Culture | 29.10.2013

On filme en Amérique Latine

Texte de Joëlle Misson
Du 15 novembre au 1 er décembre, une ambiance latino s'emparera des cinémas genevois, mais se renforcera aussi à  Lausanne et Ferney-Voltaire, à  l'occasion du festival Filmar en America Latina.
Une photographie tirée du documentaire "Ciudadela" de Diego Mondaca. Diego Mondaca en conférence de presse. C'est la première venue du réalisateur à  Genève. Photos: DR

Après la Colombie, le Mexique et le Brésil, le festival Filmar en America Latina se focalisera sur trois pays andins, la Bolivie, l’Equateur et le Pérou, du 15 novembre au 1er décembre. La manifestation se déclinera en plusieurs sections : «Regards actuels» présentera un panel de productions récentes, et pour la plupart inédites. Dans cette catégorie, Sara Cereghetti, directrice – qui a avoué éprouver un sentiment de malaise à  l’idée de mettre en avant certaines productions plutôt que d’autres – a octroyé son coup de coeur à  Matrimonio de Carlos Jaurequialzo (Argentine, 2013) et Las horas muertas de Aaron Fernandez (Mexique, France, Espagne, 2013).

 

Une place pour la relève…

«Cette année, la plupart des réalisateurs ont moins de quarante ans. Il s’agit d’une nouvelle génération de cinéastes», s’est enthousiasmé Jean-Pierre Gontard, président de Filmar en America Latina. Même si les pays concernés par le gros plan – la Bolivie, l’Equateur et le Pérou – ne sont pas de jeunes patries, «du point de vue cinématographique, ils n’ont pas l’histoire du Mexique ou de Cuba». Dans son ensemble, cette quinzième édition accorde une place particulière à  la relève cinématographique des pays d’Amérique Latine. Et comme pour illustrer le propos, Diego Mondaca, 33 ans, réalisateur et producteur bolivien, est l’un des invités les plus importants de cette année. Il est l’auteur de deux courts-métrages – Ciudadela (Citadelle, 2011) et La Chirola (2008)- , qui explorent le milieu carcéral bolivien à  San Pedro et à  La Chirola, à  la Paz. En parallèle, une exposition photographique complète l’oeuvre du jeune cinéaste et sera exposée à  La Maison des Arts du Grütli. Le vernissage aura lieu le 14 novembre de 18h à  21h. C’est la première fois que son projet sera présenté en intégralité.

 

… et pour les femmes

Au sein de la catégorie intitulée «Au nom de la femme», des quêtes et trajectoires féminines sont portées à  l’écran, grâce à  la fiction ou au documentaire. Florencia, Veronica, Maria, Elena, Simone, Gloria, Pili, Eufrosina, Claudia… ne sont que quelques prénoms des héroïnes des 128 films qui seront projetés lors de Filmar. Sara Cereghetti a tenu à  faire honneur aux documentaires de Priscila Padilla, La eterna noche de las doce lunas (L’Eternelle nuit des douze lunes) et de Luciana Kaplan, La revolución de los alcatraces (La Révolution d’Eufrosina). Le premier, tourné en Colombie, porte pour la première fois à  l’écran le rituel sacré, que doit passer chaque jeune fille de l’ethnie Wayú, afin de devenir femme. Le deuxième expose le combat et la persévérance d’Eufrosina Cruz Mendoza, élue à  la présidence municipale de Santa Maria Quiegolani, au Mexique, mais dont le poste est déclaré nul conformément au us et coutumes qui ne reconnait pas l’éligibilité des femmes sur le plan communal. C’est l’histoire d’une femme avec des ambitions, confrontée aux traditions indigènes.

 

Le festival propose encore une section musicale : «Sur les notes du cinéma» et un coup de projecteur sur l’environnement et les droits humains au sein de la catégorie «Entre ciel et terre», ainsi que son habituel programme Jeune public. La majorité des projections ont lieu à  Genève, mais 17 films seront présentés à  Lausanne, et 18 à  Ferney-Voltaire. Filmar sera aussi présent dans une moindre mesure à  Bienne, Neuchâtel, Courroux et Sion.