08.10.2013

De l’air… du Temps

Texte de Joëlle Misson | Photos de DR
Le 8 octobre, Ringier et Tamedia annonçaient la mise en vente du quotidien romand Le Temps.
Christoph Zimmer a bon espoir, la disparition du Temps "n'est pas une option".
Photo: DR

La nouvelle est tombée mardi 8 octobre vers en fin d’après-midi. La Tribune de Genève a été l’un de premiers à  diffuser l’annonce sur son site internet : les groupes de presse Ringier et Tamedia ont annoncé la mise en vente de leurs participations dans le quotidien romand Le Temps. Selon Christop Zimmer, responsable de la communication chez Tamedia, cette nouvelle découle d’une décision commune « basée sur la conviction qu’un actionnaire majoritaire pourra mieux garantir la pérennité du titre ». En effet, actuellement, le quotidien est détenu par cinq actionnaires : Ringier et Tamedia, possédant chacun 46,2 % du titre, ainsi que Le Monde, Claude Demole et le personnel du quotidien. Ces trois derniers ne sont touchés par aucun changement.

 

« La situation est difficile pour tous les journaux payants », poursuit Christoph Zimmer. « il est important que l’actionnaire puisse prendre rapidement des décisions », ce qui ne peut se faire avec deux entités. Et quid des contraintes budgétaires ? Christoph Zimmer assure que l’aspect financier y est pour peu : « nous voulons surtout trouver la meilleure solution pour le Temps, afin de garantir son indépendance et assurer une perspective d’avenir aux collaborateurs », insiste-t-il. Il finit tout de même par admettre que quelques titres, dont Le Temps ou La NZZ, sont plus à  la traîne que d’autres. En cause : le recul du marché qui a provoqué la chute des entrées d’argent assurées par la publicité de banques ou d’institutions du marché financier. Les chiffres de la REMP (Recherche et études des médias publicitaires), rendus publics le 17 septembre, fixent le nombre de lecteurs du Temps à  115’000, soit 10’000 de moins que la Tribune de Genève, 202’000 de moins que le Matin, le mieux classé des journaux payants.

 

Mais Christoph Zimmer a bon espoir : « ne pas trouver de nouvel actionnaire n’est pas une option », et il est sûr que ce titre « de renommée positive » saura rester en vie. Les deux groupes de presse souhaitent terminer le processus d’ici au premier semestre 2014. La disparition du Temps n’est donc pas envisageable et le responsable de la communication est convaincu qu’un actionnaire intéressé le sera pour la qualité du contenu du quotidien « très sérieux ». « Mais nous ne pouvons pas encore spéculer sur d’éventuels changements d’ordre structurels ».

 

Dans le pire des cas, l’un des deux groupes rachètera la part de l’autre. Si la situation devait se présenter, on se demande bien lequel des deux prendra le monopole du titre… Pour l’instant, Christoph Zimmer est confiant: « nous sommes très motivés et engagés pour trouver une autre solution ». Pierre Veya, rédacteur en chef du quotidien, ne souhaite pas s’exprimer à  ce sujet.