Culture | 23.07.2013

« Jouer dans un festival est un défi »

L'accueil a été triomphal et le Paléo a vibré hier soir sous la musique de Kadebostany, ce pays imaginaire où il fait bon vivre, situé entre la Suisse, l'Italie et la Turquie.
Kadebostan et Amina, du groupe Kadebostany: "Aujourd'hui, les gens sont capables d'écouter un concert de métal puis un concert de soul et de finir dans une soirée techno." Photos: Maxime Lonfat

Le président autoproclamé de la Kadebostany était en visite au Paléo, accompagné d’Amina, la chanteuse du célèbre groupe. Nous sommes allés à  leur rencontre pour connaître un peu mieux les valeurs musicales de cette république.

 

Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur le pays de Kadebostany?

Kadebostan: On a crée un pays qui s’appelle la République de Kadebostany. C’est un pays qui est situé au Nord de l’Italie, à  l’Est de la Suisse est à  l’Ouest de la Turquie. Je l’ai créé, j’en suis le président et je m’appelle Kadebostan. On a crée un groupe pour promouvoir la musique kadebostanienne autour du monde.

 

Justement, quelle est la musique actuelle en Kadebostany?

Kadebostan: C’est un mélange de plein de styles différents. Le groupe est composé de divers musiciens aux influences variées. Le mélange donne naissance à  une musique assez hybride qui est en fait la somme de tous les styles des musiciens. On fait les choses de manière spontanée et hyper sincère.

 

Votre dernier morceau, Walking with a Ghost, semble effectivement refléter une volonté de mélanger les genres.

Amina: La création des morceaux est très spontanée. Kadebostan s’occupe de la musique, et moi j’écris les paroles. Pour ce morceau, j’ai écrit un rap parce que je l’ai ressenti comme ça.

Kadebostan: On ne s’est jamais dit «Tiens, on va mélanger des gros cuivres avec un rythme pseudo hip hop et des éléments soul». Aujourd’hui, les gens sont capables d’écouter un concert de métal puis un concert de soul et de finir dans une soirée techno. Notre génération a grandi comme ça, et on ne met plus de barrières entre les styles.

 

Qu’attendez-vous en venant jouer au Paléo, face à  un public plutôt jeune et habitué des festivals?

Kadebostan: En ce moment, on joue en exclusivité tous les nouveaux morceaux de notre futur album. Ca nous tient complètement à  cŠ«ur, mais c’est aussi un peu risqué parce que les gens ne connaissent pas les morceaux. Jouer dans un festival est un défi, il faut vraiment conquérir ce public. C’est un peu guerrier.

 

La Kadebostany est située entre la Suisse, la Turquie et l’Italie, des pays où, musicalement parlant, les styles sont très différents. Cela vous a aidé pour trouver de l’inspiration?

Kadebostan: Tout à  fait. On est inspirés par un très large spectre de musiques et d’arts en général, à  la croisée de l’Orient et de l’Occident. Dans notre musique, il y a toujours une balance entre d’une part des éléments hyper modernes: on utilise des instruments électroniques ultra high-tech. Et d’autre part, on aime bien avoir le pendant très traditionnel, c’est à  dire les cuivres, le côté très orchestral. De la musique comme on en faisait il y a 50 ans.

 

Lors de vos concerts, vous jouez beaucoup sur le visuel. Est-ce que cet aspect a toujours été quelque chose d’important pour vous?

Kadebostan: Oui, on a toujours eu cette volonté. Il y a une part de comédie et il y a une énorme part de sincérité. Ce n’est pas que de la musique, c’est vraiment un univers, et les costumes qu’on a sur scène et pendant les tournées apportent vraiment quelque chose.

 

Est-ce que vous venez tous les deux d’une longue lignée d’artiste?

Amina: Ma mère est une chanteuse extrêmement connue de Kadebostany. C’est une diva, et elle m’a tout appris.

Kadebostan: J’ai été catapulté président de la République de Kadebostany, donc ça m’est tombé dessus un peu comme ça. Je suis amoureux de la musique depuis mon plus jeune âge, elle m’a toujours obsédé. Je ne viens pas d’une famille de musicien, par contre j’ai toujours baigné dans une atmosphère de technique, de studio et de radio.

 

Puisque vous avez créé un pays, on pourra vous voir prochainement à  l’Eurovision?

Kadebostan: Justement, on est en train de faire un grand travail de lobbying pour que la République de Kadebostany soit représentée au concours.

Amina: Et même à  l’ONU.

Kadebostan: Mais la priorité principale pour nous est quand même notre deuxième album qui s’appelle Pop Collection, et qui sortira en Suisse le 27 septembre. C’est un album qui réunit tous les hits joués à  la radio kadebostanienne, C’est une sorte de best of de tous les plus beaux morceaux très connus chez nous et qu’on a décidé d’offrir au reste du monde.