Culture | 13.11.2013

La vie selon Robert

Lors de la projection de Volgens Robert au Festival Tous Ecrans, deux épisodes de la série ont été projetés. Une série qui vaut non seulement le coup d'S«il, mais mérite d'être suivie régulièrement!
Après qu'il l'ait giflée, la femme de Robert le fiche à  la porte. Ce dernier comment alors à  vivre une vie décomplexée, tout en consultant la psychiatre recommandée par sa femme.

Emporté et énervé au cours d’une discussion qui ne lui plaît pas, Robert gifle sa femme. Robert Filkenstein est un médecin généraliste, plutôt banal, mais qui semble surmené et au bord du burn-out. Du moins, c’est comme cela que sa femme, Jacqueline, le considère. Gifler sa femme a comme conséquence que Robert est chassé de chez lui et obligé de consulter une psychiatre. Et pas n’importe quel psy, uniquement celle que sa femme a choisie. Une psy un peu décalée, comme tous les personnages de cette série, d’ailleurs.

 

Ce que Robert ne sait pas, c’est que cette gifle à  sa femme représente également une gifle dans sa vie. Point de non retour dans son couple, mais surtout point culminant qui chamboule toute son existence: Robert s’installe chez des amis de la famille partis en thérapie de couple en Afrique, rencontre sa nouvelle voisine jeune et sexy avec laquelle il tisse des liens au-delà  du simple « bonjour » amical, se fait accuser par sa femme de perdre ses 3’000 patients dont il ne connaitraît pas les noms, se met à  la boxe, adopte le look d’un jeune trentenaire, casse une vitre, enjambe son scooter et roule entre les arbres… Toutes ces scènes montrent un Robert transformé. La rupture semble profiter à  Robert, qui commence à  vivre vraiment. Des changements qui laissent manifestement sans voix son entourage proche.

 

Cette série originaire des Pays-Bas a vu son premier épisode diffusé en février 2013. Volgens Robert (According to Robert en anglais) est écrite par Maria Groos, déjà  connue pour des séries néerlandaises comme Pledooi (1993-1995) et Oud Geld (1998-1999). Les épisodes de Volgens Robert durent 30 minutes et la série compte pour l’instant une saison.

 

Le couple et la remise en question

Même si la série est surtout axée sur les aventures de Robert, elle met en avant deux thèmes qui nous touchent tous: le couple et la remise en question de soi et de sa vie. Des thèmes et des scènes dans lesquels tout le monde peut se reconnaître, merveilleusement bien joués par des personnages drôles et atypiques. Robert Finkenstein, interprété par l’acteur Peter Block, est tout à  fait crédible dans son rôle de médecin à  la vie carpe diem après son importante rupture. Beer Van Santen, l’ami de la famille, important soutien et alibi moral de Robert, est un personnage complètement décalé avec un penchant assez marqué pour l’alcool et la cigarette. Jasmijn sa voisine, est artiste-peintre qui vit un peu dans un autre monde. Robert la soupçonne de rencontrer des problèmes psychiatriques, mais n’arrive pas à  détacher son regard d’elle pour autant.

 

En plus de ces personnages inhabituels, la série a été pensée de manière très subtile et intelligente. Alors que Robert raconte à  sa psychiatre la gifle lancée à  sa femme, le spectateur assiste a une mise en abîme à  l’écran. Il assiste à  la scène durant laquelle Robert se dispute avec sa femme, dans laquelle une autre fenêtre incorporée montre Robert en train de commenter chaque acte à  sa psychiatre, qui assiste également à  la scène de la dispute. En d’autres termes, on ne voit pas que la scène racontée, mais il y a mise en scène du souvenir. Sa psychiatre est bien présente, elle prend des notes, interagit avec Robert et commente l’acte qui se déroule. Le genre de montage où le spectateur comprend qu’il se trouve dans une introspection profonde du personnage en question et pousse l’observateur à  sa propre introspection.

 

Une série très bien jouée et filmée, qui réunit à  la fois le dramatique et la comédie, communément appelée une dramédie. Cette série vaut non seulement le coup d’Š«il, mais mérite également d’être suivie régulièrement. Malgré le néerlandais, la série reste plutôt accessible, avec ou sans sous-titres. Il suffit de maîtriser un peu d’allemand et d’anglais et la compréhension de la scène dans son ensemble est facilitée. Ceci en attendant bien sûr que les créateurs décident de la faire traduire pour un public francophone.