02.10.2013

Plus de repères

Texte de Chiara Meynet | Photos de Chiara Meynet
Chiara est partie en séjour Erasmus à  Turku, en Finlande. Elle nous raconte sa découverte. Episode 1.
"Les visages reprennent couleurs ; c'est que l'endroit semble civilisé. Pour moi, ma destination ne faisait pas l'ombre d'un doute..."
Photo: Chiara Meynet

Tin, tin, tin… – ce bruit résonne à  mes oreilles, alors que je planche sur la phénoménologie de l’esprit de Hegel. L’été s’invite déjà  en cette belle journée de printemps, qu’une bonne partie des étudiants vont passer, comme moi, assis à  la Bibliothèque Cantonale Universitaire. Pendant que l’on sue sur nos copies, les moutons du campus nous narguent en broutant joyeusement, au son rythmé de leurs cloches, comme pour mieux nous rappeler l’échéance qui s’approche. Pourtant, rien n’y fait, mon esprit gambade avec eux. Après une année passée à  l’Université de Lausanne, des fourmillements me démangent déjà  : est-ce que l’herbe est plus verte à  côté ? Question hautement existentielle ! Et voilà  que je ne tiens plus en place.

 

Inspirée – si ce n’est aspirée – par l’envie d’un ailleurs, j’empoigne avec détermination les démarches administratives kafkaïennes qui me permettront d’emporter l’heureux sésame : un séjour Erasmus à  l’autre bout de l’Europe, au seuil du cercle polaire, en Finlande. Main dans la main avec les coordinateurs mobilités de mes facultés respectives – philosophie et sciences sociales – j’achève mon dossier, processus qui s’avère finalement plus facile qu’imaginé, puisque ma destination n’attire pas foule : pas de concurrence, à  moi la Finlande !

 

Alors surgit la question fatale : pourquoi ? Pourquoi la Finlande, alors que tant de destinations ensoleillées m’ouvraient chaleureusement les bras ? Voilà  ce que traduit la mine déroutée de mes interlocuteurs lorsque j’évoque mon projet. Sans laisser de répit, j’assène le coup fatal : c’est à  Turku (et non à  Helsinki) que je poserai mes bagages pour 10 mois.

 

Là , c’est le drame. Plus de repères, le flou total. Panique.

 

Turku, la discrète, a pourtant été capitale quand le pays était sous domination suédoise. Du haut de ses presque 180’000 habitants, elle se hisse au rang de 5ème ville du pays, bien qu’elle en soit la plus ancienne. En 2011, elle a eu l’honneur d’être désignée capitale européenne de la culture aux côtés de Tallinn. Située sur la côte ouest, elle se trouve à  peine à  160km de la capitale mère.

 

Les visages reprennent couleurs ; c’est que l’endroit semble civilisé. Pour moi, ma destination ne faisait pas l’ombre d’un doute : la Finlande m’attire ; c’est dans le Nord que mes affinités se retrouvent.

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