21.11.2013

Arianna Huffington en évangéliste du sommeil à  l’Université de Genève

Texte de Joëlle Misson | Photos de Joëlle Misson
Le 19 novembre, la célèbre fondatrice et rédactrice en chef du Huffington Post a honoré de sa présence la remise des prix Latsis à  l'Université de Genève. Alors que tout le monde l'attendait sur le succès de son journal, Arianna Huffington s'est révélée très introspective.
Arianna Huffington a abordé le succès de la Huffington Post sur la base des grands changements médiatiques et placé en exergue le besoin de santé et de sens dans la vie des gens.
Photo: Joëlle Misson

«Nous devons apprendre à  déconnecter des technologies, et nous reconnecter à  nous-mêmes». Après avoir brièvement abordé trois changements majeurs dans le paysage médiatique actuel agrémentés des raisons du succès de la Huffington Post, cette exhortation représentait l’essentiel du message de la conférence de Arianna Huffington: «Comment les médias sociaux ont révolutionné le paysage médiatique».

 

Les trois changements médiatiques majeurs

Les médias sont passés d’un mode «présentatif» à  un mode «participatif», le public aime connaître aussi les bonnes nouvelles et les choses qui fonctionnent dans la société, et enfin, l’expansion massive d’internet. Il s’agit des trois transformations essentielles opérées dans le monde des médias et abordées de telle manière par Arianna Huffington, le 19 novembre à  l’Université de Genève.

 

Après avoir, au travers de ces trois changements, évoqué les raisons du succès de la Huffington Post, comme «offrir une voix à  ceux qui n’en ont pas» et «placer les projecteurs sur les bonnes nouvelles», Mme Huffington est devenue très introspective : «Avant, les gens se rendaient sur internet en recherche d’informations. Aujourd’hui, ils y vont en recherche de sens».  Beaucoup de personnes se questionnent : qu’est-ce qu’une bonne vie? «Vivre sa vie sans se poser cette question, ce n’est pas possible».

Le pari qu’elle a pris, c’est de tenter de répondre à  cette recherche de signification, et à  valoriser la santé et le mode de vie qui s’y rattachent. Arianna Huffington avoue s’être muée, il y a quelques années, en «évangéliste du sommeil» (elle qui l’a dit!). Le public est pantois. «Je souhaite prendre soin de mes employés. Etre assis à  son bureau 14 heures par jour mais n’être qu’à  moitié présent, cela ne sert à  rien et pour l’entreprise et pour l’employé».

 

Se deconnecter et se recharger

«Le succès ne représente rien, si nous n’avons pas la santé». Forte de cette conviction, Mme Huffington a partagé ses quatre mots d’ordre: se déconnecter et se recharger, quitter le travail en week-end, réfléchir et donner. «Nous sommes perpétuellement sollicités, en train de recevoir de toutes parts. Nous avons besoin de nous évader un peu, afin de protéger notre santé». Elle poursuit cette constatation: nous ne «déconnectons jamais». Nous avons donc besoin de nous «reconnecter avec nous-mêmes. Nous pouvons nous promener dans la fôret, prier… C’est différent pour chacun». Pour appuyer ses propos, elle mentionne les meilleures inventions : «elles ont toutes été pensées durant des moments de méditation et de calme». Elle termine en rappelant un fait essentiel: les nouvelles technologies sont des outils sensés nous rendre la vie plus facile. C’est à  nous qu’il revient de les asservir, et non le contraire.

 

Madame Huffington a encore, sur son propre exemple, invité les médias à  faire partie de la solution face aux crises : et de citer qu’elle a entrepris, à  la Huffington Post, de lever des fonds pour des starts-ups ou des organisations sans but lucratif. «Le journalisme n’est pas mort à  cause des nouveaux médias!», a-t-elle scandé.