Sport | 08.10.2013

Un triathlon de longue haleine, épilogue

Le 21 juillet dernier, après de longs mois de préparation, je me suis alignée au départ de mon tout premier triathlon. Retour sur une course surprenante, une fois mon souffle retrouvé.
Classement final: 19ème sur les 73 femmes en compétition. Une belle place pour un premier essai! Avec ses 1200 inscrits, le triathlon de Genève 2013 a connu un record de participation. Au bout du parcours pour Frédérique, la grande fierté d'avoir réussi le pari qu'elle s'était lancée. Photos: © Kévin Schaad

L’effort physique en lui-même n’est pas la difficulté. Les muscles se sont affinés au cours des semaines de préparation, le souffle est long. Quelques jours avant, j’ai couru les mêmes distances, comme ça, juste pour voir. 1h42, ça devrait le faire. Un peu déçue par le temps quand même. On se dit qu’on sera dans la moyenne mais quelque part dans son esprit, on a envie de faire plus.

 

Le triathlon de Genève a fêté ses 25 ans en juillet 2013, avec un record de participation: 1200 inscrits. L’après-midi était consacré à  la coupe d’Europe et ses distances olympiques (1500m/40km/10km) ainsi qu’aux championnats suisses. J’ai quant à  moi pris part aux catégories populaires du matin (500m/20km/5km).

 

Derniers réglages

La veille du départ, des repérages s’avèrent nécessaires. La grande pente sur le parcours à  vélo est connue mais ça, ce sera après la natation. Alors là , face au lac, je regarde ces bouées qui se trouvent si loin. On dit 250 mètres, mais que sont 250 mètres dans un lac ? C’était trop facile de compter lorsque je nageais en piscine. Et ce plan de course ! Il a l’air tellement compliqué ! Quand je sors de l’eau, je vais où ? C’est ça le parc de change ? Je dépose où mon vélo ? Et mes affaires ? Est-ce que j’ai le droit d’enlever mon casque de vélo avant le parc de change ? Un coup de pied dans l’eau, ça fait mal ?

 

La pression monte

Dimanche matin, 7 heures. C’est le grand jour. Les concurrents patientent devant le parc de change pour aller installer leurs affaires. On sympathise un peu, cherche quelqu’un d’expérimenté pour nous rassurer. Je scrute les filles, mes adversaires. N’ont-elles pas l’air trop professionnel? Ce n’est qu’un triathlon «short distance» mais tout de même. Celle-ci porte une combinaison de natation onéreuse, elle a l’air de s’y connaître. Mais elle est un peu grassouillette, je devrais pouvoir lui passer devant. Oui, toute idée pouvant apaiser son esprit est bonne à  prendre !

 

Parc de change: tout y est. Vélo suspendu à  la barrière, lunettes de soleil dans le casque retourné, lanières écartées, les deux paires de chaussures – de vélo et de course – ouvertes, dossard accroché à  la ceinture étendue, linge au sol pour sécher les pieds afin d’enfiler les baskets plus facilement. Il faut rester dans la zone le moins de temps possible, la première difficulté étant de repérer sa monture parmi les 300 autres.

 

Le triathlète ne porte que la combinaison, les lunettes de natation et le bonnet de bain. Une tenue bien légère pour un poids qui se fait de plus en plus lourd dans le ventre. La bouée est toujours aussi loin sur l’eau. Je ne vois pas la ligne d’arrivée au départ d’un triathlon. Il n’y a qu’une étape: cette bouée. Le reste, on verra plus tard. Et pourtant, il faut déjà  penser à  prendre un rythme régulier, pour se préparer à  la suite.

 

Tous à  l’eau

8 heures. C’est au tour des hommes de partir. 300 bonnets de natation sautillent sur la plage. Le speaker chauffe la foule, peut-être un peu trop car la moitié des concurrents se jettent à  l’eau. Faux départ, coups de klaxons répétés mais certains, la tête dans l’eau et déjà  concentrés dans leur course, n’entendent pas et parcourent 50 mètres avant de réaliser. Ils sont escortés sur la plage par les kayakistes chargés de la sécurité sur l’eau. Nouveau départ, le vrai cette fois-ci ! Très vite, le groupe s’éloigne. On dirait un banc de poissons en effervescence.

 

C’est au tour des femmes. Beaucoup moins nombreuses, toutes peuvent prendre leurs aises au bord de l’eau. La famille est derrière nous, et ça, ça compte! Parce qu’une fois le départ donné, on n’entend plus rien. On voit des pieds, on se frotte à  des cuisses, on frappe des épaules, on scrute ces monstres oranges là -bas, au bout. Où en est-on ? Y a-t-il quelqu’un derrière moi? C’est dommage, on oublie tous les détails techniques qui font un bon crawl. Mais on avance, on avance. La plage est en vue, encore quelques brassées et je pourrais toucher terre. Je me redresse et je suis la vague. Souffler, penser à  souffler, courir mais pas trop vite.

 

Second round: on pédale !

Le parc de change, vite, surtout ne pas enfourcher le vélo avant la ligne rouge. Et hop c’est parti ! Wow ! Il fait beau, le soleil brille, l’air est doux. Les gens applaudissent, quel impact sur le moral ! Bon sang, j’adore cette course ! Sur la route, le charme des courses populaires opèrent : il y a les semi-pros dressés sur leurs vélos à  8’000 francs qui nous dépassent dans un souffle. S’ils sont derrière nous, c’est qu’ils ont déjà  un tour d’avance. Il y a le bedonnant sur un VTT qui veut à  tout prix y arriver mais peine terriblement. On se plaît à  l’encourager tout particulièrement. Les civilistes qui encadrent la course applaudissent, les familles et les amis des coureurs se déplacent sur les quais en fonction de l’avancée de leur favori.

 

Et un dernier tour de piste…

Vingt kilomètres plus tard, je jette mon vélo sur la rambarde, changement de chaussures, c’est parti pour la course à  pied. Il y a comme une évolution dans le contact avec les concurrents. Dans l’eau, on est désespérément seul ; sur la selle de vélo, on échange quelques regards, et à  pied on se retrouve dans les pas d’inconnus qui deviennent vos compagnons de route sur les derniers kilomètres. Dernier tour, «les dix prochains tu les dépasses !» scande mon père. Quel magnifique objectif ! J’en dépasse 18. Je finis après 1h26’50 », 12ème de la catégorie femmes 20-34 ans, 19ème sur 73 classées. Beaucoup de membres de clubs de triathlon, c’est donc une belle place pour un premier essai !

 

Tout le monde se jette sur le ravitaillement et les jets d’eau sont pris d’assaut. Les services d’une physiothérapeute sont même mis à  disposition. La récupération se fait rapidement, un magnifique sentiment de fierté m’envahit. Les concurrents se saluent, échangent leurs ressentis.

 

Le numéro de dossard est encore accroché à  mon vélo. Enfin… celui du triathlon de Lausanne. Ayant tant apprécié l’expérience genevoise, j’ai remis ça un mois plus tard dans le canton de Vaud. Température de l’eau: 18 degrés, température de l’air: 11 degrés, pluie éparse. Pas facile, mais la ligne d’arrivée a été franchie avec d’autant plus de fierté. 20ème sur 84 dans ma catégorie, 31ème sur 160 classées. Après avoir acheté une si belle combinaison tri-fonction, ce serait dommage de ne l’utiliser qu’un été… A l’année prochaine!

 

 


Revivez les autres étapes de l’entraînement de Frédérique dans notre dossier.

 

 

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