Culture | 07.08.2013

Overdose de bleu

En salles le 31 août, "Les Schtroumpfs 2" est un film d'animation plutôt attendu, puisqu'il est la suite des "Schtroumpfs à  New York". Sorti en 2011, le premier opus avait était bien reçu par la critique. Déception cependant pour le second.
Malgré un casting de choix, la sauce n'a pas pris pour les Schtroumpfs 2, suite d'un premier opus plutôt bien accueilli par le public.
Photo: © 2013 Sony Pictures International. Tous droits réservés.

Réalisé par Raja Gosnell, à  qui l’on doit le premier film des Schtroumpfs mais aussi Scooby-Doo (2002) ou encore Big Mama (2000), Les Schtroumpfs 2 réunissait pourtant un casting de choix: Neil Patrick Harris – le remarquable Barney Stinson dans la sitcom How I Met Your Mother -, Hank Azaria dans le rôle de Gargamel, Jayma Mays – qui a fait quelques apparitions dans How I Met Your Mother, Heroes et Glee, Brendan Gleeson qu’on a pu voir dans Troie et Gangs of New York et les adorables petits êtres bleus de Peyo. Malheureusement et malgré le casting, la sauce n’a pas pris.

 

Lourdeur et redondances

L’histoire est simple: alors que tout est paisible dans le village des Schtroumpfs, la schtroumpfette se fait kidnapper par Gargamel alors à  Paris. Il veut lui soutirer la formule qui sert à  transformer ses créatures – les canailles – en véritables Schtroumpfs.  N’oublions pas que la schtroumpfette est à  l’origine une création de Gargamel, et que le grand Schtroumpf l’a ensuite transformée. S’ensuit alors une véritable course poursuite à  travers Paris pour retrouver cette chère Schtroumpfette. Ses petits compatriotes sont épaulés par Patrick, sa femme Grace – alliés du premier opus -, leur fils Bleu et le grand-père Victor.

 

On retrouve donc globalement le même scénario que dans le premier film: les Schtroumpfs débarquent dans une grande ville inconnue pour empêcher Gargamel d’assujettir le monde entier. Pourquoi changer une formule qui fonctionne? Mais malheureusement, le scénario est complété de blagues toutes plus lourdes les unes que les autres, qui l’empêchent de décoller. Sans compter que la morale du film (« la famille que nous avons est celle que l’on a choisie et qui nous a choisi, le plus important est l’amour qu’on se porte mutuellement ») sonne particulièrement faux et que les acteurs n’ont absolument pas l’air d’y croire. Et les Schtroumpfs n’ont pas l’air d’y adhérer beaucoup plus.

 

Incohérences de l’adaptation

Porter les petites créatures bleues du Belge Peyo à  l’écran était risqué. La première tentative avait été plutôt réussie mais la deuxième comporte plus d’incohérences et de faux pas qu’autre chose. Premier fait assez étonnant: Gargamel, sorcier passablement médiocre, incapable d’attraper ne serait-ce qu’un petit bleu dans la bande dessinée, est d’un coup devenu surpuissant grâce à  l’essence des Schtroumpfs qu’il a enfin réussi à  capturer (tout comme dans le premier film). Et le soudain attachement de la Schtroumpfette à  Gargamel, d’ordinaire si liée à  ses camarades et si révulsée à  l’idée de croiser le sorcier, est tout aussi étrange et surprenant pour le spectateur.

 

Pour finir, les grossiers placements de produits Sony (présent sur les tablettes tactiles utilisées par tous dans le film) ou Coca-Cola, comme d’habitude, ne rendent pas service au film. Il apparait finalement plus comme une énorme machinerie marketing que comme un film d’animation pour faire plaisir aux petits et rendre hommage à  Peyo.

 

Mais comme l’a si justement dit le New Orleans Time dans un article du 29 juin: «C’est le genre de barbe à  papa cinématographique que les jeunes vont engloutir