Culture | 23.07.2013

Vivre le Jazz à  100%

Depuis 47 ans, le Montreux Jazz Festival anime la Riviera et rythme les étés des montreusiens comme des touristes. Après plusieurs étés à  me prélasser sur les pelouses du festival à  écouter les concerts gratuits, l'expérience staff m'a ouvert les bras pour cette 47ème édition. Une découverte (d)étonnante.
Plutôt qu'être simple spectateur, s'engager en tant que staff permet d'avoir une expérience totalement différente d'un festival.
Photo: Montreux Jazz Festival

Après des années passées à  vivre le Montreux Jazz Festival à  distance, profitant de quelques soirées au bord du lac, je me suis décidée: cette année je veux vivre le festival à  100%. C’est ainsi que je me suis inscrite pour participer en tant que staff – vendeuse dans le secteur merchandising. Horaire de jour ou de nuit, les équipes se relaient afin que chacun puisse avoir une semaine de libre pour profiter des concerts. Propreté, sécurité, barman, les différents Staffs sont nombreux. Mais pour tous, le festival offre une expérience intense et entraînante comme un morceau jazzy qui nous transporte dans un autre monde, bien loin de nos habitudes.

 

Musique et fête comme raccord

Pour être Staff, pas de profil attitré. Français ou suisses venus d’ici et d’ailleurs, peu importe, les différentes personnalités se mêlent. On entend l’accent chantant du Sud en pleine conversation avec l’accent valaisan, les adeptes des soirées DJ discutent avec les accros des jam sessions jazzy organisées en aftershow dans la salle du Club. Musique et fête lient et gomment les différences, immanquablement. Comme le jazz, qui à  l’origine réunissait cultures africaines et cultures occidentales, le Montreux Jazz Festival joint un staff hétérogène. Tous présents sur la Riviera pour profiter de moments uniques à  travers les nombreux concerts, les innombrables rencontres et les bières à  foison.

 

Un challenge

Sans aucune expérience dans le domaine de la vente, me retrouver dans le monde du merchandising était un défi à  relever. Passer de l’autre côté du rideau m’a fait réaliser que: non, on ne replie pas les t-shirts n’importe comment après les avoir regardé; non, les vendeurs qui disent «Bonjour, est-ce que je peux vous aider?» ne sont pas des vautours, juste des gens qui aimeraient bien faire autre chose que replier des t-shirts. Une expérience enrichissante, qui force à  s’adapter à  autrui, clients, collègues et chefs, et qui donne un avant-goût du monde du travail. Le tout sur fond de fête et de musique, cela ne se refuse pas.

 

La vie de staff

C’était pour le côté sérieux. Et encore, en réalité replier des t-shirts en discutant de tout et ce n’importe quoi avec ses collègues tout en dansant sur du Elvis Presley émanant du magasin de disques d’à  côté, il y a pire. Mais le monde du staff implique bien plus que le travail. Les rencontres se font nombreuses au fil du festival. Au détour d’une bière au bar du staff (QG de tout staff qui se respecte), d’une partie de babyfoot, d’une cigarette fumée à  la hâte, des concerts. On s’habitue à  parler en B1 et A2, véritable nom de code des parties du bâtiment du Montreux Music & Convention Center. Les Miams et les Glous, les petits jetons qui donnent accès aux stands de nourriture deviennent comme des lingots d’or, trop précieux pour être perdus. On s’habitue à  une autre vie un peu hors du temps, rythmée par le travail et la fête. Ces deux activités si différentes deviennent complémentaires.

 

Une expérience à  réitérer

Alors oui, 18 jours de festival mêlant travail et fête non-stop ça fatigue. Mais au vu de l’enrichissement apporté, l’expérience vaut largement la peine d’être vécue. Avoir des cernes et un léger mal de tête au réveil (14h le matin, donc), peu importe. Une chose est sûre, cette expérience m’aura mis le sourire aux lèvres deux semaines durant. Nul doute que je me baladerai sur les quais de Montreux Miams et Glous à  la main l’an prochain.