Culture | 09.07.2013

Marie Karall, la mezzo-soprano qui a conquis Avenches

Texte de Xavier Willemin | Photos de Philippe Gromelle
Rencontre avec la plus jeune chanteuse d'opéra mezzo-soprano du festival d'Avenches, Marie Karall.
Marie Karall interprète le personnage de Fenena dans Nabucco.
Photo: Philippe Gromelle

Du haut de sa petite trentaine, Marie Karall, mezzo-soprano, est cette année la plus jeune chanteuse du festival Avenches Opéra. Elle a accordé à  Tink.ch une entrevue, peu avant son interprétation de Fenena lors de la première représentation vendredi passé. Elle nous parle de son mode de vie ordinaire, mais aussi du deuxième côté de sa personnalité et de sa vie qui fait d’elle une femme hors norme: l’opéra.

 

Une profonde attirance pour la voix pure…

Marie Karall a très tôt gravé son orientation professionnelle dans le marbre. Elle a toujours voulu utiliser sa voix comme son principal outil de travail avec une question obsessionnelle : « Comment le corps humain peut dégager autant de décibels ? » Elle rend aujourd’hui hommage à  cette puissance qu’elle admire en faisant de l’opéra, un spectacle non sonorisé.

 

Pour elle, le timbre de voix fait partie de l’identité d’une personne. Il est donc important de le laisser naturel, de ne pas l’altérer à  travers un micro avec des effets « photoshopés ». C’est la pureté de la voix qui donne à  l’opéra cet aspect humain et authentique.

 

… mais aussi pour le rock !

L’opéra permet à  Marie Karall de faire le lien entre vie professionnelle et personnelle grâce au développement personnel qu’elle en retire. Mais il ne faut pas croire que cette passion l’empêche de penser à  autre chose. Elle prend aussi beaucoup de plaisir à  écouter des bons concerts de rock ‘n’ roll et apprécie des tonalités plus exotiques comme les voix de Pink et de Rihanna. Une histoire de mensonge et de sapin nous laisse même penser qu’elle n’est pas totalement indifférente à  la vie des People non plus.

 

Le souci du détail

Comme Muse, son groupe préféré, elle est sans cesse à  la recherche de nouvelles sonorités. Sa carrière est avant tout une quête « de la perfection, de l’absolu« . Une quête qu’elle estime d’ores et déjà  vouée à  l’échec. Sa nature perfectionniste et humble l’empêche d’être satisfaite d’elle-même. Il a fallu beaucoup de travail pour que sa voix devienne ce qu’elle est aujourd’hui. Et selon elle, il en reste encore beaucoup avant qu’elle n’atteigne la perfection qu’elle recherche idéalement.

 

Comme pour la plupart des professions, la pratique, et donc l’expérience, est l’une des principales clés de la réussite. On pourrait comparer Marie a une personne chétive qui se mettrait à  la musculation : le défi est de taille et les objectifs ne peuvent être atteints que par la force de l’application et de la rigueur. Selon elle, l’apprentissage de la vie ne se fait pas à  l’école, mais bel et bien en côtoyant ses pairs.

 

Des canons sur scène

Certaines mauvaises langues attribueront le succès d’une jeune et jolie chanteuse à  son physique avantageux. Mais finalement, la voix est à  elle seule capable de donner beaucoup de plaisir aux spectateurs. Les « hystériques qui crient« , pour reprendre les termes de la mezzo-soprano de Nabucco, ont aussi leur charme. Une chose est toutefois certaine, Ismaele (interprété par Rubens Pelizzari) n’a pas dû être le seul à  tomber sous le charme de Fenena vendredi soir…