Culture | 16.07.2013

Franc succès pour la 13ème édition du NIFFF

Texte de Raphael Fleury
La 13ème édition du Neuchâtel International Fantastic Film Festival s'est terminée samedi, après neuf jours de projections et de conférences.
Dernier long métrage de Neil Jordan, qui avait réalisé "Entretien avec un vampire" en 1994, "Byzantium" ne restera pas dans les annales. Le jury du festival a récompensé entre autres "Dark touch" de la Française Marine de Van. Photos: NIFFF

Après quelques discours, le palmarès a été dévoilé, suivi d’une dernière projection en avant-première suisse. Le président du NIFFF, Jean Studer, n’était pas présent lors de la cérémonie de clôture. En revanche, la directrice artistique du festival, Anaïs Emery, était là  pour remercier sa fidèle équipe de collaborateurs ainsi que, bien sûr, le public. Plus de 31’000 personnes ont participé à  l’événement: un franc succès.

 

 

Fade film de vampires

Neil Jordan, réalisateur du film de clôture Byzantium, n’était pas étranger aux habitués des cérémonies du NIFFF. Son Ondine avait fait l’ouverture de la 10ème édition du festival, en 2010. Cela dit, une chose est sûre, Byzantium ne restera pas dans les annales. On était pourtant en droit d’en attendre beaucoup du nouveau long métrage de l’Irlandais. Jordan avait en effet signé en 1994 Entretien avec un vampire, qui avait marqué le genre.

Byzantium marque son retour au vampirisme, mais sa démarche paraît incompréhensible, tant son Š«uvre manque d’intérêt. Pourquoi en effet traiter à  nouveau du vampirisme, si c’est pour enchaîner les poncifs et se noyer dans la platitude? Sa bande-son mise à  part – de toute beauté –, Byzantium est plutôt banal et franchement soporifique. Le film de Jordan retrace les aventures de deux vampires, mère et fille. Cette dernière couche par écrit le récit de sa vie. L’un de ses professeurs ne tarit pas d’éloge: son style tient de Mary Shelley et d’Edgar Poe. S’il en avait été de même de l’Š«uvre de Jordan, nous tiendrions incontestablement le chef-d’Š«uvre cinématographique de la décennie tout au moins. Mais on l’aura compris: il n’en est rien.

 

 

Un festival à  l’ambiance particulière

Avant la projection de Byzantium, le discours de Claude Lander, de Taurus Studio, a été particulièrement marquant. Le Genevois a fait répéter au public une série d’onomatopées bien connues. Il est en effet de coutume, au NIFFF, d’accompagner en live les publicités précédant les projections. Le public, ainsi, s’est amusé durant les neuf jours du festival à  imiter le rire du squelette, le cri du loup-garou ou encore celui de la mouette. Claude Lander a même osé recouvrir son visage d’un slip blanc, en hommage à  HK: forbidden super hero, film japonais projeté cette année dans la section Ultra Movies, et dont le super-héros revêt des porte-jarretelles et une culotte en guise de masque. Somme toute, le discours de Claude Lander n’a fait que traduire l’ambiance particulière et unique du NIFFF.

 

 

Le grand vainqueur du festival

Avec non moins de trois prix, dont le prestigieux H. R. Giger «Narcisse» du meilleur film, Dark touch de Marina de Van a remporté le gros lot. Après une maîtrise en philosophie, la Française intègre le département réalisation de la Fémis en 1993. Dark touch est son quatrième long métrage. Dans le film, Niamh, une fille de onze ans, est la seule survivante d’un massacre dans lequel elle a perdu toute sa famille. Elle tente d’expliquer à  la police que le responsable n’est autre que la maison, qui a pris vie.