en termes d’accès à  l’école – combien d’enfants vont à  l’école – mais en termes de résultats : qu’est-ce qui ressort de cette éducation, à  leur sortie de l’école, en dehors des compétences basiques (lire, écrire,…) les jeunes ont-ils les compétences nécessaires pour affronter les différentes transitions de la vie, le travail, la citoyenneté… Mais cette qualité là  n’est pas facile à  mesurer.

 

Qu’est-ce qui t’intéresse dans cet engagement ?

Je me suis rendu compte qu’il y avait des manques dans les programmes d’enseignement, surtout au niveau de l’éducation sur les grands défis globaux comme le changement climatique, les droits humaines ou le développement durable.Il s’agit bien sûr aussi de mes intérêts personnels, mais je trouve que l’enseignement est en retard à  ce sujet-là . C’est le fait de m’investir dans des cadres non formels, comme des associations, qui m’a fait réaliser cela. Les cycles primaires et secondaires font souvent passer ces problématiques à  la trappe. Ces points fonts partie de mes préoccupations personnelles qui guideront mon intervention à  la Conférence générale. Et l’éducation au développement durable a été abordé lors du Forum des Jeunes.

 

Quelles attentes nourris-tu pour cette conférence ?

L’UNESCO est une grande machine. La Conférence générale ne va pas changer le monde. Personnellement, j’aimerais réussir à  faire passer les idées de la jeunesse, et faire passer des choses au niveau de la délégation suisse. Mais il y a certaines choses qui ne sont pas en notre pouvoir. Nous avons un budget et devons travailler dans nos moyens.

 

Quelles sont tes motivations à  t’engager politiquement ?

J’ai commencé par m’engager dans le milieu associatif universitaire. Ce que j’aime beaucoup c’est les côtés relationnels, connaître des gens, développer son réseau et des projets, travailler en équipe… Le fait d’observer des résultats me motive à  m’engager encore plus. Plus on réalise des projets, plus on connaît des gens et plus cela nous permet d’entreprendre d’autres initiatives.

 

Comment devient-on un YouthRep ?

Il faut envoyer un dossier de candidature, un peu comme pour un job standard. Il recherchent des jeunes qui ont une expérience dans le milieu associatif en lien avec la jeunesse, une connaissance, passive au moins, des langues nationales, et une connaissance active de l’anglais, un grand intérêt pour les problématiques internationales, et être prêt à  s’engager pour une année bénévolement. Ils font un tri parmi les candidatures et convoquent des entretiens avec les «finalistes».

 

Que fais-tu en tant que YouthRep ?

Durant une année, les trois YouthRep visitent trois salles de classe pour les sensibiliser aux instance internationales, généralement des gymnases/lycées, et participent à  des activités avec d’autres associations. Et bien sûr, nous représentons la jeunesse à  l’occasion de grandes conférences onusiennes comme la conférence générale de l’UNESCO.

 

Quel message souhaites-tu faire passer à  la jeunesse ?

Soyez enthousiastes, engagez-vous, soyez ouverts et ayez un impact sur le monde autour de vous !

 

 

Le Forum des jeunes


Le Forum des jeunes rassemble les différents jeunes délégués (les YouthRep) du monde depuis 1999. Il a lieu tous les deux ans un peu avant la Conférence générale de l’UNESCO. Une thématique y est discutée et débattue par des délégués de la jeunesse des différentes régions du monde, et, cette année, afin d’aboutir à  des projets concrets. Parmi ces projets, 3 par région sont retenus et reçoivent le Label du Forum des jeunes qui leur permet, en temps normal d’être financés par l’UNESCO. Cette année, contraintes budgétaires obligent, ce ne sera pas le cas. YouthRep est un projet mis en place par le CSAJ (Conseil suisse pour les activités de la jeunesse) et le DFAE (Département fédéral des affaires étrangères).