Culture | 21.08.2013

Du rock sans concessions

Du 15 au 17 aout, Le Locle a accueilli la huitième édition du Rock Altitude Festival. Durant trois soirées, une vingtaine de groupes issus de l'univers rock ont mis le feu à  la glace de la patinoire communale.
Le groupe Naive New Beaters a imposé sa loufoquerie, samedi au Rock Altitude au Locle. Les genevois de The Animen sont d'ores et déjà  la révélation de l'année de la scène rock suisse. Photos: Vincent Allemandet

Samedi 17 août, Tink.ch a trainé ses Converses usées jusqu’aux semelles au Rock Altitude Festival du Locle afin de faire le plein de son noisy. Lors de notre interview, Dr Chapute et Jean-Bryan les mascottes officielles du festival nous avaient promis «une avalanche de décibels, des hectolitres de bières, une ambiance complètement cosmique.» C’est maintenant l’heure du débriefing.

 

Du Rock Made in Switzerland

The Septiz, cadets de la soirée de samedi et vainqueurs du Tremplin Vaudois Rock Altitude, sont la preuve vivante qu’«on peut quand même envoyer du bois à  dix-huit piges», comme l’a souligné Julien dans la foule. Leur son british à  la sauce garage et leurs compositions personnelles annoncent un groupe à  suivre de très près.

 

En parlant de groupe montant, saluons LA révélation rock 2013 en suisse: The Animen. Leur rockabilly bluesy a fait mouche auprès du public et les jolies chemises imprimées ont fait le reste. Porté par le succès de leur première galette HI!, les rockeurs genevois ont déterré le son des sixties, clope au coin des lèvres et cheveux en pagailles, « that sounds good baby« .

 

Du Rock Made in Israël

Difficile de ne pas faire un crochet par la prestation de l’une des têtes d’affiche du festival: Asaf Avidan. Raison de la venue de moult âmes pures au sein de cette grand-messe dédiée aux mauvais garçons, l’artiste israélien est arrivé en territoire conquis. Et c’est bien là  le problème: la prestation livrée semblait insipide, semblable à  la copie du très bon élève qui se contente, par péché de paresse, de la moyenne. Parfait pour nous rappeler qu’au-delà  de la technique et de la voix, la passion est un élément majeur sur scène et vraisemblablement en berne chez le petit roi du folk.

 

Du Rock made in l’espace

Et soudain le passage dans la quatrième dimension, XFiles sous la Tent Stage. Il est une heure du matin et Naive New Beaters vient satelliser le public. Bien entendu, inutile de se formaliser du splendide legging panthère de David Boring (chant), comme dirait maman d’un air entendu «c’est un artiste!». Avec ce trio parisien, il est de bon ton d’oublier tous ses repères musicaux: leur électro-pop-rock est à  des années-lumière des carcans habituels de classification. «Imposition du respect bras croisés baby!» lance David en prenant la pose.  Rire dans l’assemblée, il n’y a rien à  comprendre, juste à  se laisser gagner par l’euphorie. La seule chose que l’on peut regretter les concernant: la programmation tardive qui aura privé certains festivaliers de la découverte de ce bijou de talent pur paré d’un écrin de folie.

 

Les riverains du festival n’ont pas dû passer les nuits les plus calmes de leur existence durant ces trois jours. Les deux hurluberlus que sont Chapute et Jean-Bryan ne nous avaient pas menti, les presque 7’000 festivaliers présents ont eu leurs tympans décrassés pour l’année. De quoi tenir jusqu’à  la neuvième édition du Rock Altitude Festival. En attendant 2014, nous sommes heureux d’avoir constaté que le rock animait toujours les cŠ«urs helvètes et une chose est sûre: rock will never die.